‹ Le duc de Persigny et les doctrines de l'empireChapitre 17 sur 54 · ADMINISTRATION HOSPITALIERE · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION HOSPITALIERE

Si , de l'administration départementale et communale, je passe maintenant à ce qui touche l'assistance publique, j'ai à vous signaler, Sire, les décrets du 23 mars et 17 juin 1852, relatifs à l'organisation nouvelle des commissions administratives des hospices et hôpitaux et des bureaux de bienfaisance, et le décret du 2 février 1853, qui place les sociétés de charité maternelle sous la protection de SalSIajesté l'Impératrice, dont la générosité s'est manifestée à leur égard par un don de 100,000 francs. Pendant les années 1852 et 1853, l'attention de votre gouvernement s'est aussi portée sur les enfants trouvés: une circulaire du 7 août 1852 traite des conditions dans lesquelles ils peuvent être employés à la colonisation de l'Algérie; une autre circulaire, en date du 17 décembre suivant, a pour objet la répartition de la somme de 200,000 francs affectée par Votre Majesté au retrait, par leurs familles, des enfonts trouvés et abandonnés à la charge des hospices.

Si des crédits montant ensemble à 8 millions ont été ouverts par Votre Majesté pour procurer du travail aux ouvriers inoccupés, les indigents non valides n'ont pas été oubliés ; par décret du 16 janvier dernier, vous avez alloué aux établissements de bienfaisance une somme de deux millions.

L'exécution du décret du 26 mars 1852, relatif aux sociétés de secours mutuels, généralise de plus en plus les bienfaits de cette institution. Plus de six cents sociétés

ont di'jà ete approuvées, et la commission supérieure d'encoura(j,ement et de surveillance pourra bientôt signaler à Votre Majesté près de quatre cents nouvelles demandes d'approbation.

J'appellerai é(;alement l'attention de Votre Majesté sur les heureux résultats qu'a produits l'application de l'arrêté du 20 avril 1853, qui a organisé à Paris le service du traitement des malades à domicile et l'a confié à des médecins rétribués.

Retenir les indigents ou les ouvriers nécessiteux dans leur demeure, au milieu des soins et des affections de la famille, en leur procurant les secours qu'exige leur état de maladie, tel est le but principal de cette institution. Depuis le 1'"^ janvier 1854, date de sa mise à exécution, jusqu'au 31 mars dernier, les inscriptions pour le traitement à domicile se sont élevées, dans les douze arrondissements de Paris, à 7,179. Dans ce nombre figurent 3,524 personnes non inscrites sur les contrôles des bureaux de bienfaisance, et qui, sans l'organisation du nouveau service, seraient restées sans secours ou seraient tombées à la charge des hôpitaux. A côté du traitement à domicile se trouve placé le service des consultations gratuites pour les personnes atteintes d'affections légères. Pendant le premier trimestre de 1854, ces consultatioiis ont atteint le chiffre de 24,005.

De semblables résultats, obtenus dès le début de cette institution, attestent son utilité, et les heureux effets de cette expérience permettent d'espérer que ce nouveau mode d'assistance publique povura être étendu plus tard à toutes les classes indigentes et laborieuses.

CITÉS OrVRiÈRES.

Là ne se bornent pas les mesures prises , depuis deux

ans, par votre gouvernement dans l'intérêt des classes laborieuses. L'effet du décret du 22 janvier 1852, qui affecte un crédit de 10 millions à l'amélioration des logements d'ouvriers, a été rapide et général. De nombreux projets ont été aussitôt mis à l'étude, et dans les départements comme à Paris, plusieurs cités ouvrières ont été construites.

Sept sont aujourd'hui terminées ou vont l'être incessamment; ce sont : à Paris, la cité Napoléon, rue Rochechouart, les bâtiments de la Ghapelle-Saint-Denis, du boulevard Mazas , des Batignolles et de la rue de Montreuil ; en province, la cité de Marseille et les trois cents maisons qui forment la cité modèle de Mulhouse.

Quatre cités nouvelles ont été autorisées à Marseille , Lille et Paris. Les constructions seront établies dans ces deux dernières villes à l'instar de celles de Mulhouse, c'est-à-dire que chaque petite maison destinée au logement d'une ou deux familles au plus formera une propriété séparée dont l'acquisition sera rendue facile aux ouvriers.

Enfin , d'autres projets importants sont à l'étude, et leur exécution pourra être prochainement entreprise.

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