‹ Le duc de Nemours;Chapitre 30 sur 60 · Moniteur du 3 juin · texte numérisé non relu

Moniteur du 3 juin

est accompli, et que dorénavant il y aura toujours un prêtre qui accompagnera notre brave armée dans ses diverses expéditions militaires.

« C'est une grande tranquillité pour mon cœur, car vous savez bien que le salut des âmes de ceux que j'aime est le premier de tous mes vœux... Le roi est aussi content que moi de cet heureux résultat de vos démarches et me charge de vous en remercier... Nous le sommes aussi tous les deux de Theureuse issue de vos négociations pour réchange des prisonniers. Je n'ai pu lire sans un profond attendrissement les détails que nous donnent les journaux sur ce sujet, et votre lettre si touchante. Vous avez agi en père, en vrai apôtre ; je sens combien votre bon cœur a dû jouir, et Dieu bénira de plus en plus vos charitables intentions et le bien que vous faites à la colonie.

« Le roi, à qui j'ai parlé des besoins de ces malheureux, a chargé son secrétaire de vous envoyer mille francs pour leur procurer quelque soulagement.

« Mes deux fils m'ont exprimé le plaisir qu'ils avaient éprouvé de vous voir, et combien vous aviez été bon et paternel pour eux; je vous en remercie et je les recommande de plus en plus à vos bonnes prières. Ils sont un peu tristes d'être séparés l'un de Tautre, mais j'espère que Dieu les protégera.

« Recevez, etc. *

« Marie- Amélie. »

Nommé commandant supérieur du camp de Compiègne, oii sont réunis vingt mille hommes, le duc de Nemours s'installe au château à la fin d'août. Il prend possession de son commandement, inspecte le camp d'Orléans et le camp de Nemours, et dirige les premières manœuvres, puis rentre à Paris pour quelques jours. C'est qu'en effet Paris est en fête, et prépare un retour triomphal au duc

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d'Aumale, qui revient d'Algérie avec le 17* léger. Au milieu d'une foule immense qui acclame les princes et Tarmée, les ducs d'Orléans, de Nemours et d'Aumale traversent Paris le 13 septembre, à la tète du régiment, et tout le monde salue, ou à cause de îeur gloire, ou à cause de leur jeunesse, ou à cause du drapeau, cette réserve de princes qui passe, lorsque, à la hauteur de la rue Traversière, un coup de pistolet est tiré. Le cheval du lieutenant-colonel Levaillant, du 17® léger, est tué ; personne n'est blessé, mais Témotion est grande. Elle rend plus sympathique et plus brillante la fête offerte le soir, dans le parc de Neuilly, aux députations de tous les régiments de Paris et de la banlieue, et à tous les officiers, présents à Paris, qui ont combattu en Afrique *. Quand il reparaît à Compiègne, au lendemain de l'attentat, le duc de Nemours est aussitôt entouré par les officiers de toutes armes, qui viennent le féliciter. Il reprend ses fonctions, et bientôt se succèdent, pour terminer les manœuvres, plusieurs des plus belles fêtes militaires qui aient été données sous le gouvernement de Juillet : 24 septembre, réception, au camp, du roi, de la reine et du maréchal Soult, président du Conseil, ministre de la Guerre ; 26 septembre, revue passée par le roi et distribution des drapeaux à seize régiments nouveaux; 29 septembre, manœuvre générale devant le roi ; l'" octobre, nouvelle revue et remise des décorations. Le soir de ces jours de revue ou de manœuvres, il y a grand couvert au château, réception, concert ou représentation donnée par les artistes de TOpéra-Comique. Toutes ces fêtes sont réglées avec magnificence, et, Ton peut dire, dans le meilleur style royal, et il suffît d'en lire la description pour comprendre le mot du vieux comte Werner de Mérode, qui disait, de longues années après : « Si on

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