PREFACE
Le Duc de Bourgogm fut la vertu même. Croiraiton que sa renom,mée a souffert de cette délicatesse de conscience chrétienne ?
On trouve volontiers aux princes vicieux un air de profondeur et d'habileté ; mais, quand il s'en rencontre queiciueS'Uns dont la conscience est pure et sévère, on juge d'abord que leur royaume n'est pas de ce monde.
Le seul avantage., peut-être, de celle manière de r>oir est de mettre l'art de régn-er à la portée d'un ■grand nombre de souverains.
On ccynixalt le dernier trait par lequel Duclos, à la fin de son histoire de Louis XI, résume son jugement sur le Prince cruel et perfide qui avait cherché sa force dans la dissimulation, les parjures, les bassesses, le mépris de l'humanité, a Tout mis en balance, c'était un Roi ».
Je crains que le nombre ne soit grand de ceux qui, voyant dans l'élève de Fénelon tant de piété sincère, tant de respect de la vie et du bonheur des hommes, tant d'abnégation personnelle, seraient tentées de dire : « Toui mis en balance, ce n'eût pas été un Roi n.
Cette parole n'est pas honorable pour la royauté. Pendant de longues nnnées, le nom du Duc de Bourgogne a vécu dans la mémoire de la France, entouré d'une popularité posthume et d'une auréole de vénération devant laquelle nous nous inclinons, et cette populaiité même indique que les peuples auraient préféré le gouvernement de la vertu à la politique du Régent.