‹ Le Duc de Lauzun (général Biron) 1791-1792Chapitre 61 sur 62 · Voir la note de la page précédente · texte numérisé non relu

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paraissait pressé de voir constituer l'unité nouvelle qu'on mettait sous ses ordres, le désarroi dans lequel commençait à entrer le ministère de la Guerre empêchait que les affaires allassent aussi vite qu'il paraissait le désirer. Biron se vit ainsi contraint à demeurer à Paris tout le mois de janvier, et ce fut seulement dans les premiers jours de février qu'il put rejoindre son poste à Nice.

Gomme on le lui avait dit très exactement, la désorganisation et l'indiscipline étaient là, à leur comble. Il eût fallu beaucoup de temps et de moyens pour entreprendre la lutte dans de meilleures conditions que ne l'avaient fait les généraux Montesquiou et Anselme ; malheureusement les Piémontais n'étaient point disposés à nous laisser le calme et les délais qui eussent été indispensables pour cette réorganisation. Il fallut donc, du jour au lendemain, reprendre les opérations, repousser les tentatives d'un ennemi d'autant plus enîreprenant qu'il nous savait moins prêts à la résistance, et ce fut dans ces circonstances que se livrèrent en février et mars les combats de Moulinet, de Sospello, de Lantosca qui, sauf le dernier, furent de sanglants échecs.

Toutefois le crédit de Biron ne parut pas souf-

frir de ces défaites et quand, au mois d'avril, le Comité de salut public l'envoya en Vendée, Lauzun dut voir dans cette désignation l'indice d'une nouvelle faveur. (3n l'appelait effectivement sur la Loire comme un général dans les lumières duquel la Convention avait une confiance particulière, comme Thomme de talents éprouvés auquel on réservait le soin de dénouer une situation inextricable.

Le nouveau commandement dont l'on investissait Biron embrassait un immense territoire, tout le pays compris entre la Loire et la Gironde, et, pour pacifier cette vaste zone, on lui donnait à peine 25.000 hommes. En acceptant avec répugnance la mission épineuse dont on le chargeait, le nouveau général en chef soumit au Comité diverses questions qu'il jugeait importantes à trancher avant de commencer toute opération, notamment la façon dont devaient être traités les prisonniers de guerre, la conduite qu'il devait tenir avec les chefs vendéens, demandant en particulier s'il était autorisé à entrer en négociation avec eux. On répondit d'une façon évasive à tous ces points d'interrogation et on lui donna l'ordre d'entamer sur-le-champ ses opérations, sans lui laisser le temps de reconstituer une armée qui avait, plus que celle du Var encore, un besoin

urgent d'ordre et d'organisation. Les suites d'une hâte aussi irréfléchie ne se firent pas attendre ; les républicains furent battus le 4 juin à Trémont, le 7 à Trayon, le 8 à Montreuil, les 9 et 10 à Saumur où la ville et le château tombèrent à la fois aux mains des Vendéens. Biron, en réalité, n'était point responsable de ces défaites^ mais elles ne l'en découragèrent pas moins et lui firent entrevoir dès ce moment une disgrâce imminente. D'ailleurs, il est vraisemblable que le rôle qu'il jouait depuis le début de la révolution, jeu où il était obligé de crier de plus fort en plus fort pour se mettre à l'unisson des énergumènes qui l'entouraient, il est probable disonsnous que ce jeu commençait à lui peser et que ne prévoyant plus la façon dont il pourrait sortir de l'impasse où l'avait fourvoyé son ambition, la prévoyant trop clairement devrions-nous dire, il avait hâte d'arriver au dénouement. 11 signala donc les maux dont souffrait son armée avec un accent de vérité qui était à cette époque un trait de véritable audace et il osa même | résistera Ronsin l'adjoint du ministre Pache avec une ténacité telle, que la Convention elle-même dut donner raison au général contre le Ministre, Toutefois dans cette lutte contre les agents du Comité de salut public Biron ne pouvait avoir

le dernier mot. Ronsin, ne lui pardonna point son éphémère triomphe dans le litige dont nous venons de parler ; il ne cessa dès ce moment de le combattre d'une façon occulte mais toute puissante, de le présenter comme conservant vis-à-vis des Vendéens des ménagements suspects, d'entretenir avec l'ennemi des liaisons dissimulées et perfides. Il rapprocha de cette conduite certaines paroles de Biron qui avait montré dans les populations de l'Ouest des frères égarés qu'on devait chercher plutôt à convaincre qu'à exterminer, il rappela que le général en chef en prenant possession de son commandement avait demandé déjà à négocier avec les insurgés. Tous ces arguments, dans la bouche d'un ami de Pache, devaient être décisifs. Il était facile, il était inique d'accuser Biron de défaites dues surtout à l'impéritie de ses sousordres et à rindiscipline de ses soldats ; Ronsin n'hésita pas à le charger de cette responsabilité. Dès ce moment, Biron suspect, était perdu. Effectivement il fut arrêté à Niort le 20 juillet 1793, transféré à Paris, mis en jugement, condamné et le lendemain même, 31 décembre 1793, — exécuté.

On a dit qu'à ce moment suprême, il avait reconnu combien son existence avait été futile,

vide, inutile à sa pairie. On a assuré qu'il avait entrevu jusqu'à quel point il avait gaspillé les qualités précieuses qu'il avait reçues de la nature et que peu d'instants avant de monter dans la charrette fatale il avait prononcé des paroles où il exprimait un tardif repentir. D'autres veulent, au contraire, qu'il ait continué jusqu'au bout son rôle d'insouciante^ d'incorrigible légèreté, qu'il ait fait encore « un mot » au pied de l'échafaud.

Tout est croyable de la part de Lauzun. La vérité est qu'en toutes ses entreprises il avait été un de ces hommes funestes qui portent malheur à tout ce qu'ils touchent. Les folies de son existence scandaleusement dissipée avaient donné le dernier coup au prestige de la royauté ; lors de l'affaire de Mons son ingérence dans le nouveau régime avait compromis de la façon la plus grave les débuts militaires de la Révolution, et en Vendée même, dans la dernière période d'une existence déjà condamnée, il avait encore essayé de jouer au plus fin — en dépit des résistances que nous avons indiquées — avec des hommes qu'il ne pouvait manquer de mépriser profondément. Mais Lauzun ne pouvait se décider de lui-même à la retraite. Depuis longtemps déjà, il eût dû

■comprendre que son rôle était terminé ; qu'« irrémédiablement destiné à être romanesque », il n'avait rien de ce qu'il faut pour être héroïque ; que membre gangrené d'une monarchie qui mourrait pour l'avoir produit, il n'y avait pour lui d'autre parti que l'abstention, le silence, l'oubli. On a vu qu'il ne s'était jamais rendu à •cette évidence et que, pour prendre place dans ce régime où sa présence était la plus étrange anomalie, il avait accepté les déboires les plus amers.

Tant d'ambition, d'aveuglement ou de faiblesse •devaient demeurer inutiles. Biron ne trouvait, ne devait point trouver grâce devant ce même régime auquel il avait en dernier lieu tout sacrifié. Suprême humiliation et frappant contraste. Après avoir « renié son joi, son ordre, ses ■croyances », il était condamné pour trahison, poUi' trahison envers la patrie et la République.

Et c'est sans doute le pire châtiment de Lauzun que l'histoire soit tentée d'accepter sur son compte le jugement de Fouquier-Tinville : sa mémoire ne s'en relèvera point.

Fin.

Introduction

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Lettre 1. — Biron a M. de Narbonne. — Le félicite de sa nomination au poste de ministre de la Guerre. Situation morale et technique de l'armée du Nord Valeur des officiers généraux de cette armée. Opportunité d'élever MM.de Rochambeau et de Luckner à la dignité de maréchal de France. Si cette mesure n'est pas possible, nécessité d'augmenter leur traitement ; ce traitement, aussi bien que celui des autres officiers généraux est absolument insuffisant, surtout avec la dépréciation des assignats. Prie Narbonne de recommander Chauvelin à M. de Rochambeau. Demande pour lui-même d'être envoyé en Corse, si l'on n'a plus besoin de lui en France

Lettre 2. — Biron a M. de Talleyrand — Le félicite de sa pétition au Roi. Troubles qui ont éclaté dans le Nord, à propos des prêtres non assermentés. Demande à conserver près de lui M. Miewskowski, lieuteaant-colonel du b^ hussards

Lettre 3. — Birox a M. de Talleyrand. — Se plaint de son silence et de celui de Sainte-Foy. Encore les troubles à propos des prêtres non assermentés. La disette d'officiers généraux à l'armée du Nord fait que M. de Rochambeau l'emploie à tout. M. Van der Mcrsch lui a fait dire d'aller causer avec lui à Lille ; croit-on, à Paris, ce voyage nécessaire? La Reine empêche M. de la Luzerne, notre ambassadeur à Londres, d'aller rendre visite aux duchesses de Glocester et de Cumberland parce qu'elles ne sont pas nées princesses. Cette abstention fait très mauvais effet à la Cour d'Angleterre. « Il serait ridicule et inconvenant que cet ordre subsistât »; prie Talleyrand d'en parler à M. de Lessart . .

Lettre 4. — Talleyrand a M. de Biron. — Lui annonce la création de trois armées : du Nord, du Rhin et des Ardennes, dont le commandement sera respectivement donné à MM. de Rochambeau, de Luckner et de Lafayette. Il va être (lui Biron) lieutenant-général dans la semaine. On va envoyer trois maréchaux de camp à M. de Rochambeau. Narbonne « réussit très bien » avec l'Assemblée. Voudrait voir Biron pour s'entretenir avec lui des ouvertures à entamer avec la Prusse à l'effet d'obtenir la neutralité, spécialement paur désigner les personnes à employer à la négociation 37

Lettre 5. — Biron a M. de Talleyrand.— Est enchanté de Narbonne, qui vaut mieux que les « vieux et inutiles routiniers». Qu'on lui envoie Sainte-Foy pour parler de l'affaire de Prusse; lui-même ne peut quitter l'armée en ce moment. Demande encore à aller en Corse si l'on ne le croit pas indispensable à l'armée du Nord. Narbonne ne peut imaginer tout le bien qu'il fait en nommant maréchaux Luckner et Rochambeau 39

Lettre 6. — Sainte-Foy a M. de Biron. — S'excuse de son silence. Lui annonce la création des trois armées. Il faudrait qu'on fu partir « d'ici à trois jours, pour Berlin, Vhomme adroit et suge^ avec les moyens. » Se plaint de la lenteur de M. de L. fessart). Maintenant qu'il a commencé, lui écrira souvent 41

Lettre 7. — Talleyrand a M. de Biron. — Lui annonce le départ de Narbonne pour inspecter la frontière et les armées. Pense toujours à l'idée de Biron pour la Prusse. Sainte-Foy voudrait y aller ; mais son nom est « embarrassant à prononcer dans la circonstance. » Que Biron vienne passer trois jours à Paris ou qu'il écrive et donne beaucoup de noms. On parle de remplacer, à Berlin, M. de Moustiers par M. de Ricé. Qu'en pense Biron? N'est-ce pas là « de l'intrigue Lameth »... 43

Lettre 8. — Biron a M. de Talleyrand. — Dit que

Sainte-Foy est insuffisant pour Berlin : c'est en Angleterre qu'il faut l'envoyer. Il faut choisir pour la mission en Prusse soit le colonel Miewskowski, soit M. Duménil, ancien agent d'affaires de Gonflans. On les adressera à Heyman, qui, avec de l'argent, achètera facilement Bischoffswerder, Wœlner, M'^° de Lindenau et tous les entours du roi de Prusse. Si l'on ne veut ni de Miewskowski ni de Duménil, on pourrait choisir M. de Jarry. « dont il ne répondrait pas jusqu'à un certain point. Enfin, M. de Ricé serait aussi un choix acceptable. Il y

aurait encore un dernier parti, celui d'envoyer en Prusse, lui, Biron. Malheureusement, il y a un décret de la Constituante qui exclut les anciens membres de cette Assemblée de tout poste similaire ou à la nomination du Roi. Si l'Assemblée actuelle décide qu'une mission comme celle dont il est question ne rentre pas dans le nombre des situations interdites aux anciens Constituants, que le Roi désigne Biron pour Berlin. Si elle estime le contraire, la responsabilité des événements retombera sur elle. Les patriotes brabançons arrivent en assez grand nombre à Lille et à Douai. On craint des troubles et M. d'Aumont, qui commande à Lille, perd déjà la tête 68

Lettre 9. — Talleyrand a M. de Biron. — Annonce le départ do Narbonnc et de Beaumctz pour Arras et Valcnciennes. De quel côté Biron voudrait-il être employé ? Tout le monde à Paris trouve les projets de Biron sur Berlin excellents, mais on ne sait qui y envoyer. Talleyrand voudrait en causer avec Biron ne fut-ce que vingt-quatre heures 75

Lettre 10. — Biron a M. de Talleyrand. — Dit qu'il a envoyé tous les noms qu'il connaît pour Berlin, mais il « prévoit avec douleur qu'on se décidera trop tard ». Quant à la Suisse, on a eu tort d'y nommer un homme (M. de Barthélémy) qui n'a pas voulu servir la Révolution. Une dépend pas do lui (Biron) de choisir un poste. Il ira partout, sauf à l'armée de Lafayette. Il ne veut pas plus « de sa gloire que de ses sottises ». Ce qu'il préférerait, ce serait d'aller en Corse. L'arrivée à Douai de deux cents patriotes brabançons a tourné la tête à la municipalité. Il a vu un M. de Béthune-Charost « âgé de 20 ans tout au plus, immensément riche, abhorrant l'Empereur, sans aimer notre Révolution » qui lui a prédit que des régiments autrichiens tout entiers sont disposés à déserter 76

Lettre 11. — Biron a M. de Talleyrand. — Apprend que M. de Ségur va en Prusse et voit, par là, que M. de Lessart veut faire déclarer la Prusse, l'Autriche et la Suisse contre nous. Il déplore encore une fois l'envoi de M. de Barthélémy en Suisse ; il défie « les princes » de faire un plan plus contre-révolutionnaire que celui-là ... 80

Lettre 12. — Biron a M. de Talleyrand. — Il a attendu hier en vain, Narbonne, qui sera ce soir à Douai, où M. de Rochambeau ira le joindre. Tous deux se rendront ensemble à Lille 81

Lettre 13. — M. de Walkiers a M. de Biron. — M. de Béthune-Gharost, « celui qui a épousé M"« de Sully » s'est mis en tête de jouer un rôle et de se faire élire souverain des Belges. Les patriotes ne le suivront pas dans cette voie. Il ne leur suffit pas de changer de maître ; ils veulent un gouvernement libre, populaire et fédératif. Il serait maladroit de chasser les partisans de Béthunc qui passent en France ; il serait impoli tique de les recevoir en trop grand nombre à cause de leurs idées trop opposées à la Révolution. « Pesez tout cela » . . 82

Lettre 14. —Biron a M. de Narbonne.— Il a vu M. Crawford qui vient de Bruxelles, où l'on croit que les princes ecclésiastiques renverront les émigrés. On s'attend à cette décision à Coblentz. Demande d'être employé à Dunkerque. Il prépare un mémoire sur la cavalerie, « qui en a bien besoin » 84

Lettre 15. — BmoN a M. de Talleyrand. — Envoie sa lettre par Jarry, qui croit possible encore d'agir sur le roi de Prusse. M. de Lessart lui parait extrêmement coupable. Au contraire Narbonne est « d'une perfection inconcevable »;les troupes sont enchantées de lui. Biron est convenu avec lui que si Lafayette refuse le commandement de la troisième armée, il le prendrait. Il voudrait bien aussi Dunkerque, où il pourrait se distinguer au cas d'une tentative sur Ostende. Si M. d'Elbhecq désire rester à Dunkerque, Biron prendra une division dans l'armée de M. de Rochambeau. Ce qu'il préfère à tout c'est d'aller en Corse quand la guerre ne sera plus à craindre. . . • 86

Lettre 16. — Biron a M. de Walkiers. — Dit qu'on travaille beaucoup nos soldats à Valenciennes : soupçonne Béthune d'être l'auteur de ces menées. On lui a dit que Walkiers voulait lever une légion : il met son influence auprès de Narbonne au service de son correspondant pour mener à bien ce projet 8^

Lettre 17. — Biron a M. de Talleyrand. — Dit qu'il vient d'être malade de la jaunisse. Continue à jouir de la confiance de Rochambeau de la façon « la plus tourmentante ». Il a causé, la veille, avec le maréchal, et a reconnu que Narbonne ne pourrait rien faire pour lui de ce que désirait Biron. Il lui faut renoncer à Dunkerque, à l'armée des Ardennes, au commandement de l'armée de réserve « que Narbonne lui avait offert ». Sera parfaitement content si on le laisse aller en Corse. Prépare

une Inslriiclion pour la cavalerie et une i)our les avantpostes ; va les envoyer incessamment à Narbonne . . 90

Lettre 18. — Biron a M. de Narbonne. — Lui envoie Ij tableau des olFicicrs des V et 16" divisions. Propose de lever des compagnies franches pour recevoir les déserteurs ; demande ({u'on lui donne les nominations «ux emplois dans ces compagnies. S'est occupé des gardes nationales que Narbonne désire créer. Conseille à Narbonne de s'occuper de l'Etat-major général et des adjudants généraux. Ce corps était mal composé; on y avait introduit toutes les nullités provenant de la guerre d'Amérique. — Il y a en ce moment à l'armée du Nord nombre d'officiers de troupe qui feraient d'excellents officiers d'Etat-major ; ce sont d'ailleurs eux qui font tout le travail ; il serait regrettable qu'on ne pût les nommer. — Lui parle de la dépréciation des nouveaux sous avec lesquels on fait le prêt. — M. d'Elbhecq reste décidément à Dunkerquc ; M. de VVittgenstein se trouve bien maintenant dans les Ardcnnes, il faut l'y laisser. Il ne lui reste plus que la place de M. de la Roque à Arras ; si elle n'est pas libre il devra continuer à servir comme aide de camp secrétaire de M. de Rochambeau. Cette situation ne vaut pas «son repos»; il préfère encore aller en Corse 92

Lettre 19. — Talleyrand a M. de Biron. — M. de Jarry part pour la Prusse. Si l'Empereur tergiverse, on tiendra le traité de 1756 comme rompu. — Lui annonce qu'il part lui-même pour TAngleterre avec une mission. Il a proposé Biron pour ce poste : on a répondu qu' « un ami de M. le duc d'Orléans ferait mauvais effet dans le moment actuel ». — En partant pour Londres Talleyrand passera à Valenciennes pour voir Biron. — Narbonne arrive ce soir ou demain matin. Talleyrand a dit à Jarry, qui part pour Berlin, de passer par Worms, de façon à l'empêcher de voir La Marck 97

Lettre 80. — Biron a M. de Talleyrand. — « M. de Lessart les trompe, ou plutôt les trahit. » La nomination de M. de Ségur a « détruit tous les moyens » ; au contraire celle de M. de Talleyrand à Londres est une mesure excellente. — Biron est indigné du « ménagement criminel qu'a le Ministère pour les nouveaux royalistes » puisqu'on n'ose donner «aux bons citoyens les commissions auxquelles on les croit propres ». Comme ce n'est pas ainsi qu'il entend la liberté il ne veut plus

servir ni en France ni en Corse. Il enverra à l'Assemblée sa démission motivée, mais il attendra le temps nécessaire pour qu'on ne puisse accuser Talleyrand d'avoir commis une indiscrétion 100

Lettre 21. — Walkiers a M. de BmoN. — Il a vu hier

M. de Béthune-Gharost qui est venu le prier de ne pas

le contrarier dans ses desseins qui sont sans doute

de faire une révolution aux Pays-Bas à son profit et à

> celui des prêtres et des nobles. Il n'a pas pu se défendre de l'entendre. Cependant il croit les moyens de M. de Béthune insuffisants. On sera bientôt éc'airci sur les desseins de l'Empereur ; s'il ne renforce pas son armée des Pays-Bas et du Brisgau, c'est qull ne veut rien faire Î03

Lettre 22. — Nareonne a M. de Biron. — Il fera pour Sheldon tout ce qui sera possible lOîl

Lettre 23. — Biron a M. de Narbonne. — Insiste pour qu'on le laisse aller en Corse. On travaille beaucoup les soldats de l'armée du Nord pour les déterminer à refuser les assignats. Lui demande des ordres pour que les officiers généraux puissent toucher leurs appointements là où ils sont employés 105

Lettre 24. — Biron a M. de Narbonne. — On travaille toujours la garnison pour la question des assignats. Les bouchers de Valenciennes ont voulu augmenter le prix de la viande et il en eot résulté une très gcande fermentation dans les esp^nts. Il serait dangereux de payer plus longtemps en assignats comme on l'a fait jusqu'ici. Sa situation à l'armée du Nord, avec M. de Rochambeau qui l'accable de plus en plus de travail, devient intolérable. Il vient de voir « avec une colère épouvantable », sur le nouvel Etat militaire qu'il n'est pas employé en Corse, il le supplie de l'y envoyer . . 107

Lettre 25. — Biron a M. de Narbonne. — M. de Rochambeau part demain pour Paris et le laisse à Valenciennes. Rien ne pouvait 1^ contrarier davantage. Il lui demande de l'envoyer en Corse dès que les bruits de guerre seront apaisés 110

Lettre 26. — Talleyrand a M. de Biron. — Lui annonce qu'il sera à Valenciennes le 18 au soir et qu'il lui porte une commission de quatre mille chevaux à acheter en Angleterre 111

Lettre 27. — Narbonne a M. de Biron. — Lui annonce

qu'il est nommé lieutenant général et qu'il l'envoie poiH' iiuit jours en An^çlctorrc. Il trouvera bien moyen d'avoir Dunkorquc pour Biron ; mais il no veut pas trouver celui de l'envoyer en Corse. Pour les adjudants généraux, les généraux pourront en employer tant qu'ils voudront ; Biron pourra, par conséquent, mettre en activité tous ceux qu'il jugera à propos 11?;

Lettre 28. — Narboxne a ^L de Biron. — Est fort étonné du prix dont lui parle Biron pour les chevaux ; le major Maitland avait dit que ce serait l^eaucoup meilleur marché. C'est seulement quand cette question sera réglée qu'il pourra envoyer à Biron les crédits nécessaires. Il va demain à l'Assemblée et donnera sa démission si l'on ne lui donne pas tout ce qu'il demande pour faire la guerre 114

Lettre 29. — (Note remise a M. de Talleyrand). — La France est à la fin d'une crise terrible, mais elle peut se relever aussi solidement que rapidement. L'Angleterre, dans un brillant état de prospérité, est entourée de dangers de toute espèce. Elle peut perdre ses colonies d'un moment à l'autre. Ces deux Etats ont intérêt à se rapprocher. La France manque d'argent et de crédit; la prospérité de l'Angleterre est fondée sur un giand commerce et un prodigieux crédit ; mais l'un et l'autre peuvent lui manquer d'un moment à Fautre. Nous pouvons dire à l'Angleterre : « Soyez avec nous, ou nous serons contre vous. » Nous appuierons cette déclaration de l'armement d'une flotte formidable. Biron s'engage à la rassembler et à la pourvoir d'ofliciers. D'ailleurs cette escadre ne sortira pas de nos ports; le seul avis qu'elle est prête à appareiller engagera l'Angleterre à nous écouter llfr

Lettre 30. — Biron a M. de Narbonne.— On l'a trompé dans la question des chevaux. Le chevalier Maitland pensait qu'il fallait envoyer les acheter en Irlande. Biron estimait, au contraire, préférable d'enlever d'abord tout ce qu'il y avait chez les marchands de Londres, et ce chiffre était considérable. Il s'était déjà entendu, à cet égard, avec Tattersall qui devait lui en livrer quatre mille pour vingt-huit à trente livres sterling, par tête. En empruntant aux maisons de Banque de Loadres, une somme double de celle qu'on devait employer à l'achat des chevaux, on aurait pu avec des opérations de change, rembourser les prêteurs en faisant sur les prix de vente des chevaux un bénéfice important 12o

Lettre 31. — Narbonne a M. de Biron. — Lui dit que toute réflexion faite, il renonce à acheter des chevaux. Les moyens proposés par Biron pour esquiver le change sont ingénieux, mais l'Assemblée ne les approuverait pas. Tout est de plus en plus à la guerre; on attend la réponse de l'Empereur 123

Lettre 32. - Biron a M. de Naruonne. — Se plaint amèrement de la course inutile que Narbonne lui a fait faire en Angleterre. L'idée d'acheter des chevaux dans ce pays où ils sont plus chers que partout ailleurs, était bizarre ; mais Biron avait pensé qu'une nécessité inéluctable forçait à cette mesure. Il part donc, manque l'affaire par suite du secret non gardé, et n'aboutit qu'à se faire arrêter et jeter en prison, sur la demande de ses créanciers anglais. Narbonne lui demande où il veut être employé ; Biron ira où l'on voudra, il n'a de préférence que pour la Corse 126

Lettre 33. — Narbonne a M. de Biron.— Va lui donner le commandement d'une Légion; que Biron négocie avec le comte d'Harville pour que ce dernier lui cède le commandement à Valenciennes 131

Lettre 34. — Biron a M. de Narbonne. — Il acceptera le commandement d'une Légion, puisque cette situation est compatible avec son grade de lieutenant-général. Il accepterait aussi le commandement des troupes rassemblées sur les frontières du Piémont. Il est également disposé à prendre à M. d'Harville le commandement de Valenciennes « étant à peu près sûr que Cambrai lui conviendra autant ». Demande des détails sur l'organisation des nouvelles Légions 132

Lettre 35. — Biron a M. de Narbonne. — On travaille toujours la garnison de Valenciennes. Demande à Narbonne d'écrire à Rochambeau qu'il n'a pas sollicité la mission en Angleterre 133

Lettre 36. — Biron a M. de Narbonne. — Annonce qu'il se prépare dans les troupes autrichiennes un grand mouvement de désertion, qui nous amènera « des corps entiers avec armes et bagages ». 11 y a bien le cartel, qui défend de recevoir les déserteurs, mais on exciterait un vif mécontentement dans les populations en s'y conformant. — Sept soldats du 12® à Condé viennent de déserter. — Biron attend la nouvelle Instruction de discipline militaire ; il craint qu'elle contienne des prescriptions inutilement gênantes pour le soldat .... 134

Lettre 3 7. — Le MAniîcHAi. de Rociiamubau a M. de BiuoN. — L'invite à faire une enquête sur les faits d'emhauchaj^e qui se sont passés à Maubeuge (affaire de M. de Quigny) 136

Lettre 38. — Biuon a M. i,b maréchal de Rochamoeau. — Lui apprend que le tribunal d'Avesnes a prononcé son jugement dans l'affaire de Maubeuge. Sept hommes du 12", à Gondé, viennent de déserter 137

Lettre 39. — Biron a M. de Narbonne. — Se plaint qu'on fasse quitter l'armée du Nord au duc de Chartres et au régiment qu'il commande, parce que ce colonel est patriote. Il y a lieu de rapporter la mesure 138

Lettre 40. — Biron a M. de Grave. — Accuse réception du nouveau Règlement de discipline. Ne peut le distribuer parce qu'il manque 7 à 8 pages à un exemplaire 140

Lettre 41. — Biron a M. de Talleyrand. — Réflexions sur la mort de l'Empereur Léopold II. L'alliance avec l'Angleterre est nécessaire et possible. Il faut réduire les armées du Centre et du Rhin à la défensive, et renforcer l'armée du Nord pour qu'elle puisse, le cas échéant, prendre l'offensive 141

Lettre 42. — Biron a M. Dumouriez. — Se réjouit de le voir ministre, car ses principes à lui Biron, ont toujours été ceux de Dumouriez. Un rapprochement avec l'Angleterre est indispensable ; on l'obtiendra en la menaçant. Un autre moyen de réussir est de réduire à une « forte et excellente défensive les deux armées de MM.de Luckner et de Lafayette » et de renforcer l'armée du Nord pour la porter à l'offensive si l'empereur d'Allemagne a des velléités belliqueuses 152

Note 43. — Biron a M. Dumouriez. — Écrit à Dumouriez pour lui envoyer sa lettre à M. de Grave 156

Lettre 44. — Talleyrand A M. de Biron. — Considération sur l'influence que doit avoir la mort de Léopold II sur la politique de l'Europe. Lui demande ses projets. L'avertit qu'il compte retourner en Angleterre vers le 10 ouïe 12 avril 157

Lettre 45. — Le maréchal de Rochambeau a M. de Biron. — Lui écrit à Paris qu'il vient de remettre à M. de Lafayette la 2® division de l'armée du Nord « pour le mettre à portée d'aller à l'offensive contre les princes

d'Allemagne, si les circonstances l'exigent ». Dispositions nouvelles prises par le maréchal pour la répartition de l'armée du Nord 159

Lettre 46. — Biron a M. le maréchal de Rochambeau. — Redoute que si l'on diminue trop l'armée du Nord elle ne puisse plus donner d'inquiétude à l'Empereur, 161

Lettre 47. — Talleyrand a M. de Biron. — Annonce le départ de M. de Wittgenstein pour l'armée du Midi. Dumouriezmet beaucoup d'activité dans son département, mais ses dépêches « n'ont pas assez de noblesse de style ». Les fonds publics montent « avec une facilité étonnante ». Gela doit effrayer les émigrés « au moins autant que nos armées » 162

Lettre 48. — Dumouriez a M. de BmoN. — Le remercie de ses lettres du 18 et du 24. Il y a longtemps que leurs « opinions et leurs sentiments s'accordent » ; « aussi garde-t-il précieusement les réflexions de sa let- « tre du 18 ». Grâce à la désertion, Biron commandera bientôt « une armée autrichienne, dont il se servira parfaitement contre les despotes » 163

Lettre 49. — Biron a M. Dumouriez. — N'a d'autre ambition que de servir la chose publique. Le ministre peut l'employer là où il jugera convenable. Le Midi, qu'on lui a offert, eût été un poste difficile, et il y a renoncé d'autant mieux qu'il se croit indispensable à M, de Rochambeau et à l'armée du Nord. Le maréchal, est, paraît-il, gravement malade. S'il ne revenait pas, ce serait « un malheur incalculable ». Est étonné qu'on ne renforce pas l'armée du Nord pour « la porter à l'offensive ». Lui recommande son ancien secrétaire M. de Mazade 165

Lettre 50. — Le maréchal de Rochambeau a M. de Biron. — Le plan de Dumouriez est de donner la partie offensive des opérations à Lafayettc : cette « guerre révolutionnaire est plus dans son genre ». Quant à !

l'armée du Nord, avec sa gauche à Valenciennes, ga '

droite à Famars, la Rhonelle derrière elle, elle sera dans une « position respectable ». Un catharre et une enflure des jambes le retiendront à Paris encore une semaine 169

Lettre 51. — La Gravière a M. de Biron. — Demande les renseignements nécessaires pour obtenir les déserteurs du 12« d'infanterie, qu'il a l'ordre de réclamer.

tarlf: analvtiuue des matiehes 323

Les travaux de Naimir sont termiiu's. Les troupes autrichiennes destinées au lirisgau ont déjà reçu leur gratilieation de campaji;ne 172

Lettre 52. — BmoN a M. de Talleyrand. — Notre pays doit renoncer à intriguer en Allemagne. La France n'a ni secours ni argent t\ promettre aux autres puissances ; elle ne peut que leur faire du mal. Il est nécessaire de menacer le Brabant si on veut inquiéter l'Kmpercur, et pour cela, il Tant renforcer l'armée du Nord. Ur, cette armée est très insuffisante, même pour réparer un échec possible de M. de Lafayette. Ses affaires (d'argent) avec son père ne s'arrangent pas. On dit que Chauvelin va être ministre en Angleterre ; on ne pouvait faire un meilleur choix 173

Lettre 53. — Biuon a M. le maréchal de RocuAMnEAr. — Ne regrette pas la seconde division et pense qu'elle sera bien à l'armée du Centre, mais l'armée du Nord doit être assez forte pour pouvoir prendre l'offensive. Il regrette de voir le sort de la campagne dépendre de Lafayette. Les soldats ont réclamé hier contre les assignats; il est parvenu àleur faire prendre encore patience, mais il lui paraît indispensable de « leur donner leur décompte en argent » si l'on veut éviter des ennuis. . 178

Lettre 54. — La Graviùre a M. de Biron. — Demande les noms, etc., des déserteurs à réclamer 180

Lettre 55. — Biron a M. de Grave. — Expose la nécessité de payer le prêt du soldat en argent et non en assignats. Le paiement actuel est une source continuelle de troubles et il vient d'en survenir d'assez graves à Valenciennes. Il a pu parvenir aies apaiser, mais il ne croit pas pouvoir réussir aussi bien, si les mêmes excitations se renouvellent 181

Lettre 56. — BmoN a M. de la Gravière. — Il lui mande qu'on lui envoie les renseignements relatifs aux déserteurs. Le remercie de le tenir au courant de ce qui se passe en Belgique 184

Lettre 57. — Dumouriez a M. de Biron. — Que Biron ne se plaigne pas de la seconde division enlevée à l'armée du Nord; cette armée aura, quand même, l'occasion de se distinguer. Si le baron de Kaunitz répond comme on le pense, c'est la guerre ; mais, sans l'attendre, Biron peut d'ici huit jours recevoir tous les déserteurs qui se présenteront. Qu'il les envoie à Paris

où leur « promenade fera beaucoup meilleur effet que celle des Ghâteauvieux » 185

Lettre 58. — M. de Grave a M. de Biron. — Presse le comité militaire pour la solution des questions pendantes ; n'aboutit pas 187

Lettre 59. — Dumouriez a M. de BmoN. — Le prie de prendre Le Vasseur pour aide de camp. Lui demande d'envoyer à Paris des corps entiers de déserteurs « tout armés et tout vêtus » pour les promener comme les Ghâteauvieux , 188

Lettre 60. — Biron a M. Dumouriez. —Accepte Le Vasseur avec plaisir. Ne regrette pas l'armée du Midi. A vu avec peine qu'on enlevait M. de Chartres à l'armée du Nord. Redoute que la santé de M. de Rochambeau l'empêche de revenir prendre son commandement à Valenciennes. Biron trouve le poste trop lourd pour ses épaules. Il servira partout en second, sauf sous M. de Grillon. On travaille toujours beaucoup les troupes; voudrait bien causer, ne fut-ce que vingt-quatre heures, avec Dumouriez, mais la situation est trop tendue à Valenciennes pour qu'il puisse quitter, même un instant. Regrette qu'on n'ait pas donné le rôle offensif à l'armée du Nord. Demande de l'argent pour l'espionnage. Annonce de nouvelles désertions dans Royal- Suédois 189

Lettre 61. — Biron a M. de La Gravière. — Annonce la désertion de trois caporaux de Royal-Suédois. Demande s'il est exact que le gouvernement autrichien ait un corps spécial pour recevoir nos déserteurs . . 196

Lettre 62. — Talleyrand a M. de Biron. — Rochambeau est trop malade pour retourner à Valenciennes. Que Biron prenne ses dispositions pour faire envoyer à d'autres armées tout ce qui est plus ancien que lui à l'armée du Nord, de façon que, Rochambeau manquant, il puisse prendre le commandement par droit d'ancienneté. Dumouriez est toujours et « plus que jamais à l'idée d'attaquer ». Assassinat du roi de Suède ; il n'en mourra pas . 197

Lettre 63. — Biron a M. de Talleyrand. — Si Rochambeau ne revient pas, on pourrait le remplacer par Luckner. M. de Choisy serait encore «n bon choix. Après Choisy, Biron ne voit plus que lui-même à proposer. Il servira, d'ailleurs, sous les ordres de n'im-

porte qui, sauf sous ceux de M. de Grillon. Les officiers de rarmcc du Nord n'ont point encore l'ordre de faire leurs équipajçes; il faut payer en argent, car les officiers n'ont aucun moyen personnel, et les assignats tombent tous les jours de plus en plus. . . 198

Lettre 64. — La Gravière a M. de Biron. — Accuse réception de l'état des déserteurs. Dispositions défensives en Belgique ; camp à Falmagnc. On travaille ici (Bruxelles) à faire un accommodement avec les Etats du Brabant 202

Lettre 65. — Dumouriez a M. de Biron. — Lui adresse M. de La Hogue qui va acheter des fusils 204

Lettre 66. — Biron a M. Dumouriez. — A vu M. de La Hogue. Envoie à Paris son aide de camp (à lui Biron) M. de Beauharnais 204

Lettre 67. — Biron a M. de Talleyrand. — Lui signale le départ de Beauharnais pour Paris 206

Lettre 68. — La Gravière a M. de Biron. — Encore à propos des déserteurs. Causes de l'attentat contre le roi de Suède. Vient d'être rappelé ; expose à Biron ses droits, sa situation précaire et le prie de le recommander à Dumouriez 207

Lettre 69. — Biron a M. de La Gravière. — Fera sa commission près de Dumouriez 209

Lettre 70. — La Gravière a M. de Biron. — Lui expose sa situation pénible, le prie encore une fois de l'appuyer près de Dumouriez. Parle de l'opinion en Belgique ; elle est entièrement pour la défensive. On estime que l'offensive ne serait bonne contre les Français qu'au cas où ceux-ci franchiraient la frontière et « combattraient hors de leurs foyers » 209

Lettre 71. — Beauharnais a M. de Biron. — A vu Dumouriez. Le plan primitif est changé suivant ses désirs. L'armée du Nord sera offensive ; on va former une division de 20.000 h. dont Biron aura le commandement pour des opérations actives. Les officiers vont recevoir l'ordre de faire leurs équipages. L'opinion est encore que M. de Rochambeau ne pourra quitter Paris à cause de sa santé; dans ce cas, ce serait Biron ou d'Estaing qui prendrait le commandement en chef. Il a passé (lui Beauharnais) la soirée avec Sieyès, Condorcet et les députés de Bordeaux ; tous voudraient lui voir la première place à

rarmée du Nord, Montesquieu va à l'armée du Midi à

la place de VVittgenstein, Narbonne se porte mieux . . 211

Lettre 72. — Biron au général de Rochambeau (fils) — La réponse du roi de Hongrie est arrivée ; la guerre paraît imminente 214

Lettre 73. — Biron a M. de La Gravière. — La réponse du roi de Hongrie vient d'être reçue ; elle est telle qu'elle rend la guerre inévitable 215

Lettre 74. — Dumouriez a M. de Biron. — Il a commencé à remanier le plan d'opérations. L'engage à lui faire passer des déserteurs en nombre considérable ; leur présence aurait le double avantage d'encourager la nation et d' « efîrayer les généraux autrichiens ». S'il faut de l'argent pour les frais d'espionnage, que Biron le lui dise. Il sera inutile de parler de tous ces détails au maréchal de Rochambeau. Au contraire, il serait avantageux que le jeune Rochambeau fût mis dans la confidence. Qu'il soit assuré que Lafayette ne commandera pas l'armée du Nord. Si Rochambeau était trop malade, on y ferait passer Luckner. Quant à M. de Grillon, il ne sera même pas sur les rangs. Dumouriez espère pouvoir bientôt mettre dans les mains de Biron le bâton qu'ont honoré ses pères. ........ 215

Lettre 75.— Biron a M. Dumouriez.— Se plaint du laconisme de M. de Grave. Si on ne paie pas le soldat en argent, il faut s'attendre à des désordres certains et prochains. Biron a déjà mis du monde en campagne pour le plan de désertion, mais on a perdu un temps précieux. Il faudrait, pour réussir, lever des compagnies franches où les déserteurs sauraient trouver place. Biron se chargerait bien de former 30 escadrons de troupes légères où on les emploierait. Il faudrait aussi des compagnies de tireurs exercés, qu'on pourrait opposer aux chasseurs allemands et tyroliens. Il recevra avec plaisir Le Vasseur. Se réjouit de penser que Luckner commandera peut-être l'armée du Nord ; il y vaudra 20.000 hommes 210

Lettre 76. — La Gravière a M, de Biron. — Le renseigne sur les mouvements de troupes en Belgique . . 227

Lettre 77. — Dumouriez a M. de Biron. — Le presse d'activer le plan d'embauchage 227

Lettre 78. — Biron a M. Dumouriez. — Lui apprend que M. de Grave disperse dans l'Aisne, par petits détachements, le régiment du duc de Chartres. Est-ce parce

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