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il devait se diriger par la route transversale qui va de la porte Maillot, en traversant Sablonville, jusqu'à la vieille route de Neuilly,et de là jusqu'à l’entrée d’honneur du parc.
« (Cependant les chevaux, échauffés par une marche assez rapide depuis le départ des Tuileries, avaient commencé à s’animer outre mesure au moment où le Prince arrivait devant la porte Maillot. Déjà le postillon ne les maîtrisait plus qu’avec peine, quoique son porteur eût seul pris le galop, et naturellement, entre les deux routes, l’une perpendiculaire, l’autre diagonale, qui s’offraient à eux, ils prirent celle qu’ils avaient l’habitude de suivre, et, à ce moment, comme cela arrive souvent aux chevaux qui sentent les approches de leur écurie, leur vitesse augmenta, l.e porteur donna même quelques ruades dans son palonnier. Attaché très-court, ainsi que c’est l’usage , particulièrement dans les attelages à la Daumont, le cheval se. sentit gêné, et c’est alors qu’il s’emporta avec une rapidité qui entraîna le cheval sous-main, lequel était resté jusqu’alors fort tranquille.
« Le Prince cria au postillon : « Tu n’es plus maître de tes chevaux ? — INon , Monseigneur ; mais je les dirige encore. » Et en effet, il li’avait perdu ni les arçons ni les étriers : il tenait vigoureusement les guides, et il pouvait espérer détourner ses chevaux , par la gauche , dans la vieille route de ^euilly qui lui ollVait la carrière. « Mais lu ne peux donc pas les retenir? » cria de nouveau S A. R., qui s'était levée debout dans sa voiture. — « Non, Monseigneur. » Alors le prince, qui était fort agile et d’une adresse e.xtraordinujre, se conliaut dans la solidité et le peu
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d’élévation de son marchepied , sauta à pieds joints sur la route, et retomba violemment sur le pavé^ poussé par la puissance d’impulsion qui, de la voiture, s’était communiquée à sa personne. Quelques secondes plus tard, les chevaux se calmaient, la voiture s’arrêtait, et nous avons dit que le postillon était revenu se mettre à la disposition du Prince, qu’il trouva étendu sans connaissance au milieu du chemin.
« Que conclure de ce récit? Deux choses. Que le Prince prévit, et avec raison, que, si la cour.se des chevaux continuait , il serait impossible de garantir la voiture d’un choc violent a l’approche des fossés et des amas de pierres qui obstruent en ce moment le chemin de la Révolte à l’entrée du parc de Neuilly. En second lieu, que S. A. R. ne vit aucun inconvénient sérieux à sauter à bas d’une' voiture très-basse et dont le marchepied est tout près du sol ; ce que le Prince avait déjà essayé plusieurs fois , et avec succès , dans des circonstances à la vérité moins critiques. Telle est la vérité sur cet affreux incident. »
« Le corps a été embaumé. Cette opération a duré cinq heures.
« A cinq heures et demie, le général Atthalin a fait inviter les officiers du Roi et des princes, qui se trouvaient en ce moment à Neuilly, à se rendre auprès du corps , afin de constater le dépôt de la royale dépouille dans le cercueil qui lui était destine, et pour signer le procès-verbal qui devait être dressé par suite de ce dépôt.
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« Tous les officiers du Roi et des princes, présents en ce moment au ch/iteau, se sont immédiatement rendus à l’invitation du général.
« En leur présence, le corps, enveloppé de toile cirée, a été placé au fond d’un cercueil de plomb, revêtu de satin blanc le long de ses parois intérieures, avec un coussinets de même étoffe pour y poser la tête.
« Puis, on a placé sur le corps de S. A. R. son uniforme d’oflicier-général, son grand cordon, ses épaulettes, son épée et son kepy d’Afrique. L’uniforme est neuf, car la Reine a voulu garder celui que le Prince portait au moment de sa chute.
Ensuite, on a rempli avec de la ouate tous les vides du cercueil.
« Le procès-verbal . de cette opération a été roulé et introduit dans une bouteille hermétiquement fermée, qui a été placée dans le cercueil.
« Puis le cercueil lui-même a été clos avec du plomb fondu et mis dans son enveloppe de bois de chêne, revêtue de velours noir à clous d’argent.
« Le cœur du Prince avait été renfermé dans une urne de plomb , scellée comme le cercueil.
« Puis le cercueil a été porté dans la chapelle , et placé sous le cénotaphe. »
^ « Le dimanche, 17 juillet, M"’'’ la Duchesse d’Orléans arriva le matin, à neuf heures et demie, au palais de Neuilly. Le Roi et la Reine attendaient S. A. R. à la descente de voiture, en avant du vestibule du Petit-Château , où les appartements de lu Princesse avaient été préparés. I.e
M LS mjC d’ürléans.
Roi a reçu 6a fille entre ses bras; la Reine fa inondée de ses larmes. La Duchesse sanglotait... Mais comment raconter une scène qui n’a pas eu de témoins? Tout le monde s’était éloigné par respect pour ces premiers et augustes épanchements d’une si grande infortune.
« La nouvelle de la mort soudaine de M. le Duc d’Orléans était parvenue à Plombières dans la journée du jeudi 14. M. le Duc de IVemours, avant de quitter Nancy, avait fait expédier à M. le lieutenant-général Baudrahd une dépêche qui contenait ces mots : « Le Duc d’Orléans est mort à Paris. »
« Quand le général reçut cette nouvelle , la Duchesse venait de rentrer d’une longue promenade, et elle se préparait pour le dîner, auquel plusieurs personnes avaient été invitées. liC général courut chez le préfet et en revint bientôt avec une nouvelle dépêche, rédigée par eux pour la circonstance , et dans laquelle il était question non plus de la mort, mais d’une maladie grave du Prince-royal.
« La princesse reçut avec une émotion douloureuse cette première et prudente communication de l’affreux malheur qui devait la frapper. Llle voulut partir sur-le-champ, et le général disposa tout pour son départ immédiat. Deux heures après, S. A. R. étaiten voiture. Klle voulut suivre la route de Neufchûteau pour éviter Nancy. « Le duc d’Orléans me grondera, ditelle en partant; mais n’importe, mon parti est pris! >>
« A quelques lieues en deçà d’Épinal, pendant la nuit, la voiture de S. A. R. fut soudain arrêtée par la rencontre de celle qui devait conduire
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à Plombières M. le commandant Berlin de Veaux et M Chôme!. Ce dernier s’approcha de la portière de la princesse, qui mit pied à terre avec une vitesse extraordinaire. « Quelles nouvelles? demanda S. A. R. toute tremblante. Il est donc plus malade P » M. Chomel n’eut pas la force de répondre. « Il est mort! .le vous comprends ! » s’écria la princesse avec un accent déchirant; et on eût dit qu’elle allait succomber sous le poids de son malheur. La crise fut longue et terrible... Après avoir dit qu’elle comprenait, la princesse ne voulait plus croire tà la réalité d'une catastrophe si épouvantable. «Non, cela n’est pas possible! s’écriait-elle avec angoisse. Vous vous trompez, il n’est pas mort! Nous le retrouverons. .le le reverrai ! »
Cette scène de douleur, à laquelle l’obscurité de la nuit ajoutait son deuil aflreux, durait depuis longtemps. La princesse fut reportée dans sa voiture ; elle ordonna de faire la plus grande diligence. Elle voulait arriver à temps « pour « revoir mort, disait-elle, celui que le ciel l’avait « condamnée à ne plus retrouver vivant! »
« A Mirecourt, .S. A. R- rencontra ses augustes sœurs, la Duchesse de Nemours et la Princesse Clémentine, qui venaient au-devant d’elle et qui avaient déjà passé deux nuits. Elle monta dans leur voiture et continua sa route vers Paris, sans s’arrêter un seul instant.
« Partout, sur le passage de S. R., les populations ont témoigné par leur contenance respectueuse, triste et consternée, la part qu’elles prenaient à son malheur.
«Arrivée à Neuilly, et après avoir été reçue par LL. !MM., Madame la Duchesse d’Orléans a de-
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mandé ses enfants, qui lui ont été amenés. Ellç les a pressées sur son cœur en les baignant de larmes.
« Ensuite S. A. R. a été conduite par LL. MM. dans la chapelle où repose le M. le Duc d’Orléans. La Princesse s'est agenouillée et a fait une prière. Puis elle a demandé avec instance que le cercueil fût ouvert... Mais cette triste et suprême consolation ne pouvait plus être accordée à sa douleur. Le cercueil avait été scellé avec du plomb, et il eût été impossible de l’ouvrir sans y employer beaucoup de temps et beaucoup d’efforts.
« L’arrivée de LI. MM. le Roi et la Reine des Belges né laisse plus absent qu’un seul membre de la famille royale, le Prince de .loinville, que l’on suppose être dans les parages de Smyrne ; des bateaux à vapeur ont été envoyés à sa recherche.
« 11 faut renoncer à peindre la douleur de la famille royale; le Roi a voulu revoir plusieurs fois et les restes de son fils et le cercueil dans lequel ils ont été renfermés. La présence de son gendre a paru soulager sa souffrance; il travaille avec assiduité, on a dit de lui qu’il avait le cœur d’un père et la tête d’un Roi.
« La Reine est positivement inconsolable; entourée des regrets et de la tendresse de toute sa famille, elle ne peut arrêter le cours de ses larmes: elle a voulu conserver tons les objets
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qui ont iippartenu au (ils qu'elle pleure avec tant d’amertume.
« Madame la Duchesse d’Orléans reste morne et presque toujours silencieuse; mais ni son maintien ni son langage n’expriment l’abattement; en elle les devoirs de la mère soutiennent les forces de l’épouse. EHe sait qu’elle a une mission providentielle à accomplir.
<< Une des personnes attachées à sa maison désirait lui être présentée ; — « .Te le veux bien , dit-elle, ces émotions me fortifient, et puis je veux promptement accueillir les témoignages de» la douleur des autres pour être plus tôt tout entière à la mienne. »
B Les enfants du Prince-royal ne comprennent rien à l’affliction, aux larmes, aux prières et aux tendres caresses dont ils sont entourés. Le comte de Paris demande son petit papa; et il regarde avec étonnement les pleurs <iue ces paroles font répandre à sa mère, qui le presse contre son sein et le recommande à la Providence.
« La maison dans laquelle M. le duc d’Orléans a rendu le dernier soupir, a été fermée le lendemain de l’événement. Des personnes envoyées du château sont venues faire un inventaire minutieux de tous les meubles et objets que cette chambre contient. M. Cordier voulait enlever une faulx suspendue à la muraille; maison l’a prié de l’y laisser. On a, de plus, levé de la manière la plus exacte le plan de la chambre avec la place que chaque objet y occupe. Une pièce absolument pareille sera disposée, dit-on, au pa-
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lais de Neuilly , et tous ces objets y occuperont la place où ils étaient dans la chambre où est mort le Prince. Ce sera pour la Reine , qui en a exprimé le vœu, un triste et pieux souvenir.
« L’achat de la maison a été également arrêté avec le propriétaire. Cette maison sera démolie, et une chapelle sera élevée sur son emplacement. »
La maison a été achetée par la liste civile au prix de 110,000 fr. ^
Voici comment la fatale nouvelle a été annoncée à la Princesse royale :
« Tandis que Paris et une partie de la France étaient déjà en deuil, la ville de Plombières, heureuse de posséder S. A. R. IMadame la Duchesse d’Orléans, voyait avec un bonheur inexprimable les premiers bons effets des eaux et du bon air des montagnes sur la santé de la Princesse.
« Les nombreux étrangers qui aflhient à Plombières dans cette saison montraient chaque jour aussi l’expression du plus vif intérêt pour cette princesse, si digne de celui qu’elle allait perdre dans quel(|ues instants.
« La journée du 13 avait été, comme la plu-
f )art des journées de jMadame la Duchesse d’üréans, consacrée à des soins charitables, à donner des audiences aux malheureux, à faire du bien, et à le bien faire.
« Le soir, après sa promenade ordinaire dans les montagnes, S. À. R. avait admis à sa table
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M. le curé de Remiremont, ceux de Plombières, de Saiiit-Aïué, et plusieurs autres personnes notables.
« Le 14, terrible jour qui a été pour nous le jour des plus amères douleurs, la princesse avait répandu de nouveaux bienfaits, elle avait fait de bienveillantes emplettes, et comblé de bonheur une foule de pauvres gens qui avaient été admis devant elle.
a Vers trois heures, la princesse sortit en voiture pour faire une plus longue course que les autres jours. Le temps était beau, l’air était pur, toute la population s’était portée du coté où S. A. R. devait passer.
« A six heures et demie, quand la princesse rentra en ville, sa douce physionomie, son regard bienveillant semblaient dire aux personnes accourues sur son passage : « Je suis heureuse au milieu de vous. »
« Hélas ! pendant cette promenade, un courrier expédié de Nancy par M. le Duc de Nemours était arrivé à Plombières. On avait cru d’abord qu’il annonçait le Prince ; mais peu de moments après, l’air consterné des gens de la Princesse avait trahi l’idée d’un grand malheur. Était-ce le Roi, était-ce le Prince royal ou quelque autre personne de la famille .!• On se perdait en dé.solantes conjectures.
« Que l’on juge donc de l’effet déchirant que produisit sur chacun la vue de la Princesse rentrant chez elle avec calme et gaieté, comme elle était sortie trois heures auparavant.
« S, A. Pi. avait du monde à dîner; elle s’apprêtait à entrer dans ses salons, lorsque, après de terribles hésitations pour trouver le moyen de
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lui laisser du moins entrevoir quelque chose du ^rand malheur qui allait l'accabler, on s'arrêta à l'idée de lui porter ce premier coup en ne parlant d’abord que d’une grave maladie du Prince.
Ce fut M. le préfet des Vosges qui eut la douloureuse mission de faire valoir ce pieux mensonge. C’était, dit-il à S. A. R., une dépêche télégraphique qui le chargeait de lui donner ces tristes nouvelles.
« Mais rien ne peut rendre ce qui se passa alors! D’un côté, la Princesse, pleine d’effroi, l’œil fixe, interrogeant la prétendue dépêche et le préfet jusque dans le moindre mouvement de ses traits ; de l’autre , celui-ci , désespéré , retenant ses larmes , croyant encore alors à quelque chose de plus affreux que l’affreux malheur même, eut cependant assez de courage et de présence d’esprit pour répondre aux questions pressantes, multipliées de la Princesse , qui voulait tout savoir. Il ne lui cacha pas que la maladie du Prince devait être grave; mais du conseil même des personnes attachées à la maison de S. A. R., il n’osa pas aller au delà.
« Une heure après, la Princesse était prête à partir. Ce fut alors que cette âme si grande, si belle, se montra pour nous avec le plus indicible rayonnement de courage et de bonté.
« De funestes pressentiments l’avaient sans doute saisie; elle versait d'abondantes larmes, et cependant elle se montrait résignée , comme l’âme qui puise sa force en Dieu. Elle parla à tout le monde; elle prescrivit de nouvelles aumônes; elle remercia ; elle voulut que les fidèles de Plombières priassent dès le lendemain pour le Prince malade ! Ou pleurait , on se Jetait sur ses mains ,
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sur ses vêtements pour les baigner de larmes.
« Des cris de joie avaient salué, dix jours avant, l’arrivée de la Duchesse d’Orléans à Plombières, hélas! sous la conduite du vaillant Prince que la France allait voir disparaître du seuil die ce trône constitutionnel où il était si digne de s’asseoir un jour ; des cris de désespoir, des sanglots ont salué le départ de la Princesse : elle emportait les bénédictions de la population tout entière!
« Rt le lendemain, dans l’église de Plombières, une foule recueillie pleurait et priait pour celui qui , le jour de son départ , avait dit : « Je re- « viendrai : je vous confie ce que j’ai de plus cher U au monde ! »
M. le prince de Joinville a appris auprès de Naples, le 18 juillet, l’affreuse nouvelle qui a frappé sa famille et la France entière.
L’escadre de l’amiral Hugon se trouvait en ce moment entre Naples et Ischia. Le prince était à bord de la Belle-I^ovle.
Le bateau à vapeur expédié de Toulon, par ordre du Roi, portait une dépêche cachetée, dont l’objet était inconnu de l’officier qui avait mission de la remettre à l’amiral. La dépêche ouverte, l’amiral s’est immédiatement rendu à bord de la lielle-Poule, et en a communiqué le contenu à S. A. R., hors la présence de l'énuipage. Qu’on juge de sa stupéfaction, de son aésespoir et de ses larmes!
Cependant le prince voulut partir sans retard. Quelques instants après, il était embarqué sur
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le bateau à vapeur. 11 apprit lui-méme aux officiers du bord la nouvelle qu’ils avaient apportée; mais la dépêche ne contenait aucun détail. Le prince avait bâte d’arriver. IS’avait-il pas une mère à consoler? üeux jours après, il entrait à Toulon, où l’amiral Baudin, à la tête de toutes les autorités de la ville, l’attendait sur le port, silencieux et consterné. Le prince, après avoir échangé quelques paroles de condoléance , est monté dans sa voiture, qu’il n’a plus quittée justju’à ^euilly, où il est arrivé samedi 23, le cinquième jour après la réception de la fatale nouvelle.
, « Ce n’est point en face du n" 4 , mais à cinquante pas plus loin, à l’angle du chemin de la Révolte et de la route du palais de Neuilly, que ]\I. le duc d’Orléans a été précipité de sa voiture. ]\I. Lecordier, qui était sur la chaussée, arelevéle prince , et , aidé de trois ouvriers, l’a transporté chez lui. L’auteur de cette lettre décrit ainsi le le lieu où S. A. R. a été transportée :
• « La maison, élevée d’un seul étage, a, sur la
route une façade peinte en rouge comme la plupart de celles où l’on vend du vin.
« La première pièce sert de boutique; quel-
3 lies tiroirs , des paquets de drogues au-dessus ’un pauvre comptoir qui resserre le passage : voilà l’ameublement : c^est la partie réservée à l’épicerie.
« Une petite porte pleine conduit à une arrièreboutique ; c’est là qu’est mort le Prince-royal de France.
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« Une table couverte de toile cirée pour les buveurs, deux chaises, un petit poêle en faïence avec un tuyau en zig-za" au milieu, quelques vases de cuisine accrochés à la muraille nue, un vieux fusil , deux chandeliers de cuivre sur une large cheminée en pierre dénoircie, remplie par un fourneau où les époux Lecordier font habituellement la cuisine : telle est la composition de cette chambre de douze pieds carrés.
«C’est entre le poêle et le mur du fond, sur deux matelas (sans bois de lit) descendus à la hâte , que l’illustre blessé a été déposé, la tête prés du fourneau, les pieds près d’une seconde porte qui donne sur un escalier. Et tout cela éclairé par une croisée délabrée, dont la partie inférieure, seule se lève à coulisses, sur une cour où un fumier fétide couvre ou peut-être remplace le pavé.