JDLII . i
« A l’éternelle mémoire de Joseph-François-Chara les, duc de Reichstadt, fils de Napoléon, empereur « des Français, et de Marie-Louise, archiduchesse « d’Autriche, né à Paris le 20 mars 181 1. Salué dans « son berceau du nom de roi de Rome. A la fleur de a son âge, doué de toutes les qualités de l’esprit et « du corps, d’une imposante stature, de nobles et « agréables traits, d’une grâce exquise de langage; « remarquable par son instruction et son aptitude « militaire. Il fut attaqué d’une cruelle phthisie, et la a mort la plus triste l’enleva dans le château des « empereurs, à Schœnbrünn, près de Vienne, le 22 « juillet i 83 a. »
Prince infortuné, lorsque, dans de pénibles angoisses , vous approchiez lentement de la tombe , vous vous écriâtes avec douleur : « Si jeune, hélas! faut-il « déjà terminer une vie inutile et sans renommée !.... « Ma naissance et ma mort, voilà donc toute mon «histoire!.... »Ah! votre existence ne s’éteint pas sans renommée! Privée des périlleux honneurs du pouvoir, de l’éclat teirible des batailles, vide de grands événemens , mais non de grandes qualités , votre existence offre, par son contraste avec la vie prodigieuse de votre père , une des pages les plus éloquentes deriiistoire , peut-être la plus digne de nos méditations.... Elle ne s’éteint pas sans gloire, cette existence qui sut conquérir l’amour et les regrets de la famille impériale, de ce peuple que l’auteur de vos jours accabla du poids écrasant de ses victoires! Les regrets de la population de Vienne escortant au tombeau des Césars le cercueil du fils de Napoléon , sont pour votre mémoire une noble oraison funèbre. Les pleurs qui environnèrent votre convoi sont préférables à ceux que coûte la victoire; et la victoire fait couler bien plus que des larmes !
Si , pour donner au monde un de ses plus sublimes enseigncmens, le ciel a voulu que votre fin préma-
turée fût le dernier terme d’une grande expiation , du moins il a pris soin de parer la victime de ces hautes qualités , de ces dons précieux , qui la rendaient digne d’un tel sacrifice, et qui consacrent à jamais son souvenir dans la mémoire des hommes.
PIÈCES JUSTIFICATIVES
PIÈCES JUSTIFICATIVES