‹ Le Duc de Bourgogne, 1682-1712Chapitre 2 sur 26 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Au XVII® siècle finissant, à Versailles, sur les marches du trône, au milieu d'une Cour souvent frivole et légère, où la morale fut trop souvent relâchée, est né et a grandi un enfant, dont le nom résonne aux. oreilles chrétiennes avec un son pur comme les sources de nos montagnes, clair comme nos matinées de printemps, le Duc de Bourgogne, le petit-fils de Louis XJV.

Ce n'a été qu'un nom, car il n'a pas régné et nous n'ignorons pas que nos conclusions pourront manquer de solidité.

Le Duc de Bourgogne aurait été sur le trône le plus vertueux de tous les rois, après Saint Louis ; mais comment cette vertu se serait-elle traduite en actes souverains ? Quelle sanction l'épreuve du pouvoir eûtelle donnée aux bonnes intentions du Prince ? C'est le secret de la tombe. Telle qu'elle apparaît dans le temps, cette figure princière n'en reste pas ^moins une des plus captivantes de l'histoire de France.

Y a-t-il un spectacle plus noble que celui d'un Prince qui, dans l'exercice de l'autorité souveraine, ne

vin PRÉFACE

voit que le plus saint des devoirs à remplir, et qui ne veut régner que pour le bonheur de son peuple, par les lois de la justice et de la religion ?

Son désir de remédier aux maux du royaume avait attiré autour de lui, et comme à l'ombre de son au- ; guste patronage, tous les hommes qui aspiraient à corriger les abus et à régénérer l'Etat. C'est vers lui, c'est vers son règne prochain que Fénelon et Saint-Simo-n lèvent les yeux j)our espérer l'accomplissement de leurs pensées patriotiques.

C'est en lui que Vauban, si durement traité par le Roi, trouve un juge disposé à examiner avec faveur ses vues hardies sur les impositions publiques et sur l'agriculture. Le Comte de BoulainvilUers., à qui il fmit laisser toute entière la responsabUilé de ses fausses doctrines, tient à honneur de iravailler sous ses ordres ei de rédiger pour lui cet utile travail de u l'Etût de la France », extrait des Mémoires dressés par les Intendants. Uabbé de Saint-Pierre a l'am,bi lion de rattacher à ce nom respecté ses utopies philanthropiques.

Le Duc de Bourgogne, en toute sincérité., s'est trouvé le protecteur naturel de tous les réformateurs politiques de son temps, il se présente à nous environné de tous ces généreux esprits ; il marche à leur tête, il est leur chef, leur appui, leur espoir. Une telle physionomie n sa grandeur. Sur ce front où l'on chercherait en vain les orgueilleux rayonf^ de la gloire royale de Louis XIV, il est resté un doux et vénérable reflet de l'âme évangélique de Fénelon.

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