W. G. 239, 2'41, 242 ; 0. V. III
2 Ph. Lauer, Louis d'Oulremer, 101.
K Dudon, 246.
■' W. G. 26H. L'édition de Duchesne porte, sans doute par erreur, « Gislebertus Oct-nsis cornes, filius Godefridi ». Gislebert fils de Godefroi n'était pas comte d'Eu, mais de Brionne, 0. V. II, 369, III, 340.
bert et Osberne, par leur naissance et par leurs possessions territoriales, occupaient dans le Duché une place considérable. Ils ne purent cependant maintenir la paix dans le pays et périrent tous deux sous les coups des assassins.
En réalité, au x" et jusqu'au milieu du xi^ siècle, l'organisation centrale du Duché n'était pas suffisamment perfectionnée pour permettre l'établissement d'un gouvernement régulier lorsque le souverain n'exerçait pas son pouvoir en personne. La minorité de Richard P"" et celle de Guillaume le Bâtard furent des périodes d'anarchie qui faillirent compromettre l'existence delà puissance normande.
Tout au contraire, avant de partir pour l'expédition d'Angleterre, Guillaume organisa un Conseil de Régence extrêmement puissant qui sut faire régner le bon ordre dans le pays pendant l'absence du Duc. Guillaume confia le gouvernement à sa femme Malhilde' et lui adjoignit un conseil composé, nous dit Guillaume de Poitiers ^ d'hommes expérimentés et présidé par Roger de Beaumont réputé pour sa sagesse et la largeur de ses vues. Bien que le pays fût à peu près « vide de chevaliers )),les voisins n'osèrent pas franchir la frontière et la paix ne fut point troublée.
Un peu plus tard, à la fin de 1067, Guillaume adjoignit à Mathilde son fils aîné, Robert Gourteheuse, encore enfant^ De 1070 à 1071^ Guillaume Fils-Osberne assista Mathilde dans le gouvernement de la Normandie*.
Le départ de Robert Gourteheuse pour la Croisade ne donna pas ouverture à la Régence, le Duché ayant été engagé à Guillaume le Roux qui prit en main l'administration du pays.
A partir du règne de Henri P"", le gouvernement de la province, par des délégués du Duc, devint un fait normal. On
1 Bref de Guillaurne le Conquérant adressé à la reine Malhilde, demeurée en Normandie, Round's Calendar, n» 1175.
♦ Ibid., 234.
étudiera les pouvoirs de ces fonctionnaires dans le paragraphe relatif au Sénéchal de Normandie.
SectioiN III. — L'administratioti locale.
On a vu ' que les divisions administratives de la Normandie en usage aux x® et xi^ et jusqu'aux premières années du xii® siècle étaient exactement les mêmes que celles qui existaient sous l'Empire romain. Seule, la qualification des divisions avait changé, les civitates avaient fait place aux comitatus. De plus, l'une des civitates, la Metropolis civitas Rothomagensium s'était fragmentée en quatre comtés qui étaient le Comitatus Rothomagensis ou Roumois, le Comitatiis Calciensis ou Pays de Gaux, le Comitatus Vilcassinus ou Vexin, enfin le Comitatus Todelensis ou Talou.
Les documents sur l'administration locale de la Normandie aux x^ el xf siècles sont assez rares. Nous savons par les souscriptions des chartes et par les historiens, qu'à la tête de chacun des Comtés se trouvait un vicecomes. La charte de l'abbaye de Bernay, datée à Fécampde l'année 1027 % porte les signatures de dix vicomtes, parmi lesquels trois peuvent être identifiés avec certitude : Goscelin, vicomte de Talou, Néel, vicomte du Gotentin, Turstain Goz, vicomte del'Hiesmois.
Nous n'avons sur les attributions de ces officiers que des données peu précises. Tout porte à croire qu'ils concentraient entre leurs mains tous les pouvoirs administratifs, judiciaires et militaires \ Ils collectaient également les revenus du Gomté et en devenaient comptables vis-à-vis du Trésor. Un passage d'Orderic Vital relatif à Robert de Bellôme nous montre qu'il en était ainsi au début du xif siècle'.
« F. 1 et note 3.
» V. Canon I du Concile de Lillebonne, 0. V. H, 316.
* Robert de Bellêmeest cité par Henri !«' devant sa Cour pour répondre o car de regiis redditibus ad vicecomitalum Argentomii et Oximorum, Falesieeque pertinentibus, ut régis vicecomes el ofticialis, rationem non reddiderit ». 0. V. IV, 305.
Au X* siècle, les fonctionnaires étaient sans doute nommés par le Duc et révocables à sa volonté. Cependant, peu à peu, obéissant à la loi générale de l'époque qui transformait tous les offices en fiefs, les fonctions des vicomtes devinrent héréditaires. Nous en avons la preuve pour les vicomtes du Gotentin, pour ceux de l'Avranchin, du Bessin et de l'Hiesmois dont les offices, pendant Vxi' siècle etjusqu'au milieu du xii' siècle, étaient transmissibles de père en fils et même par succession collatérale'.
Le Comté était-il lui-même partagé en centaines suivant la vieille division administrative qui remontait à l'époque franque? La seule charte que nous ayons conservée de Richard P"" tendrait à nous le faire croire, car il y est par deux fois fait mention de centeniers^ Cependant, nous n'avons rencontré nulle part ailleurs le terme de « centenier ». D'autre part, nous n'avons trouvé qu'une seule mention de
« o) Roger I sous'Richard l".
Néel I t 1040 ou 1042.
Néel II t août 1092.
Néel m Roger II.
Après la mort de Roger (1138) le titre de vicomte du Cotentin passa dans la famille des TaissoD. L. Delisle, Hisl. de Saint-Sauveur-le-Vicomte, p. 1 et ssq.
b) Hugues I vicomte d'Avranches, puis comte de Chester -J- 1101. Richard, vicomte d'Avraoches, comte de Chester -j- H20,
La vicomte d'Avranches et le comté de Chester passent par droit héréditaire à Renouf de Briquessart, vicomte de Bayeux, cousin de Richard (0. V. [V, 422).
c) Renouf de Briquessart, vicomte de Bayeux dès avant 1047.
Renouf de Briquessart, vicomte de Bayeux, et à dater de 1120, vicomte d'Avranches et comte de Chester f 1153.
Huges, vicomte de Bayeux et d'Avranches, comte de Chester.
d) Roger de Montgommery, vicomte d'Exmes vers 1050.
Robert de Bellême, vicomte d'Exmes, emprisonné en H12 et mort en captivité. 2 Charte en faveur de l'Abbaye de Saint-Denis en France, H. F. IX, 731.
Valin. 7
la centaine. Elle se trouve dans une charte de Henri I*"" pour labbaye de Saint-Pierre-sur-Dives'. De ces deux exemples particuliers, il paraît difficile de conclure à l'existence dans tout le Duché, au x* et au xf siècles, d'une division administrative dont il n'existe aucune trace à l'époque postérieure.
Les vicomtes étant devenus héréditaires constituaient un obstacle considérable à l'action centralisatrice des Ducs. Ne pouvant leur ôter leur titre, non plus que les profits pécuniaires qui y étaient attachés, les Ducs s'efforcèrent de leur retirer peu à peu leurs attributions et les donnèrent à d'autres officiers révocables et probablement nommés à temps.
Guillaume le Conquérant dut, vers la fin de son règne, créer des emplois de vicomtes dans des lieux oii il n'en existait pas autrefois. On constate pour la première fois vers cette époque l'existence à Orbec d'un vicomte chargé d'attributions judiciaires ^ Sous Henri I*', on rencontre un vicomte au VaudreuiP.
Sous le règne de Geoffroy Plantagenet apparaissent les premières baillies*. Cette appellation de baillia comme d'ailleurs celle de Bailiivits n'a pas dans le latin anglonormand duxif siècle, une signification précise. Elle désigne à la fois la fonction qu'exerce l'officier qui commande à une circonscription territoriale, et la circonscription territoriale elle-même. L'officier sera soit un justice^ soit le connétable d'uneplace forte*, soit un vicomte, soit le connétable
• G. Chr. Instr. col. 156.