‹ Le duc de Persigny et les doctrines de l'empireChapitre 53 sur 54 · LE D C C DE P E R S I G > V · texte numérisé non relu

LE D C C DE P E R S I G > V

^lacédoine n'était qu'une proAinco de ses Etats. Pour César, au contraire, simple cheF de parti, l'opinion de Home était tout.

Dans de telles circonstances, et cpiand l'Éfjypte se voyait menacée , non d'un simple changement de dynastie, mais de sa ruine entière, il eût été insensé à la caste sacerdotale de confier son secret à ses vainqueurs , de livrer ses armes à ses ennemis. Elle fit donc, sans doute, ce qu'elle avait fait dans toutes les grandes calamités. En courbant la tête devant les Romains, comme jadis devant les Perses, elle leur cacha le dépôt sacré dont elle avait fait sortir tant de lois le salut de l'Egypte. Mais la politique romaine, si habile à désorj;aniser les nations vaincues, et qui avait commencé la ruine de l'Egypte bien avant César, déjoua toutes ses tentatives. Réunie à l'empire par Auguste et devenue une province exploitée par la cupidité romaine , l'Egypte se souleva souvent; elle essaya de gagner^à sa cause ses préfets impériaux , en leur montrant le prix d'une grande ambition. Elle en corrompit plusieurs, mais aucun d'eux ne fut à la hauteur des circonstances. D'ailleurs, Rome acheva la désorganisation de ce malheureux pays en réduisant ses préfets à lui rôle secondaire et en isolant ses administrations provinciales. Ce fut le dernier coup porté aux collèges d'Egypte.

Il est probable que dès lors ne pouvant plus se réunir et se recruter, ce que l'on pourrait appeler la Haute- Vente de la caste sacerdotale cessa bientôt d'exister. Mille causes , d'ailleurs , avaient contribué à hâter sa ruine. N'ayant plus le monopole exclusif des sciences, depuis que les savants grecs et romains affluaient en Egypte, elle avait du perdre beaucoup de son importance. Mais sa fin n'en fut pas moins une perte irrépa-

rable pour le inonde. Dieu sait combien de découvertes scientifiques, combien de connaissances précieuses périrent avec cette antique société, ce premier foyer des

sciences humaines.

Page 1