‹ Le duc d'OrléansChapitre 5 sur 9 · BNTREVOE DU GÉNÉRAL BUGEAUD AVEC ABD-EL-KADER · texte numérisé non relu

BNTREVOE DU GÉNÉRAL BUGEAUD AVEC ABD-EL-KADER

(1" juin 1837.)

M. le maréchal Bugeaud, dans une entrevue qu'il eut avec l'émir, après le traité de la Tafna, ne craignit pas de lui présager les périls que la violation de ce traité appellerait infailliblement sur sa tête. Il lui fit entendre qu'il saurait lui-même l'en punir. Cette entrevue où se rapprochaient, pour la prelnière fois, les deux hommes à qui l'avenir réservait le plus grand rôle dans les affaires d'Afrique, et qui devaient devenir plus tard, quoique dans des conditions différentes, adversaires redoutables, fut extrêmement remarquable. Le caractère loyal et résolu, la mâle hardiesse du chef français y contrastent singulièrement avec l'indécision calculée et les formes cauteleuses du chef arabe.

Voir les détails de cette entrevue, Annales Algériennes, lom. m, page Zi03.

Mote C.

Dans l'expédition de Médéah, l'artillerie et le génie rivalisèrent d'énergie et d'habileté. Ces deux armes, sous les ordres des colonels Lasnon et Lemercier, surmontèrent de grands obstacles et frappèrent le moral de l'ennemi par la promptitude et la vigueur de leurs opérations.

L'intendance militaire y acquit des titres particuliers à la reconnaissance de l'armée et du pays. Jamais ce service n'avait été plus difficile à organiser ; car le pays n'offrait aucune espèce de ressources. M. l'intendant Melcion d'Arc fit moralement et physiquement des efibrts inouïs, et justifia, sous tous les rapports, sa bonne réputation. Il fut, d'ailleurs dignement secondé par MM. les sous-intendants militaires de Guiroye et Lafitte (Rapp. off.)

Nous retrouverons l'honorable M. Melcion d'Arc à la première expédition de Constantine (1836). Nous le verrons encore à la tête de la Direction des affaires de l'Algérie (18/i2). Ce nom réveille naturellement des souvenirs de conscience, d'honneur, de dévouement, de probité civique. Nous espérons pouvoir consacrer à M. Melcion d'Arc une notice développée dans la Galerie historique de C Algérie. Le jour viendra où il sera rendu à chacun selon ses œuvres !

Note D.

LETTRE DE M. LE DUC D'ORLÉANS A M. LE MARÉCHAL VALÉE, APRÈS l'expédition DE MÉDÉAH.

« Au moment, mon cher maréchal, de me séparer encore de l'armée « d'Afrique, après la glorieuse campagne qu'elle vient d'accomplir sous « vos ordres, et à laquelle mon frère le duc d'Aumale et moi sommes si « heureux d'avoir pu prendre part, je viens vous demander d'être mon in- « terprète auprès de toutes les troupes que vous commandez. Veuillez

« assurer l'année d'Afrique qu'après avoir admiré encore les qualités guer- « rières dont elle donne de si beaux exemples, et avoir apprécié les services « journaliers qu'elle rend avec tant de dévouement à la France, son souve- « nir restera toujours présent à ma pensée, et ses intérêts me seront tou- « jours bien chers. Veuillez surtout exprimer aux divisions d'Oran et de « Constantine, dont J'ai été assez heureux pour partager déjà les travaux « dans d'autres occasions, combien j'ai regretté que la mission que le roi « m'avait tracée ne m'ait pas permis de les visiter et de m'associer à leurs « efforts actuels.

M Veuillez recevoir, mon cher maréchal, la nouvelle assurance de tous « les sentiments d'estime et d'attachement que vous me connaissez pour « vous, et avec lesquels je suis, votre affectionné,

« PEHDINAND-PHILIPPE D'ORLÉANS. 1»

Page 1