‹ Le duc d'Angoulême, 1775-1844Chapitre 4 sur 35 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

nom; les lauriers dont elles sont jonchées font oublier l'attitude si digne, si martiale et si conciliante du duc d'Angoulême dans le Midi.

Puis Napoléon rentre soudainement en scène. Quoi d'étonnant alors que le courage héroïque déployé par le duc d'Angoulême à Montélimar et à Loriol ait été éclipsé par les graves préoccupations du moment ? « Il est le seul des Princes ayant montré quelque énergie1 », disait le maréchal de Castellane.

Lorsque, après les Cent-Jours, l'astre napoléonien disparaît définitivement, il laisse une traînée si lumineuse que tous les regards sont encore tournés vers cet homme extraordinaire qui a suscité, malgré ses défaites, une prestigieuse admiration !

Sous la Restauration, le Prince est en butte à l'hostilité de tous les partis. Les ultras ne lui pardonnaient pas sa désapprobation pour leurs doctrines et ses sévères réflexions lorsqu'il blâmait leur intransigeance. Aussi des attaques incessantes étaient-elles dirigées contre lui. Les traits les plus durs, les plus venimeux même, lui étaient fréquemment décochés.

1 Journal du maréchal de Castellane, 9 avril 1815.

[NTRODUCTION.

La gauche le trouvait trop peu libéral ; il avait pourtant un rare esprit de conciliation et une tolérance extrême. S'il ne possédait pas le génie qui conçoit et exécute les vastes entreprises, un jugement sûr le guidait toujours et il saisissait nettement quels devaient être les principes d'un gouvernement réparateur vraiment digne de ce nom; la Charte trouvait en lui un partisan sincère.

A son retour d'Espagne, il eut une heure de popularité que sa modestie envisagea avec un spirituel scepticisme. Après quoi, il rentra dans l1 ombre, où seules s'exercèrent ses vertus privées, son inépuisable charité.

Lorsque, à la fin du règne de Charles X, des circonstances exceptionnelles lui parurent devoir motiver l'emploi de moyens exceptionnels, en contradiction avec le libéralisme de ses principes, il ne crut pas devoir hésiter. Il agissait alors avec une entière conviction, persuadé que le salut de la dynastie et la sauvegarde des principes religieux menacés légitimaient pleinement sa conduite.

Tel qu'un homme qui voit l'abîme à ses pieds et qui, pour n'y pas tomber, se crispe et se raidit, il s'obstine contre l'irritation de la France. Il déclare qu'il est prêt à mourir plutôt que

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