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tout le tcQips de leur incertitude. Il serait aussi cou- [)able que dangereux de ne pas profiter de cette laveur du ciel; les moyens les plus certains me semblent être ceux-ci : 1° un rapprochement avec l'Angleterre et il n'est pas impraticable quoique le Minitère soit contraire à notre Révolution et qu'une grande partie de Popposition soit aristocrate. La très grande majorité de la nation est absolument décidée à ne pas nuire à la constitution française et voici le véritable état de la question. Le Roi et le Ministère ne veulent aucune espèce de rapprochement avec la France et n'ont rien à redouter de la surveillance de l'opposition à cet égard. Mais plus sûrement encore, la nation ne permettra pas que le Roi et le Ministère lui fassent risquer une guerre pour laquelle elle a la plus forte répugnance, par condescendance pour les passions particulières du Roi et de ses Ministres ; cette négociation doit être menée très différemment de toute négociation ordinaire dont la progression reste ensevelie dans le secret du cabinet, et le succès dépendant de la volonté, des intérêts, de la fantaisie des Ministres, les deux nations doivent être associées aux détails et à la marche de celles-ci. Nous demandons franchement et amicalement des explications positives à l'Angleterre. Il ne doit pas nous suffire qu'elle ne veuille pas encore nous j 'faire du mal, et qu'elle nous renvoie à ses alliés pour l'avenir. Après le bonheur de n'avoir pas d'ennemis, le plus grand est de connaître tous ceux que
l'on a. Les différentes opinions qui agitent l'Angleterre nécessitent les mesures qui peuvent donner un grand poids aux ouvertures qu'il est convenable de faire. Vingt vaisseaux armés et prêts à mettre à la voile pour l'Inde en imposeront à toutes les intrigues royales anglaises, et la nation, je le répète, ne permettra pas au ministère, au Parlement même de courir le risque d'une guerre avec la France; une telle guerre peut en effet présenter des suites désastreuses et probables à une nation qui n'a d'autre hypothèque à donner à une dette immense que son crédit. Personne ne peut calculer le bouleversement que produirait à Londres la chute de la Compagnie des Indes, et tout le monde le sait. Il y a peu de jours encore que Ton opposait avec publicité les obstacles insurmontables que l'on rencontrerait pour armer une escadre, et l'on faisait écrire par les officiers généraux qu'il n'était plus possible de servir, et que le France n'aurait plus de marine. Mais M. de la Coste (1) est un bon citoyen, un homme vertueux ; il connaît parfaitement la marine, il a sa confiance, il trouvera le moyen d'armer une escadre, j'en réponds sur ma tête, et s'il avait besoin d'aide, je me chargerais volontiers de lui trouver des matelots et peut-
1. Jean de La Coste, ne à Da\ le 26 juillet 1730, avocat au parlement de Bordeaux, chef du Contentieux des colonies au ministère de la marine en 1766, fut ù la tête du département de la marine dans le ministère Dumouriez. Membre du Conseil •des prises, sous l'Empire, il mourut en 1820.
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Hro môme des officiers sans quitter mon poste. Nolrn ami la Touche y mettra le même zèle avec plus do moyens encore; d'ailleurs, je ne saurais trop le dire, cette escadre remportera de grandes victoires politiques sans sortir de la rade de Brest.
Voici quel est l'autre moyen plus simple, plus facile, plus indiqué. Nous avions perdu un temps précieux et après des préparatifs de guerre ruineux, nous attendions dans l'inaction que Léopold fût prêt ■et cernât nos frontières de nombreuses armées. Un ■événement imprévu a retardé pour nous la pendule politique de l'Europe. Il faut que le roi de Hongrie choisisse, repousse, cherche des alliés. Nous avons le temps de prévenir les conditions que l'on voudra mettre à son couronnement ; si ces intentions sont mauvaises, nous ne pouvons prendre des mesures trop fortes et trop promptes, et si elles sont bonnes, nos précautions lui fourniront une réponse convenable à faire aux puissances qui le solliciteraient de se déclarer contre la France. Nous n'avons d'autre parti à prendre que de réduire à une forte et excellente ■défensive les deux armées de MM. de Lukner et de Lafayette et de faire refluer tout ce qu'il serait possible d'en tirer sur l'armée du Nord, en cavalerie surtout pour commencer sur le champ un cantonnement le plus considérable possible (jusqu'au moment très prochain où l'on pourra camper) sur les frontières du Brabant. Nous serions alors en mesure de déclarer au roi de Hongrie, que nous désirons main-
tenir la Paix, mais qu'à sa première réponse ambiguë, à la première marche de ses troupes qui pourrait nous inquiéter, nous entrerons dans le Brabant. Il n'y a pas un moment à perdre quel que soit le caractère du roi de Hongrie; on le rendra forcément notre ennemi, si nous laissons impunément des troupes étrangères s'approcher de nous; on s'occupe encore beaucoup en Europe d'un congrès relatif à nos affaires, et je crois que l'on s'en occupe au moins autant en France. Sous l'ancien régime, il n'y avait pas de besoin qui pût déterminer à oser affaiblir l'armée d'un général très en faveur, mais nous ne devons pas craindre de si criminels ménagements quand nous voyons le Roi composer son Conseil de citoyens distingués par leur patriotisme et leur attachement à la Constitution.
N° 43. — Note de Biron
Le 2i mars 1792.
Écrit à M. Dumouriez, ministre des Affaires étrangères pour lui envoyer ma lettre en date du 6 mars à M. de Narbonne, ministre de la Guerre, la réponse à cette lettre par M. de Grave, ministre de la Guerre en date du 20 du même mois et ma réponse à M. de Grave en date du M. Prévenu M. Dumouriez que j'adresse toutes ces pièces à M. de la Gravière (1).