‹ Le duc d'Aumale et La Bibliothèque de ChantillyChapitre 12 sur 12 · Le Chevalier délibère, par Olivier de La Marche, ms · texte numérisé non relu

Le Chevalier délibère, par Olivier de La Marche, ms

exécuté pour l'amiral Malet de Graville. (4.130 fr.) 256. Conduite chrétienne adressée à S. A. IL M'u« de Guise

par le R. P. dom Armand Jean, ancien de la Maison-Dieu

Nostre-Dame de la Trappe. Paris, Denis Mariette, 1697.

In-12. (200 fr.) 771. Pub. Virgilii Maronis Opéra omnia. Lugd. Balavornm et

Roterodami, ex officina Hackiana, 1666. In-8. (250 fr.) 818. D. Magni Ausonii Burdigalensis Opéra. Amslelodami,

Joannes Blaeu, 1671. hi-8. (145 fr.)

889. Les Œuvres de niaislre Roger de Colleryc. Paris, a renseigne Faiilchenr, 1536. Pet. in-8. (2.950 fr.)

920. Rymes de gentile et vertueuse dame, Pernette Du Guillet- Lyon, Jean de Tournes, 1545. In-8. (6.310 fr.)

1173. Les Regrelz et Complaintes du roy Alphonce d'Arragon. S. l. n. d. [1495J. In-8, golh. (295 fr.)

1189. L'Epistre et Ordonnance du camp de monseigneur d'Alençon [par Clément Marot]. S. l. n. d. [1521]. In-8 goth. (402 fr.)

1190. La Réplique des bourgoys de Mezieres... S. l. n. d. [1521 J. In-8, goth. (252 fr.)

1196. Les Regrez avec la Chanson De messire Charles de Bourbon. S. l. n. d. [1527]. ln-8, goth. (260 fr.)

1202. Le Testament d'Anthoine de Levé. S. l. n. d. \Lijon, Jacques Moderne], [1536J. In-8, goth. (500 fr.)

1203. Les Regret et Complaintes sur le départ du marquis de Saluées. S. /. n. d. [1536]. In-8. (500 fr.)

1242. Coq à l'asne des huguenotz. Lyon, Benoist Rigaud, 1572.

In-8. (205 fr.) 1334. La Fleur des chansons. S. l. n. d. \v. 1528]. In-8, goth.

(1 060 fr.).

1368. Chanson chrestienne et nouvelle de la royne de Navarre.

Lyon, Benoist Rigaud, 1564. In-8 (347 fr.) 1440. Canson provençalle soubre lou cant dau pseaume 9.

Lyon, 1564. In-8. (286 fr.) 1479. M. Accii Plautii Comoediae. Lugd. Balavorum, ex offi-

cina Hackiana, 1664. In-8. (150 fr.) 2100. C. Plinii Secundi Epistolarum Libri X. Lugd. Balavorum et Roterodami, ex ofjicina Hackiana, 1669. 2 tom. en

un vol. in-8. (131 fr.) 2443. Q. Curtius Rufus, de rébus gestis Alexandri Magni.

Lugduni Batavorum, Petrus vander Aa, 1696. In-8. (78 fr.) 2453. Caii Julii Caesaris quae extant. Ainstclodami, extypogr.

P. et S. Blaeu, 1697. In-8. (187 fr.) 2465. Caii Crispi Sallustii Opéra omnia. Lugd. Batavorum,

ex officina Hackiana, 1677. In-8. (42 fr.) 2467. Caii Suetonii Tranquilli Opéra. Trajecti ad Rhenum, ex

officina Francisci Halnuie, 1690. 2 vol. in-8. (1.37 fr.) 2489. Les Généalogies, Effigies et Epitaphes desroys de France,

[par Jehan Bouchet]. Poitiers, Jacques Bouchet, Jehan et

Enguilbert de Marnef, 1545. In-fol., superbe volume aux

armes de Claude de Goiifficr, duc de Roanès, marquis de Boisy. (1.000 IV.) 2629. Le Siège de Pavie, composé en latin par Françojs Tcgius, translaté par Morillon. S. l. n. d. [Genèue, Wfigand Koln, 1525J. In-4, goth. (1.205 fr.)

2791. Recueil de 16 ])ièces sur les événements de lannée 1589. (323 fr.)

2792. Recueil de 12 pièces sur les événements de Tannée 1589 (285 fr.)

2889. Recueil de 14 pièces sur le procès et l'exécution du duc

de Montmorenc}'. (92 fr. ) 2942. Histoire du siège de Luxembourg, [par J. Donneau de

ViséJ. Paris, 1684. In-12. ((iO fr.).

3113. Johannis Leslaei Scoti Libri duo. Parisiis, P. VHuillicr,

1574. In-8. (240 fr.) 3158. Les Faictz du chien insaciable du sang chrestien. A

Gen[eve\., p[ar] y[igand\ K[oln], 1526. In-4, goth. (425 fr.)

Cette liste est curieuse à divers égards. Elle nous montre le duc d'Aumale achetant dans une seule vente vingthuit articles pour la somme totale de 22.257 fr., plus 10 ou 15 "/o de frais et de commission, et cela au moment même où il parlait de repos, et où il déclarait qu'il se retirait de la lutte, c'est-à-dire des enchères. A un autre point de vue, les prix auxquels les livres ont été adjugés à la vente Lignerolles témoignent chez les amateurs d'un lamentable abaissement des études et du goût. Vers le milieu de ce siècle, les bibliophiles se piquaient encore d'apprécier les lettres anciennes ; ils savaient le latin et prenaient une véritable jouissance à relire leurs auteurs favoris dans les éditions uarionim. Ils recherchaient avec ardeur les beaux exemplaires recouverts et doublés de maroquin par Boyet ou ses émules. Ils pensaient que ces reliures qui paraissent braver les siècles seraient toujours l'ornement d'une bibliothèque. En 1878 nous avons encore vu un exemplaire du Satyricoii de Pétrone (Amstelodami, J. Blaeu, 1669-1671, 3 tom. en un vol. in-8) atteindre à la vente Turner le prix de 5.000 fr. et figurer

ensuite, au prix de O.OUO IV. dans un catalogue de libraire (1). Assurément c'était là un chiffre exceptionnel : mais les volumes de la collection des varîoriim en reliure doublée et bien conservée, se vendaient alors de 2.000 à 8.000 l'r. A quel prix ces mêmes livres ont-ils été adjugés h la vente Lignerolles? L'un deux, le Salluste de 1677, n'a pas dépassé 42 fr. ! Le duc d'Aumale restait fidèle au goût (rautretois. Le soir, en se couchant, il prenait volontiers avec lui les œuvres d'Horace ou de quelque autre auteur latin ; il aimait à se servir de ces éditions si doctement commentées, si merveilleusement imprimées et sur lesquelles l'art du relieur a épuisé ses plus solides qualités.

Nous venons de dire que le prince lisait ses livres ; il y était attaché avec passion. Quand il avait parcouru ses galeries, admiré les tableaux et les objets d'art qui peuplent Chantilly, c'est dans sa bibliothèque qu'il revenait avec le plus de plaisir. S'il n'a jamais refusé à aucun érudit la communication d'un livre, il se réservait à lui-même le soin d'ouvrir ses armoires, d'en extraire le volume et de le présenter au visiteur avec la bonne grâce qu'il mettait en toute chose. Il fallait l'entendre parler de ses chers livres. Il atteignait à l'éloquence q.uand il rappelait les services rendus aux lettres par l'évêque d'Aleria Giovandrea Bossi, le grand humaniste qui a le premier publié les chefs-d'œuvre de l'antiquité ; quand il racontait les luttes soutenues par les anciens typographes, les Sweynheim, les Pannartz, et, en particulier, ce Tommaso Ferrando, à qui nous devons l'édition princeps de Lucrèce.

Sa mémoire inépuisable rattachait presque à chaque volume un petit fait, une anecdote piquante. Nul de ceux qui avaient l'honneur de l'approcher n'a oublié

fl) Bulletin de la librairie Morgand et Fatoiit, octobre 1878, n" 4312.

l'histoire de Libri et de son relieur. Au moment où l'artiste lui rapporte un volume « ancien » qu'il vient de fabriquer, Libri, achevant son œuvre de faussaire, prend une chandelle, en enduit le maroquin trop éclatant, y passe son bonnet de coton, et se retournant vers le relieur ébahi : « Mon ami, lui dit-il, votre livre valait mille francs ; il en vaut maintenant deux mille. »

Le prince ne s'intéressait pas seulement aux littératures anciennes et aux ouvrages classiques. Les amateurs qui n'ont de tendresse que pour les productions des auteurs modernes nous reprocheraient de ne pas mentionner les œuvres de nos contemporains si bien représentées à Chantilly, le plus souvent accompagnées de dédicaces ou de lettres curieuses.

Telle est dans ses lignes principales la collection que le duc d'Aumale a su former et qu'il a laissée à la France. Nous aurions voulu pouvoir en donner une idée plus complète , mais les notes que nous avons prises ne se rapportent qu'à certaines parties de la bibliothèque. Nous espérions, avec le temps, parvenir à en dresser le catalogue. C'est un espoir auquel il nous faut renoncer, et nous ne pénétrerons que le cœur serré dans ce sanctuaire où nous ne verrons plus la belle et grande figure qui vient de disparaître.

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