‹ Le duc d'Angoulême, 1775-1844Chapitre 3 sur 35 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

et combien il est dur de gravir l'escalier de l'étranger ».

A l'heure où, pourtant d'autres, la vie n'offre que ses sourires et ses espoirs, il ne perçoit que les échos sanglants qui lui viennent de France, et il donne au cours de cette période la mesure de sa bravoure et de ses grandes qualités morales.

Mais on remarque en lui une extrême timidité, que les événements tragiques auxquels il a été mêlé ont encore accentuée. Déjà il apparaît que le Prince sera dépourvu de cette bonne grâce aisée, de ces avantages que les peuples exigent des princes, de l'extérieur brillant et séduisant que possédait le comte d'Artois, son père. Les années aggraveront encore ces imperfections, et quand il reverra sa patrie, sa taille épaissie par l'âge et ses manières embarrassées provoqueront une sorte de déception.

Son mariage même avec l'héroïne du Temple le met au second plan, car il semble que, victime innocente des calamités d'une époque, elle ait attiré vers elle toutes les sympathies.

Quand, à quarante ans, le Prince rentre en France et commence sa vie publique, le colosse impérial est abattu, mais la terre frémit encore sous son poids. Il gît parmi des ruines sans

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