Ibid., p
4. « Das Schéma ist an sicti seibst jederzeit nur ein Product der Einbildungskraft » (p. 135).
L'imagination est la faculté de se représenter dans l'intuition un objet absent. Or, comme toute notre intuition est sensible, il s'ensuit que l'imagination appartient à la sensibilité. Toutefois, en tant que sa synthèse est une fonction de la spontanéité, l'imagination appartient à l'entendement ^ C'est donc une seule et même spontanéité qui, tantôt sous le nom d'imagination, tantôt sous celui d'entendement, produit l'unité dans la diversité *. — Ainsi, la science, pour Kant, est possible grâce à certains termes intermédiaires qui se trouvent entre la sensibilité et la raison et qui en font l'accord. A. la thèse de simple réduction sans opposition des termes du dualisme logique, thèse qui avait été celle de ses prédécesseurs, Kant substitue une thèse qu'on pourrait appeler thèse des intermédiaires et surtout thèse d'opposition co?iciIiable, et qui est celle de la plupart des philosophes de nos jours. — En un mot, la science, pour Kant, est possible grâce à l'entendement conçu comme faculté intermédiaire entre la sensibilité et la raison.
C'est ce que nous voyons encore en considérant la conception de Kant sur ce qu'il appelle logique transcendan-
1. « Einbildungskraft ist das Vermôgen, einen Gegenstand auch ohne dessen Gegeawart in der Anschauung vorzustellen. Da nun aile unspre Anschauung siunlich ist, so gehôrt die Einbildungskraft zur Sinnlichkeit; so fern aber doch ihre Synthesis eine Ausûbung der Spoutaneitat ist... so ist die Einbildungskraft eine Wirkung des Verstandes auf die Sinnlichkeit und die erste Anwendung desselben auf Gegensfiinde. » (Analytik, Von der Anwendung der Kategorien auf Gegenstiinde der Sinne iiberhaupt, p. 119-120.)
2. « Es ist eine und dieselbe Spontaneitàt. welche dort unter Jem Namen der Einbildungskraft, hier des Verstandes, Verbindung in das Manoigfaltige der Anschauung hineinbriugt » (p. 126, note).
taie. La logique, dit Kant, peut se faire de bien des manières. Il importe donc au plus haut degré de préciser le point de vue spécial qui nous intéresse dans la Critique de la raison pure. 11 y a d'abord une logique générale et une logique particulière. La première étudie les lois générales auxquelles l'entendement soumet ou doit soumettre toutes ses fonctions, abstraction faite de la nature de l'objet à connaître; la seconde s'occupe des lois particulières auxquelles l'entendement soumet ou doit soumettre encore ses fonctions par rapport à une espèce d'objets déterminés. Puis la logique générale à son tour peut être pure ou appliquée. La logique générale pure étudie les lois de l'entendement en elles-mêmes, c'est-àdire indépendamment du milieu psychologique où elles sont données, indépendamment de l'être humain à qui elles appartiennent, être qui est fatalement soumis aux entraves des sens'. La logique générale appliquée s'occupe des lois de l'entendement m conc/'e/o, c'est-à-dire dans leur milieu empirique-. Mais qu'elle soit pure ou appliquée, la logique générale fait complètement abstraction de la nature rationnelle ou empirique de nos connaissances ; elle considère seulement les lois des rapports que toutes ces connaissances — a priori ou a posteriori, — ont enlre elles. Or, vu le problème que nous nous sommes posé, il nous faut un autre genre de logique, à savoir une logique transcendantale, qui étudie la genèse de ces con-
1. Kritikder reinen Vernunft, Transe. Logik, Einleitung, p. 76 et suiv. (II. Aufl.). Cf. aussi Logih, Ed. làsclie.
2. C'est donc une sorte de Psyctiologie plutôt que de Logique proprement dite.
naissances qui sont absolument a priori et qui en même temps ont une valeur objective. Mais comment réaliser cette science? Nous aurons, au moyen d'une étude sur l'entendement, à bien distinguer entre la sensibilité et la raison, c'est-à-dire à écarter la question de ]a définition de la vérité qui a toujours embarrassé les logiciens, en les faisant transformer la Logique en Dialectique. Aussi cette question de la définition de la vérité, impossible à résoudre en elle-même, devient-elle pour nous le problème bien légitime du critérium de la vérité. Nous commencerons donc par distinguer ce qui appartient à la matière de la connaissance de ce qui concerne la forme sans laquelle aucune connaissance ne serait possible. D'où cette double forme du critérium de la vérité, autrement facile à résoudre que la question de la définition : le critérium matériel et le critérium formel. Le critérium matériel ne saurait être général, vu que la vérité considérée au point de vue de sa matière consiste dans l'accord de chaque connaissance avec son objet. Puis il n'est pas moins évident que le critérium formel de la vérité est de par sa nature même général, vu que la vérité formelle consiste simplement dans l'accord de la connaissance avec elle-même, abstraction faite de la spécificité des objets, c'est-à-dire vu qu'un pareil critérium (formel) n'est autre chose que l'accord logique de la connaissance avec les lois générales de l'entendement. Ce qui veut dire que le critérium général formel est la condition sine qua non des critères particuliers matériels, car la question de l'accord de la connaissance avec elle-même est antérieure à celle de l'accord de la connaissance avec son
objet : aucune connaissance ne peut se trouver en opposition avec elle-même sans perdre par là toute matière ou tout rapport à un objet déterminé ; et qu'il est d'autre part insuffisant sans les critères particuliers matériels, car la vérité ne consiste pas seulement dans l'accord de la connaissance avec elle-même, mais encore dans l'accord de la connaissance avec son objet. Il y a donc deux sortes de critères : matériels ou empiriques (particuliers) et formels ou logiques (généraux). Il s'ensuit par conséquent que la logique ne peut être qu'une analyse de l'entendement et nullement un instrument ou Organoîi de la raison en vue de l'acquisition de la vérité matérielle. D'où, dit Kant, la division de la logique transcendantale en analytique transcendantale (étude de l'entendement) qui est véritablement une logique, et en dialectique transcendantale (étude de la raison pure) qui est surtout une étude des sophismes commis par la raison quand elle se met en contact direct avec la sensibilité et s'érige par là en prétendu Organon de la science. Voilà, donc, dans quel sens Kant réalise la Logique transcendantale. C'est une étude de l'entendement et, en tant que telle, elle est interposée entre l'Esthétique (étude de la sensibilité) et la Dialectique (étude de la raison spéculative) . Par conséquent, Kant part du problème de la possibilité de la Métaphysique, c'est-à-dire du problème de la possibilité de la raison absolument pure comme source de science, car pour lui la Métaphysique n'est autre chose que l'inventaire des connaissances dues à la seule raison*.