AU MAIRE DE MOMBRISON
Monsieur le maire ' , Messieurs , ce qui me touche et me frappe en voyant une réception si extiaordinaire , ce n'est pas ce qui peut s'adresser à ma personne , ce n'est pas même ce qui s'adresse à im de vos concitoyens , que vous considérez en ce moment comme le représentant de l'Empereur. Ce qui m'émeut au delà de toute expression , c'est de voir inie ville rendant de tels hommages au représentant d'un {jouvernement qui l'a dépouillée d'un grand avantage "*, et qui ne lui a accordé encore aucun dédommagement. {Bravos unanimes et applaudissements . ) Ah ! vous êtes bien de vrais Foréziens par le cœur, par la générosité et le dévouement. [jSouveaux applaudissements.) Vous oubliez vos intérêts pour ne songer qu'à donner l'essora vos généreux sentiments. Mais, si vous oïdjliez vos intérêts, c'est au Gouvernement à V jienser. [Bi-ai'o! brai'o!) C'est à moi à les lui rappeler, au besoin. (Ici l'orateur est interrompu par des applaudissements et des acclamations de Vive l'Empereur ! Vive M. le comte de Pcrsigny !) Aussi, crovez-le bien , si je suis venu au milieu de vous, ce n'est pas pour gratifier ma vanité des splendeurs d'une réception si éclatante et peut-être sans précédents; c'est pour venir connaître vos besoins , c'est pour en conférer avec vos autorités et particulièrement avec votre maire , qui met tant de zèle et d'intelligence h soutenir et défendre vos inté-
1 Pioiioiicée, le 30 août 18f)0, à Sun arrivée à Monthrison.
- M. Léon dp Saint-Puljjeiit.
- Allusion au déplacement du sié{»e de la préfecture.
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rets. {On aitplaïKlit.) Cotnj)tez donc, Messieui's , que je ne iaillirai pas au devoir cjue votre générosité minipose , et que je ne négligerai rien pour aider au bienêtre et à la prospérité de ÎSIontbrison. [Aj)plau(Jisscments bruyants et pî'olcmgés . )
TOAST
AU FOllEZ ET A LA VILLE DE MOMIÎP.LSON ' .
Messieurs, je suis profondément touché des chaleureuses paroles que vient de m'adresser votre honorable député^, ce modèle déloyauté et dedévouement. [Ap/jlaudissements.) Je n'ai pas la faiblesse de croire que les hommages extraordinaires que je reçois dans cette ville s'adressent à ma personne, car ils seraient tellement disproportionnés au peu de mérite que je puis avoir, que ]e ne les accepterais pas. ^lais, comme je vous l'ai dit hier, et comme je me plais à vous le répéter, ce qui me frappe et m'émeut vivement, c'est de voir qu'une ville qui a été dépouillée d'un grand avantage par le Gouvernement de l'Empereur, fait a celui que vous considérez comme le représentant de ce Gouvernement une réception si éclatante. [Applaudissements .) Une conduite si généreuse me pénètre d'admiration et de reconnaissance; il est donc naturel que je m'efforce devons prouver la sincérité de mes sentiments.
J'ai consulté vos autorités et vos représentants les plus autorisés, et surtout votre digne et excellent
' Prononcé, le 31 août 1860, ni li,iiir|iiot offert pai- la ville de Montlirison à M. de Persignv.
- M. Bouclietal-Laroehe.
282 m: dl'C de pp:rsigny.
maire, M. de Saint-Pulgcnt, qui honore ses fondions à un si haut degré {Applaudissements) ; et voici , je crois, vos véritables intérêts. (Mouvemeni nnnyinr d'attention.)
Il vous faut absolument le chemin de 1er qui vous a été positivement j)romis {De toutes parts: Oui, oui, bravo!), et mon premier devoir, mon premier soin, en arrivant à Paris, sera d'aller demander au Gouvernement la déclaration d'utilité publique qui doit, v.w vertu <les contrats existants , inijjoser la proinple exé- <ution de ce tronçon à la compa(j,nie du chemin de 1er. {Bruyants applaudissements.)
Un autre intérêt, intérêt considérable, immense, c'est l'assainissement et la fertilisation de la plaine du Forez, l'our arriver à ce grand résultat attendu avec tant d'imjjatience par notre population, il faut trois choses : l'arrosage, le drainage et le chaulage. {Applaudissements.) Pour faire pénétrer ici l'amendement de la chaux qui dans notre pavs graniti(|ue enfante des miracles, qui a déjà doublé, triplé les produits de la plaine du Roannais, et surtout assaini ce dernier arrondissement, au point d'avoir fait dispaïaître complètement ces terribles fièvres qui naguère faisaient autant de ravages que dans le Forez proprement dit, il nous faut absolument un abaissement des tarifs de transport, car, au prix actuel de 10 centimes par tonne et par kilomètre, il est impossible de songer à cet amendement. Ce sera donc une de mes premières demandes ii faire au (jouvernement {Bravos éclatants et prolongés.), et je ne doute pas qu'il ne soit très-disposé à favoriser un intérêt si considérable. La compagnie, de son coté, j'en suis persuadé, se rendra à une grande considération d'hvgiène publique, 'car la chaux, pour nous, c'est plus (]ue la richesse, c'est la santé. {Apprnhation générale.) L'intérêt véi'itable de la
ALLOCLTIOXS. 283
("onipafjnie est, d'ailleuis, d'entrer dans cette reforme de tarif dont le taux actuel n'est pas seulement une calamité publique pour notre province [Ci-is universels : Oui, oui, t'est vrai !) , mais une j)erte pour la compajjnie qui s'interdit elle-même un élément considérable de trafic par l'exagération de ses tarifs.
Quant au diaiuage et au dessèchement des marais, la première opération est faite ou du moins en train de se faire, grâce au zèle éclairé de M, Thuillier, l'administrateur éminent ([ue l'Empereur a mis à la tète de notre département [Explosion d'applaudissements .) , et à (pii quelques années ont suffi pour exciter j)artout l'émulation, éveiller l'activité, donner une vie nouvelle à tous les services, et tout cela sans blesser personne et en ménageant tous les intérêts. {Applaudissements .)
Pour ce qui est enfin de l'arrosage, après les études de M. Graëff, l'habile ingénieur en chef de notre département, dont le dévouement aussi actif qu'éclairé est un bienfait pour le pays, nous avons acquis la conviction que non seulement ce grand travail sera facile d'exécution, mais qu'il pourra donner des profits importants à la compagnie qui, à défaut du Gouvernement, serait chargée de l'exécution. M. le Préfet m'a soumis des idées pratiques qui ])euvent rendre facile et j)rompte la formation d'une compagnie. (l(/v applaudissements.)
Moi, ^lessieurs, je n'ai jamais patroné aucune compagnie. Mais, pour une entreprise qui intéresse si j)uissamment notre chère province, je souscrirai avec empressement {Applaudissements.); et si mon nom peut aider a la formation d'une compagnie organisée surtout dans notre pays, je serai heureux de contribuer à cette œuvre. {Double salve d'applaudissements.) En un mot, Messieurs, j'offre mon concours pour tout ce qui
j)ourra développer les ressources de notre pays. Unissons nos efforts, nous touchons à de grandes destinées; accomplissons ces {jrands travaux , et nous aurons bien mérité du pavs [Applaudissements .) , car, à la place d'une plaine malsaine et misérable, nous pouvons faire et nous ferons l'un des pays les plus riches, les plus sains et les plus fertiles de l'Europe,
A LA PROSPÉIilTK DU FOREZ ET PARTICULIÈREMENT DE LA
GÉNÉREUSE VILLE DE MONTBRisuN ! [Tonnerre d'applaudissements.)
Messieurs, très-vivement touché des flatteuses j)aroles que vous venez de m'adresser, je remercie la société d'agriculture de Roanne de m'avoir convié à cette fête, et surtout de l'accueil qu'elle a bien voulu me faire. [On applaudit.) Ouant à vous, bons et honnêtes habitants des campagnes, je ne saurais trop vous féliciter des progrès que vous avez faits et du zèle que voils mettez :i mériter les honora])les distinctions du concours. C'est avec une vive sympathie que je vois les efforts que vous faites, car, moi aussi, j'ai connu les rudes épreuves (le la vie. Enfant de ce J)ays, fils d'une famille ancienne, mais ruinée, je suis parti d'ici presque aussi pauvre que vous. [Applaudissements unanimes.) ,1'v reviens aujourd'hui, presque riche, presque \\n personnage suivant les idées du monde, et, daus tous
' Prononcée à Roanne, le l*^"" septembre 18G0, à l'occasion de la dislribiition des primes de la société d'agricnltme.
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les cas, l'un des principaux dijjnitaires de l'État, comblé de tous les honneurs qu'un citoyen puisse recevoir de son pays. Eh bien, mes amis, je vais vous dire mon secret : dévouement à une idée et persévérance. {Applaudissements.)
Quand j'ai entrepris de servir la jjrande cause qui a si heureusement triomphé pour le bonheur et la gloire de la France, je ne me suis })as demande' si ] arriverais j)ar là à la fortune ou à la niisèie, mais si l'idée était bonne pour mon pavs [Double salve (f aj)plaudissements .) , parfaitement lésolu, du reste, ou à supporter la pauvreté avec résignation, si elle devait être mon lot, ou à accepter la fortinie avec modestie [Applaudissements.), si elle devait m'arriver un jour. Eh bien , mes amis , faites de même, <lévouez-vous à votre œuvre avec courage, avec persévérance. Si vous réussissez, remerciez Dieu de vos succès, mais ne dédaignez pas ceux (pii n'ont point été aussi heureux que vous. [Applaudissements.) Si, au contraire, vos efforts sont impuissants, acceptez votre sort avec résignation , et consolez-vous par la conviction d'avoir fait honnêtement votre devoir. Entre le riche et le pauvre, il n'y a pour Dieu aucune différence, et aux yeux de l'homme raisonnable, il y en a bien peu. Courage donc, mes amis, et persévérance; venez maintenant recevoir le prix de vos efforts. [Applaudissements.)
TOAST