PREFACE DE LA TROISIEME EDITION XLI
rire quand çoiis parlez de la faillite du capitalisme, au moment où partout le capital relève la tête, au moment où il rentre en Russie pour la réorganiser et pour relever les ruines accumulées par la révolution. )) M. Lavielle du syndicat des P.T.T. a pu, aux applaudissements d'une grande partie de l'auditoire, affirmer « l'horreur que lui inspire l'appel à une catastrophe sociale qui apporterait plus de misère et demander une révolution progressive celle des ventres pleins et non celle des ventres vides \ »
Les contradictions mêmes qui apparaissent dans quelques-unes des formules employées aujourd'hui montrent les hésitations des syndicalistes intelligents qui n'osent pas se séparer complètement de l'église, mais aperçoivent cependant le néant de la doctrine et le danger de sa mise en œuvre. M. Lavielle parle, on vient de le voir, d'une révolution progressive. Jusqu'à présent, je croyais que le propre de la révolution était d'être brusque et rapide à la différence de l'évolution qui est lente et progressive. On n'ose pas ne plus parler de révolution ; mais on affuble le mot d'une épithète contradictoire. Même hésitation, même antinomie dans cette formule d'un autre syndicaliste : « Le prolétariat est révolutionnaire quand il construit ; il est réactionnaire quand il détruit. »