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SW* LE ROI DK HONGRIE. ( ^. p. l5l. )
Un mois était à peine écoulé depuis la mort du duc de Reicbstadt, une affreuse tentative vint troubler le deuil et la douleur de la famille impériale alorsà Baden. Un matin, suivant son usage , le roi de Hongrie , accompagné de son cbambellan , le comte de Salis , passait dans une rue peu fréquentée. Tout à coup la détonation d'un pistolet se fait entendre. Le roi se retourne vivement vers M. de Salis , craignant qu'il n’ait été victime d’une vengeance j il a reconnu la figure sinistre d'un ancien militaire, qui , à l’instant même , malgré %es armes et ses menaces, est saisi par un garçon jardinier , que le désir de voir passer le roi avait amené dans ce lieu solitaire. Le prince dit alors à M. de Salis : « Hâtons-nous d’aller rejoindre l’empereur , avant qu’on ne l’ait effrayé de cet accident. » En marcbant, le roi sentit une vive douteur à l’épaule ; il avait été atteint par une balle , qui , partie d’un pistolet tiré presque à bout portant, avait seulement percé l’babit et s’était arrêtée sur le corps, en y faisant une forte contusion etoccasionantunebéinorrbagie : si elle eût pénétré, la balle aurait traversé le cœur.
L’assassin était le capitaine retraité Reindl. Cette boinme, adonné à de honteuses passions, avait sollicité un secours du roi de Hongrie : malgré des rapports défavorables, le généreux prince lui avait donné Un billet de cent florins. Furieux de n’avoir pas obtenu une plus forte somme , Reindl avait préparé son atroce vengeance : il avait troqué de grands pistolets d’arçon contre trois beaucoup plus petits et faciles à eacber. Soldat expérimenté , habile tireur ,’ on ne conçoit pas qu’il eût aussi mal choisi ou aussi) mal chargé ses armes i Au moment où il fut arrêté, il voulut se détruire avec un de
NOTES
ses pistolets qu’il tira dans sa bouclie; la balle s'engagea seulement dans le palais. On le conduisit à Vienne secrètement pour le mettre à l’abri de l’indignation du peuple.
Comme le duc de Berri sur son lit de mort , le roi de Hongrie s’était écrié : Grâce pour l’homme; mais rien, en Autriche, n’interrompt le cours de la justice. Reindl fut jugé. Dans ce pays, que le libéralisme représente comme gémissant sous les lois cruelles d’un gouvernement arbitraire , . l’auteur d’un attentat prémédité contre l’héritier présomptif du trône fut condamné seulement à quelques années d’emprisonnement.
Dans le mois de décembre i85a, le roi de Hongrie, atteint d’une maladie tyu’on croyait mortelle , était entouré des regrets et des larmes de la population entière : on était sans espoir. On s’entretenait des vertns de ce prince. On apprit alors seulement que lorsqu’il avai^ su la condamnation de Reindl, le roi de Hongrie avait fait appeler le comte Setllnitzlty , président de la police ; « M. le comte , loi dit-il , Reindl a une mère et un enfant qui sont sans ressources : je ne veux pas qu’à cause de moi ces pauvres gens restent dans la détresse ; chargez-vous de fournir à mes frais , et en secret, à tout ce qui sera nécessaire à l’existence de la mère et â l'éducation de l’enfant. »
Une telle action n’a pas besoin de commentaire.
NOTE • ,
SUR LArANCEMBHT MlUTAIRE Dp DUC Dfi RBIGHSTADT.
Le duc de Reichstadt fut nommé capitaine au régiment des chasseurs de l’empereur ( Kaiser- Jaeger ) au mors d’août i8a8j il assista au camp de Traiskirchen dans l’été de iSaq; il commandait une cotUpa^ie \ et plus 'tard une division de
mVEKSES.
('renadiers , dans le village de Mauer , près de Vienne; le 7 juillet i83o, il devint major du régiment d’infanterie de Salins; en novembre de la même année, il fut nommé lieutenant-colonel au régiment du prince de Nassau , infanterie ; dans l’été de i85i , il passa dans le régiment de Giulay depuis régiment de Wasa, infanterie; dans le printemps de i 852 , il fut nommé colonel en second du même régiment.
NOTE
son Ik UOWT DU MARÉCnSI. FBIHCE DE SCHWAMBHSEBa.
A répoque de la mort du maréchal prince de Schwarsenberg, le célèbre Werner était à Vienne, oq ses éloquens sermons produisaient les émotions les plus profondes , tandis que ses conceptions théâtrales y étalent couvertes d’ap^ plaudissemens. Le prince Joseph de Schwarzenberg m’a raconté que cet homme extraordinaire vint le visiter à l’occasion de la mort du maréchal. « Consolez-vous, prince, lui dit-il , votre illustre frère a cessé d’exister à propos. Il est mort encore entouré de l’estime et de la reconnaissance de son pays : le temps approche où les peuple insultermit et couvriront de boue les hommes qui les ont couverts de gloire et qui leur ont rendu les services les plus signalés. » Cette prédiction s’est malheureusement vérifiée , mais ailleurs qu’en Autriche. 1 . ■ •
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