‹ Le Duc de Lauzun (général Biron) 1791-1792Chapitre 25 sur 62 · Mirabeau. Histoire secrète, II · texte numérisé non relu

Mirabeau. Histoire secrète, II

3. « Lauzun qui se mêlait d'intrigue européenne. » A. Sorel. L'Europe et la Révolution^ II, 57.

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genre de négociations qu'on pût tcnler avec le gouvernement de Frédéric-Guillaume.

Dès que la question de la guerre avec l'Autriche fut devenue en France une conjecture probable, — comme elle le devint à la fin de 1791 — Pancien roué de Versailles ne put manquer de l'étudier non pas au point de vue militaire, qui n'était pas celui qui l'attirait le plus, mais sous le rapport politique, c'est-à-dire au point de vue des alliances et des neutralités. Des alliances, il n'était guère permis d'espérer qu'aucune des monarchies du continent poussât la magnanimité jusqu'à en contracter une avec nous; mais, avec de l'habileté on pouvait peut-être amener certaines d'entre elles à conserver vis-à-vis de nous la neutralité, et parmi ces dernières la Prusse était la première qu'on piit tAtcr avec chance de succès. La politique de Frédéric II, le cynisme de ses principes, ses luttes avec la maison d'Autriche éloignaient nécessairement l'un de l'autre les cabinets de ^'ienne et de Berlin. Nous avions donc là un point commun, et en cherchant bien, Ton en rencontrait d'autres. La neutralité à obtenir de la Prusse était donc une idée qui ne pouvait manquer de venir à beaucoup de gens en France, à Biron en particulier qui voyait à sa réalisa-

lion des facilités qui pouvaient échapper à d'autres moins bien renseignés.

Toutefois Lauzun ne se bornait pas à proposer la neutralité prussienne : il songeait à attirer à nous un autre pays, dans le({uel il avait vécu davantage qu'en Prusse, un pays où il avait des relations qu'il croyait puissantes, un pays enfin où ses succès galants lui faisaient augurer des victoires diplomatiques. Déjà pendant l'un de ses séjours en Angleterre, il avait eu l'occasion de se lancer dans ces négociations latérales, qui avaient pour lui une attirance si particulière, et bien qu'aucune d'elles n'eût réussi, il s'obstinait à penser qu'elles l'avaient fait noter comme un profond politique. 11 nous le dit lui-même dans ses Mémoires avec une suffisance pleine de naïveté. « Vivant beaucoup plus dans le monde...., écrit-il quelque part, je fus bientôt fort au courant de toutes les affaires publiques et je sus des choses intéressantes, dont le marquis de Noailles, ambassadeur, ne pouvait être instruit... Gela donna au Roi (de France) et à tous ses ministres, la plus grande idée de la manière dont je savais tout ce qui se passait en Angleterre (1).»

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