‹ Le Duc de Lauzun (général Biron) 1791-1792Chapitre 9 sur 62 · Archives administratives de la Guerre. Dossier Biron · texte numérisé non relu

Archives administratives de la Guerre. Dossier Biron

ck'^laisscr rintriguc et il ne fut pas plus tôt arrivé à rarince qu'il reprit avec ses amis de Paris les projets plus ou moins chimériques de politique étrangère, qu'il avait élaborés avec eux pendant le règne de la Constituante. Ce fut alors qu'il commença cette correspondance dont la copie a survécu à son auteur et dans laquelle nous pouvons suivre pour ainsi dire au jour le jour, non seulement la conduite de ce personnage étrange, mais la pensée qui dicta cette conduite. Le carnet commence par une lettre adressée à xM. de Narbonne qui venait de prendre, le 6 décembre, le portefeuille de la Guerre dans le ministère Bertrand de Molleville.

De caractères très opposés, d'une valeur morale très différente, Lauzun et Narbonne appartenaient cependant au même monde, fréquentaient nécessairement les mêmes salons et avaient eu forcément des rapports d'où était née une certaine intimité. Il était donc tout naturel que Biron félicitât son ami de la veille, son supérieur d'aujourd'hui, du poste auquel l'appeljait la confiance du Roi :il le fit aussitôt dans la lettre suivante ;

NM. — A M. DE Narbonne, Ministre de la Guerre(l).

A Valenciennes, le 9 Décembre 1791.

J'apprends dans l'instant, mon cher Narbonne, que tu es ministre de la guerre, j'en suis bien aise, parce que ce département exige des soins pressants et actifs, que rien n'est encore perdu quoique tout

1. Comte de Narbonne-Lara, né à Godogno, duché de Parme, en 1755. 11 avait fait de très fortes études, notamment de droit et de politique, sous la direction du fameux professeur Koch, de Strasbourg, et servit ensuite dans Tartillerie. C'était un lettré et un linguiste distingué. Entré dans le ministère de Bertrand de MoUeville, il déploya une activité extrême pour organiser la défense de nos frontières, mais la tâche était audessus de ses forces, et, véritablement, au-dessus des forces humaines. On sait les relations qui l'unissaient, à cette époque, à M""» de Staël. Il paraît, en réalité, avoir été moins l'ami de Lauzun que celui-ci ne le dit dans sa correspondance. Royaliste constitutionnel, il se montra partisan de la guerre, dans l'espoir que des succès militaires fortifieraient la royauté* Emigré en 1792, il erra en Europe jusqu'en 1809, époque à laquelle il rentra en France et fut réintégré dans les cadres de rétat-major général, avec le grade de divisionnaire. Napoléon qui l'appréciait, l'attacha à sa personne en qualité d'aido-decamp et lui confia diverses missions politiques.

Il renvoya notamment à Vilna, au commencement de 1812, pour obtenir de l'empereur Alexandre les conditions impossibles auxquelles il acceptait de ne pas envahir la Russie. Narbonne échoua, comme on sait. Il mourut l'année suivante à Torgau, dont il avait été nommé gouverneur. M. Villemain a consacré à Narbonne la presque totalité du premier volume de ses Souvenirs conlemporains d'histoire et de Uiléraiiire.

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