VIII AVERTISSEMENT
sabilités et toutes les injustices auxquelles l'exposait sa naissance; il a passé à côté des grands rôles quelle aurait pu lui ménager. Souhaité pour roi par les Grecs en 1825, élu roi par le Congrès national de Belgique en 1831, désigné plus lard, parles Chambres françaises, comme régent éventuel du royaume, il n'a été ni roi de Grèce, ni roi des Belges, ni régent de France. Peu de princes régnants ont cependant fait preuve d'un esprit et d'un coeur plus royal, d'un sentiment plus juste de l'autorité, d'une semblable intelligence de la tradition, fondement de tout, progrès, de plus de bienveillance et d'humanité. 11 possédait un tact supérieur, qui le faisait penser, agir, écrire en prime. 11 vivait avec le sentiment constant de l'honneur de la France et du lien qui unit sa race avec la patrie. Quand il date une lettre, en 1870 : <« 9 octobre, jour de Saint-Denis », il résume la méditation qu'il vient de faire, les souvenirs de la France militaire et royale, la douleur de la défaite présente, la douleur de se sentir écarté du péril quand on a le droit et l'habitude d'y être, l'invocation au ciel. Quand, vers la même époque, il parle de l'indépendance du Saint-Siège, il dit : « Le pouvoir pontifical, cet intérêt français de premier ordre. » Quand il est question pour les princes, après la guerre, de rentrer en France, il ne cède point à son violent désir d'exilé qui veut revenir, il examine la condition qui sera faite aux princes après le retour, et se demande d'abord : « La force que