RAPPORT
SUR l’ktat de la santé de son altesse le duc
DE REICHSTADT. ( V. ]). 220
« D’après lus souflVances passées, leur traitement médical , et les observations que je viens de faire sur la santé de Son Altesse, il résulte ;
« I ° Que , par suite d’une croissance extrêmement rapide , et d’une remarquable disproportion dans le développement physique, le prince se trouve dans un état général de faiblesse, qui doit nous inquiéter , particulièrement l’état de la poitrine.
« 2 " Qu’en conséquence de la faiblesse de la poitrine , Son Altesse est facilement atteinte d’affection catarrhale , et sujette à une toux d’irritation, qui a principalement son siège dans la trachée-artère et dans les bronches. La fréquence et la durée de cette souffrance locale n’a pas, sans une grande raison, alarmé les médecins précédons ; c’est pour cela que, même à cette heure, il a été ordonné à Son Altesse de boire les eaux de Seller, au lait.
« 3° Outre le développement retardé des organes de la poitrine, je crois devoir admettre encore, comme cause de la maladie, une dlscrasle de tout le système cutané. J’ai retrouvé réellement sur différentes parties du corps, particulièrement aux avant-bras et à la- nuque, la peau constituée de manière à ne pas méconnaître le commencement d’un pi'lncipe dartreux j même les mains de Sou
Altessi; offrent de telles anomalies, qu’on ne peut attribuer leur état à de simples engelures.
M Des bains adaptés et fréquens agiront favorablement sur cette discrasie. .
« Une pareille constitution de la peau extérieure^ qui se propage si facilement aux membranes intérieures, particulièrement sur la trachée-artère et sur les bronches , peut aussi chez Son Altesse baser la disposition au mal local de ces oi’ganes. Il y a toute probabilité que cette discrasie de la peau est héréditaire du côté paternel.
« Dans l’époque actuelle , l’anomalie du développement du duc de Reichstadt laisse espérer des bornes et des changemens consolans, et la discrasie herpétique cédera peu à peu , comme je l’espère , à l’usage des bains. Toutefois, aussi long-temps que le développement du prince ne sera pas terminé, il ne faudra pas perdre de vue l’une et l’autre cause ; car toute maladie accessoire qui pourrait survenir pendant cette époque de croissance, serait très-significative et dangei'euse , soit pour le présent, soit pour Vav>eniri ce qui serait d’autant plus à craindre, que le prince n’a eu aucune maladie exanthémique de la peau, telle que la rougeole, la scarlatine, etc.
« Le prince doit éviter avec soin les grands efforts, et principalement ceux de l’organe de la voix ; se garder d’échauffemens et de refroidissemens, en particulier dans les temps orageux , et observer un juste régime.
« La vigilance , pour sauver le prince de ces causes nuisibles , ne pourra jamais être assez grande , si l’on considère son tempérament vif et fougueux, si difficile à modérer.
« Je prendrai en conséquence le plus grand soin du prince , particulièrement en l'observant en automne; , époque où les symptômes décrits se reproduis(;nt plus faci-
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lement , et eu dirigeant alors le régime et le traitement d’après les circonstances.
« D' Malfatti.
B Vienne , le 16 juillet 1830. »