‹ Le duc de ReichstadtChapitre 48 sur 50 · OTE · texte numérisé non relu

OTE

$UB UH MOT DU DUC DE BBICHSTADT , A l’ÉGABD DU HAkécSAL MARMOKT. (F. p. 210.)

Cette pensée du duc deReichstadt relativement à la colonne de la place Vendôme a été reproduite par lui dans une autre circonstance. M. le baron de Larue , aide de camp du maréchal Marmont , l’avait suivi à Vienne , où il a séjourné pendant plus d’un an. Le jeune prince le vit plusieurs fois } il aimait à lui faire raconter divers détails sur ses campagnes et sur l’armée française. Au départ de M. de Larue pour Paris, il lui écrivit un billet , dans lequel il lui disait : « Je >< ne connais personne en France pour qui je puisse vous a charger de mes complimens -, mais saluez de ma part la co- « lonne de la place Vendôme. »

NOTE

sua LA SITUATIOH POLITIQUE ACTUELLE DE l’aUTBICBE , JUGEE ■ PAR UR LIBÉRAL ALLEMARD. [F. p. 244-)

Rien ne peut donner plus de crédit à mes assertions sur l’Autriche , son gouvernement , son empereur, que le témoignage des hommes les plus éclairés du parti libéral. Parmi les révolutionnaires allemands , l’un des plus connus , et par l’exaltation de ces principes et par le talent extraordinaire qu’il a déployé dans ses écrits , c’est certainement Heine. Ayant quitté l’Allemagne depuis 1 85o , il séjourne alternativement à Londres et à Paris. Dans le cours des deux der-

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DIVERSES

nières années qui viennent de s'écouler , il a fourni à la Gazette d'Aiigsbourg une série d’articles remarquables, ein-« preints de l’esprit qui l'anime. Il vient de les réunir en une brochure publiée à Hambourg sons le titre de Franzoesiscke Zuslaende {^Situation de la Froncé). Cet ouvrage est précédé d’un avant-propos dans le sens le plus révolutionnaire. Je crois utile d’en citer quelques passages , qui , sous plus d’un rapport , ne sont pas étrangers à mon sujet.

« Oui , on nous a encore pris pour dupes. Il faut l’avouer , la déception a remporté une grande victoire , vous avez cueilli de nouveaux lauriers sur le champ du mensonge. C’est nous , en effet , qui sommes vaincus -, et depuis que cette héroïque supercherie est officiellement documentée , depuis la promulgation de CCS abominables décrets de la diète , nous avons le cœur navré de douleur et d'indignation.

« Pauvre et malheureuse patrie ! quelle honte t’attend , si tu acceptes cet affront j que de souffrances , si tu le repousses !

« Âu fait , nous pouvons combattre l'Autriche , la combattre à mort , et l’épée A la main; mais nous sentons jusqu’au fond de l’âme que rien ne nous donne le droit d’outrager cette puissance. L’Autriche a été constamment un ennemi franc et loyal, qui jamais, même instantanément, n’a désavoué ni suspendu la guerre quelle fait au libéralisme. Jamais Metternich n’a courtisé la déesse de la liberté; jamais, dans l’anxiété de son cœur , il n’a joué le démagogue ; jamais il n’a chanté les hymnes d’Arndt*en buvant de la bière blanche; jamais on ne l’a vu aux tournois **^de la Hasen-Heide; jamais il n’a donné dans la tartuferie des piétistes ; jamais les prisonniers condamnés ne l’ont vu pleurer , lorsque lui-même rivait leurs chaînes : toujours on a su à quoi s’en tenir à son égard. On savait qu’il fallait se mettre en garde contre lui , et on se tenait sur ses gardes. 11 a toujours été un homme

*-** Allusions à des mœurs gcrmani(|ues , et aux jeux gymnastiques du docteur Jalin.

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sûr qui ne nous a ni trompés par des regards de faveur, ni indignés par de mesquines tracasseries. On savait qu'il n’agissait ni par affection ni par une haine étroite^ mais dans des vues larges et dans l’esprit d'un système auquel l'Autriche est restée fidèle depuis trois siècles. C’est ce système pour lequel l’Autriche a combattu la réforme religieuse j c’est ce système qui l’a fait entrer en lice contre la révolution politique ; il a été soutenu avec énergie, non seulement par les princes, mais par les filles de la maison de Habsbourg. Cest pour le défendre, qu’aux Tuileries, Marie-Antoinette déployait un si mâle courage dans le combat le plus dangereux , et que Marie-Louise, appelée , par sa qualité de régente , à combattre pour soq fils et pour son époux, déclina le combat dans ces mêmes Tuileries. C’est enfin pour ce système que l’empereur François a enduré tant d’inexprimables afflictions ; qu’il a sacrifié ses affections les plus chères, et surtout ce petit-fils bienaimé dont il porte le deuil , et qui a été moissonné dans son printemps , au milieu des plus nobles espérances. Cette nouvelle douleur a courbé profondément sa tête blancliie , qui portait autrefois la couronne germanique ; et cependant cet empereur si à plaindre est toujours encore le véritable représentant de la malbeureuse Allemagne.

NOTE

suH l'État actuel des letthes , ses arts et des sciences

DANS LA MONABCBIE AUTBICBIENNE. {F. p. et Suiv.)

L’Autriche n’est pas restée en arrière de l’essor qu’a pris la littérature de l’Allemagne au milieu du siècle passé t vers la fin du règne de Marie-Thérèse , elle fut illustrée par des noms célèbres dans toutes les branches des connaissances humaines. Eckliell porta dans la numismatique la lumière de ses habiles classifications j Jacquin étendit le domaine de

mVEHS£S.

la botanic|ut; ; Boni , un des' plus illusties minéralogties , fut aussi distingué par plus d'un genre de mérite dans la littéra-, ture 5 Van-Swieten acquit dans la médecine un nom célèbre , que surent obtenir aussi les Stoll , les Quarin et les Franck^ La poésie fut cultivée avec succès pai' le jésuite Denis qui , sous le nom de Sined-le-Barde y publia des chants héroïques à l'imitation de ceux d'Ossian. Après lui parurent les poètes Alxinger et Blumauer : le premier disputait à Wieland la palme du poème romantique; le second, pétillant d'esprit et de verve, travestissait l’Enéide avec plus de trait et de goût que Scarron. Schmidt écrivit sa volumineuse histoire de l’Allemagne , et Fray celle de la Hongrie ; Lisganig et Triesnegger se firent un nom parmi les astronomes.

Cet essor fut peut-être encore plus marqué dans la Lombardie. Tandis que, sous le gouvernement éclairé du comte deFii'inian , se perfectionnait l’organisation financière , et florissaient de nombreux établissemens industriels , la littérature y prenait un grand et rapide développement, et préparait la base sur laquelle plus tard devait s’élever l’édibce brillant de la littérature lombarde actuelle , qui domine celle de toute l’Italie.

Le prince de Kaunitz fut le protecteur éclairé des gens de lettres et des artistes qu’il réunissait à sa table et dans sa société. C’est sous son ministère que furent fondées l’académie des arts d’où sortit le sculpteur Zauner , l’auteur de la statue équestre de Joseph II, et l’académie des langues orientales dont fut élève le baron de Thugut : on doit à cette institution savante la nouvelle édition du grand Dictionnaire de Meninski. Joseph II augmenta et enrichit les établissemens littéraires; l'académie de chirurgie , que fonda cet empereur, rivalise avec les plus célèbres établissemens de ce genre, par la richesse de ses préparations anatomiques , par la perfection de scs nombreux modèles en cire.

De nos jours l’Autriche ne compte pas moins d’hommes distingués dans les sciences , c[ue le reste de l'Allemagne. Son école actuelle de médecine a été illustrée par les Hartmann , lesScherer, les Bischof, les Prohasca , etc.; l’école vétéri-;

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naîre , fondée sous le règne actuel , est un des plus beaux établissemens connus dans ce genre. Le baron Stifft , premier médecin de l’empereur, Malfatti , Raiman , Senck , Tnrckeim , Czermack.... se sont distingués par leurs écrits et leurs travaux sur l'art de guérir. Vienne offre à la même époque une réunion de vrais savans oculistes : Barth , Jager , Beiir qui le premier , refoulant le charlatanisme , a présenté la science dans sa réalité et a fondé une clinique célèbre. Le nombre et la richesse des établissemens scientifiques de Vienne démontrent assez l’importance qu’on y attache aux ressources de l’instruction. Parmi les collections précieuses , on remarque le beau cabinet de minéralogie , où de nombreux élèves vont suivre les habiles leçons du savant professeur Mohs , l’élève, l’émule et le digne successeur de Werner. Le mariage de l’archiduchesse Léopoldine avec l’empereur du Brésil a tourné au profit de la science. Une réunion de savans accompagna cette princesse dans son voyage; on doit h leurs habiles travaux le grande! bel ouvrage de botanique, qu’ils publièrent ù leur retour, et la riche collection du cabinet brésilien , confiée aux lumières et à la surveillance du docteur Pohl , qui avait dirigé l’expédition scientifique. Dans le même édifice , se trouve aussi le cabinet égyptien qui renferme de précieux monumens des arts et de l’histoire de l’Egypte. On connaît généralement la richesse du cabinet impérial des antiques et des médailles : le savant Eckhell a publié un ouvrage estimé sur les morceaux les plus remarquables parmi les magnifiques camées qu’il renferme.

Le mérite des ingénieurs autrichiens est attesté par les opérations géodésiques étendues sur toute la monarchie , et parles belles cartes publiées au dépôt de la guerre , aussi remarquables par leur précision que par la pureté du travail et l’élégance de la gravure. Mais leur talent s’est surtout déployé dans l'exécution des grandes et belles routes qui ont été créées sous le règne actuel , et dont quelques unes offraient d’immenses difficultés.

Un des ouvrages les plus étonnans dans ce genre est certainement la route qui forme la communication directe entre

les États béréditaires de la monarchie autrichienne et le Milanais. Le point culminant de la route du Stilfser-Joch .s’élève au-dessus de la mer de i4B2,45o klafter, ou 8,896 pieds de Vienne, c’est-à-dire a, 8 i 4 mètres. Cette chaussée surpasse donc en élévation toutes les routes connues , même celles de l’Amérique ; elle a presque 5 , 000 pieds d’élévation au-dessus de la ligne des neiges; aussi on y voit presque à ses pieds les glaciers de l’Ortels-Spitze.

Le point culminant du Grand-St-Bernard est de a,428°‘.

du Petit-Saint-Bernard. . . 3,196

du Splügen ^>19^

duSiinplon 3,01 3

La largeur normale de la chaussée est de 5 mètres; sa pente, de 7 sur 100, et en un seul endroit, de 9 sur 100 ; elle franchit sur des ponts de pierre , d'une étonnante hardiesse, l'Adda et plusieurs larges torrens. Dans la vallée de Borinio , elle traverse en digue de vastes marais ; 689 mètres de cette route consistent en galeries taillées dans le roc, à l’instar de la célèbre grotte de Puzuoli , mais avec la différence qu’elle. est parfaitement éclairée par les fenêtres qu’on a pratiquées dans le rocher. Des plans inclinés, construits audessus de la route , la mettent à l’abri des avalanches , qui la franchissent sans l’atteindbe.

Une autre chaussée presque aussi étonnante , construite depuis peu , est la route d’Allemagne , autre communication entre le Tyrol et le Milanais.

Sous ce rapport , on a beaucoup fait , en général , dans toutes les provinces de l’Autriche. Un travail qui mérite particulièrement d'être cité , c’est la grande route terminée en 1835 , avec tous ses embranchemens , et qui porte le nom de de Louisen-Strasse. Elle a été entreprise par une réunion d’hommes animés d’un véritable amour de leur pays , les princes de Dietrichstein, de Lieclistenstein , d’Esterhazy, et les comtes d’Aspremont , François Batthiany et Jean Harrach. Les projets en furent dressés, et les premiers travaux fu-

NOTES

rent dirigés par le lieutenant-général Vukassowicli , tué dans la campagne de 1809. Destinée à faciliter la communication de la Hongrie avec la mer Adriatique , cette route , qui rivalise avec celle du Simplon) lie la ville de Karlstadt avec le port de Fiume. Elle s’élève au-dessus du niveau de la mer de 2,912 pieds , et n’a de pente générale que de deux à trois, pouces; sa longueur est de 70,74* klafter, et sa largeur de 26 pieds. Elle est , presque continuellement, eu partie entaillée dans le roc, en partie soutenue par de hautes constructions coniques ; tantôt elle traverse d’immenses rochers , tantôt elle franchit de grandes vallées sur des digues colossales. Elle est défendue par de hauts épauleniens contre les coups tempétueux de la Bora , dont , sans cette protection , la violence pourrait emporter les hommes et les chevaux. .

Le beau canal de l’empereur François , en Hongrie , destiné à assurer et A raccourcir la communication entre le Danube et la Theiss , est aussi une entreprise due à l’asso-^ ciation de plusieurs particuliers, pour la plupart les mêmes A qui l’on doit la Louisen-Strasse. Ce canal a été ouvert le i'”' mai 180a; il a trente lieues de longueur. Il donne le moyen à des bâtimens , chargés de sept mille quintaux , de parcourir en trois jours un trajet qui auparavant demandait plusieurs semaines , et pouvait souvent être interrompu près de Peter-Wardein. Cinq écluses ' parfaitement construites suffisent à la navigation. En étanchant les pays 'qu’il traverse , ce canal a rendu de riches terrains à l’agriculture , en augmentant la valeur de ses produits. Par cette voie facile , Vienne reçoit tous les ans deux millions de metzen de blés du Banat.

L’école polytechnique de Vienne pourvoit à l’enseignement de toutes les sciences nécessaires pour les fabriques et les manufactures; elle compte parmi ses nombreux professeurs le savant chimiste Meissener. Le directeur de cet institut , M. Prechtl , conseiller de régence , est l’auteur du meilleur dictionnaire polytechnique publié en Allemagne. Il est ans.si le rédacteur d’un journal polytechnique , qui n’est pas moins

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UIVKRSES.

estimé que le journal de physique du professeur Bauoi~ gartner, que le journal de jurisprudence du professeur Wagner. Des sociétés savantes rédigent aussi des journaux de médecine et de théologie.

Le journal militaire, publié à Vienne ^ mérite d’être distingué comme une institution ilorissante depuis plus de vingt ans : il a été établi dans le but d’initier peu à peu les officiers de toutes les armes et de tous les grades , dans toutes les sciences militaires. Il ne se borne pas seulementà examiner les ouvrages stratégiques qui paraissent dans les différens pays de l’Europe , et à traiter scientifiquement les questions de théorie, il s’attache à les éclaircir par l’histoire , et les archives du conseil de guerre lui fournissent A cet égard des documens officiels et positifs. Cet ouvrage périodique est dirigé par M. le major Schels , auteur d’une histoire militaire et politique de l'Autriche, et de plusieurs ouvrages estimés. Parmi les.officiei's les plus distingués de l’année qui ont été collaborateurs du journal militaire, on peut citer les généraux baron de Zach (frère du célèbre astronome ) , le comte de Rothkirch , aujourd’hui chef de l'état-major, le comte de Clam, actuellement chargé d’une mission extraordinaire en Prusse , le lieutenant-colonel chevalier de Prokesch , auteur d’une excellente biographie du prince de Scliwarzenberg , et qui , en 1819 , a publié dans ce recueil des considérations sur les journées de Ligny , de Quatre-Bras et de Waterloo , ouvrage applaudi dans toute l'Allemagne, à cause de son style plein de nerf et de l’indépendance de ses opinions.

Les Annales de la Littérature , qui ont commencé à paraître en 1818, sont le plus distingué des recueils périodiques de ce genre qui sont publiés à Vienne. C’est une création du prince de Metternich , qu’il a dotée. Ce journal critique dans la forme du Quaterly-Review, laissant le domaine des sciences exactes et naturelles à leurs journaux respectifs , s’occupe principalement de philologie , de philosophie, de géographie, d’histoire et de belles-lettres : dans le principe , Gentz y écrivit quelques articles de politique. Le premier rédacteur de ce journal fut Mathieu Collin , l’un des gouverneurs du

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duc de Reichstadt , et dont le célèbre frère Henri Collin , auteur de plusieurs tragédies qui sont restées an théâtre , telles que Régitlus , Coriolan , Bcdboa , a été surpassé comme poète draniatiqne par Grillparzer , auteur de Saphty , de Midée, dOUocare, etc., et comme poète lyrique , par le baron Zedlitz , auteur des Couronnes funéraires. Costelli et Kurlander ont le mérite de reproduire les ouvrages de la scène française sur les tliéâtres de Vienne , où l’on remarque aujourd’hui un grand nombre d’acteurs de mérite , tels que M. et M“® Korn , M. etM“* Anschutz, M. et M“® Fichtner , Costenoble, Wothe, Gley , Caroline Müller, Weissenthurm ; cette dernière est auteur de plusieurs pièces dramatiques restées au répertoire. Il est digne de remarque que c’est à Vienne que Soiintag a fait entendre ses premiers accens , et que Taglioni a essayé ses premiers pas. Cest aussi à Vienne que le beau talent de Ungher a obtenu ses premiers succès.

Les Annales de la littérature , Jahrbücher der Litteratur, furent la première des revues trimestrielles à l’imitation de celles de l’Angleterre qu’on a publiées en Allemagne. Dès leur fondation , le parti libéral voulut leur opposer l’iîiermès, qui fut publié à Leipzick comme la seconde revue allemande; mais , faute de lecteurs , il cessa bientôt de paraître. La rédaction des Jahrbücher est actuellement confiée au poète dramatique Deinbardstein.

Parmi les journaux littéraires , on des plus remarquables est celui qui est intitulé Journal de Vienne, pour l’art, la littérature, le théâtre et la mode. Outre le mérite secondaire de gravures exécutées avec une délicatesse et un fini remarquables, ce journal se distingue par la rédaction d’articles fournis par le naturaliste Natterer , par d’intéressans rapports de plusieurs voyageurs , tels que le général Weldeii et le lieutenant-colonel Prokesch; par le savant Littrow , un des astronomes les plus estimés de l’Allemagne , et qui sait revêtir des charmes d’un style attrayant , l’aridité des calculs de la science.

La première plume politique de l’Allemagne , depuis la

Dig:;;,:. : CLiOgle

l'évolution française , Frédéric de Gentz appartient à l'Autriche , puisqu'il lui a consacré tous ses travaux pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie. Le baron Horinayr lui appartient encore, quoique actuellement il soit au service de la Bavière , puiscjue pendant trente ans il y a cultivé les sciences historiques, qu'il y a écrit son Plutarque autrichien, traduit en français par le docteur Decarro; %on Histoire du Tyrol , celle «le la ville de Vienne , et ses Archives historùjues , publication utile et très-estimable, continuée aujourd’hui par le chef de la bibliothèque, Riedler, qui dans de savans articles relève les méprises involontaires ou les accusations perCdes des écrivains étrangers détracteurs de l’Autriche. Ces Archives sont riches en matériaux d'histoire, de topographie et de statistique. Nous ne devons pas pas.ser sous silence Jules Schneller, tjui a publié plusieurs ouvrages d’un haut intérêt sur l'histoire des Etats dont est composé l’empire autrichien.

Dix ans avant la publication des Jahrbiieher , furent fondées , à Vienne , les Mines de l’Orient , journal de littérature orientale , publié au frais du comte Wenceslas Rzewuski , paile savant Ilainmer , traducteur des trois plus grands poètes lyi'iqucs des Persans, des Arabes et des Turcs, Dafls, Mottenebby et Baki. Ou doit à M. de Haminer une Topographie de Constantinople , un ouvrage sur la constitution et t administration de l’Empire ottoman , Histoire des Assassins , celle du premier siège de Vienne par les Turcs , sa grande Histoire de l’Empire ottoman; il est encore auteur du poème ( de Schirin , où il a déployé avec bonheur toute la riches.se

des images orientales. Parmi .ses nombreux ouvrages, on doit distinguer celui qu’il vient de publier récemment à ses frais, la Traduction persane de Marc-AurèUs avec le texte grec : donnant ainsi l’exemple de la traduction e«i langue orientale des auteurs classiques , ila fait exécuter, pour l’impression de cet ouvrage, les premiers types de l’écriture la plus élégante des Persans; ils surpassent en finesse et en élégance les caractères anglais de ce genre s il avait aussi donné l'exemple , dans les mines orientales., d'un journal polyglotte,

NOTES

dang lequel non seulement étaient admis tous les textes oriem taux , mais aussi les mémoires écrits dans les différentes langues de l'Europe.

Placée aux portes de l’Orient , l’Autriche est naturellement appelée par sa position aux recherches orientales. Aussi plusieurs de ses voyageurs ont fait dans l’est d’intéressans voyages. Les deux Styriens Hammer et Prokesch ont visité la 'froade et l’Egypte j le dernier a poussé son voyage jusqu'à la seconde cataracte du Nil, ainsi que les deux Lombards Aoerbi et Zuccoli j le comte Etienne Szecheny , et avant loi les comtes Vincent Bathiany efTéléki, ont parcouru le Levant ; le Hongrois Alexandre KorOssy a traversé toute l’Asie pour découvrir les traces de la première demeure de son peuple : il se trouve actuellement dans le Haut-Tibet, occupé dans un couvent de lamas à transcrire leurs livres religieux et historiques. Le baron de Hugel voyage dans l’Inde; grand botaniste , il publiera sans doute à son retour Un ouvrage digne deceux qu’on doit aux travaux de Jacquin , de Host , de Wallenstein et de Kitaibel.

' L’Autriche peut encore réclamer le Styrien Hermann , qui , après avoir publié plusieurs Ouvrages de minéralogie , est mort au service de la Russie, où il était directeur des mines; et enlin le savant religieux Fra-Bartolomeo , connu par ses ■f^ûjra^rtkms tlnde et ses écrits sur la mythologie indienne. U eiOieuT Histoire d& Hongrie , le comte Maïlath , s’est

acquis une juste réputatiou comme écrivain'; et comme poète, son style est remarquable par sa pureté 'et sOn élégance. Personne 'n'IguèrO' les.' shccès littéraires de Caroline

Pfchler,’ dont leS' ouvrages 'ont été traduits dans toutes les langues dei'Enrope. ■' ’-'d'

Viienné' abonde en'' établfssemens Scientifiquës et littéraires ! les> capitales dès diffA>entes provinces et pays de l’empire d’Aotrâchè n’en sont pas mqitis pourvues.' On y a établi depniO quelques années des musées nationaux , où Ton a réuni dé» «bjets d'hiséoiirO natnratte > d’archéologie , des plans , des Wvanuserit» ,'des doeumens ,' des' produits 'd’industrie , etc. Cesf ainsi,qt*e''1es Miuéiics nationaux de Prague et de Pesth

DIVKRSFJi.

renferment des trésors pour l’iiistoire, la geograpliie et la statistique de la Boliêine et de la Hongrie. En Moravie a été fondé le F’erdïna/ideum; eh Styrie, le Jolumneum. Le premier de ces établissemeus porte le nom du prince li<;réditaire, roi de Hongriej le second doit son nom à l'arcliiduc Jean qui en est le fondateur. A ce dernier institut sont attachées une riche bibliothèque et dilféreutes chaires polytechniques indépendantes de l'université de Gratz. Le célèbre miiiéralogue Mohs a formé dans le Johannée des élèves qui ont déjà rendu d’éminens services à la géologie et à toutes les sciences qui s’y rattachent. Parmi les sociétés d’agriculture établies dans toutes les villes chefs-lieux de gouvernemens , on distingue celles de Vienne et de Styrie. Cette dernière est dirigée par l’archiduc Jean , qui tous les ans parcourt tout le pavs . pour présider dans les différens cantons les réunions primaires, et ensuite , à des époques de deux ou trois années, l’assemblée générale. Chaque province a ses journaux littéraires particuliers; il en paraît plusieurs à Gratz ^ dans la Carinthie, dans le Tyrol , dans la Gallicie. A Prague, le musée national publie deux recueils périodiques , l’un dans la langue du pays, l’autre en allemand. Le Bohême Palatzki est infatigable dans ses recherches historiques et philologiques ; et son compatriote Hébert s’est acquis un nom parmi les poètes allemands.

En Hongrie , ont paru les mémoires du Musée national , auquel est incorporée la grande bibliothèque, et la riche collection de médailles du comte âzéchény , père du comte Edenne , auteur de plusieurs ouvrages remarquables sur l’économie politique ; les mémoires de l’académie vont y être aussi publiés incessamment. La littérature hongroise , peu connue jusqu’ici en Europe , ollre cependant de l’intérêt. Schedel a fait paraître en 1828 une anthologie de la poésie des Magyars, où l’on trouve plusieurs ouvrages pleins de charme et de sensibilité. L’époque actuelle compte en Hongrie beaucoup de succès littéraires , et plusieurs auteurs distingués ; outre le comte Maïlath que nous avons déjà cité, ou peut nommer Gzuczor à qui l’on doit le poème

NOTES

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épique de la bataille d’Âugsbourg, Kazinczi le fondateur du Muséum Magyar et de l’Orpbée, le poète élégiaque Kolesey , les lyriques Szenvey ' et ^exandre Kisfaludy , Dôbrentei qui a reproduit sur la scène hongroise les chefsd’œuvre de Shakespeare , Yôrosniarty , poète dramatique , Charles Kisfaludy qui avec on brillant succès a enrichi le théâtre hongrois de plusieurs sujets nationaux, où il s’est montré un peintre habile des caractères et des mœurs de sa patrie.

Dans les provinces polonaises , Dobrowski était le patriarche de toute la littérature slave , dont l’histoire a été donnée dernièrement par le professeur Schafhirick , et est encore illustrée par les travaux du savant Copitar, second conservateur de la bibliothèque impériale.

Si la Lombardie doit céder la palme des arts à Rome et à Florence, on ne saurait lui contester la suprématie dans les sciences et la littérature. Elle soutient aujourd'hui la gloire que, sous l'administration du comte de Firinian, lui assurèrent Beccaria , Verri , Parini , Vol ta , Spallanzani , et tant d’autres hommes illustres. 11 suffirait presque de nommer le célèbre Manzoni , prosateur aussi correct et élégant que poète supérieur ; son ami Grossi a publié plusieurs nouvelles en vers , écrites avec talent , dans la philosophie , la statistique et l’histoire ; on peut citer .les travaux de Melchior Gioja, de Mengotti, de Bossi^ l’ouvrage historique qui fait le plus d’honneur non seulement à la Lombardie , mais à l’Italie entière , c’est celui de Pompéo Litta , auquel le noble auteur a consacré sa vie et sa fortune. Ferrario a publié ùn grand ouvrage sur les costumes de tous les peuples » des ouvrages topographiques , et des recherches sur les romans de chevalerie du moyen âge : Raynouard en a rendu compte dans le Journal des Sai>ans : associant scs travaux à ceux de Landriani , il a fait paraître une histoire des théâtres. Les deux Pacchi ont publié l’histoire de la philosophie grecque et de savantes recherches sur l’architecture lombarde. Le comte Castiglioni n’a pas de rival dans la numismatique orientale si ce n’est Traches , â Pétersbourg ; et son grand ; ouvrage ,

DIVERSES

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publie aux frais de la cour , est un monument sans égal )l'é> ruditionetde luxe typographique. Cattaneo doit être distingué parmi les antiquaires , comme parmi les astronomes : on doit citer les noms des savans de l’Observatoire de Milan, Oriani , Carlitii , Ccsaris , Frisiani. Le restaurateur des Palimpsestes , Maï, a commencé ses découvertes , comme bibliothécaire de l'Ainbrosiana dont les trésors, moins accessibles que ceux de la bibliothèque de la Brera , ont illustré les travaux du bibliothécaire Mazzucbelli. Le bibliothécaire artuel de la Brcra, le conseiller Gironi, dirige la rédaction de la Biblioteca ilaliana , journal critique qui jouit , depuis vingt ans, d'une réputation bien méritée, et qui parmi ses collaborateurs a compté Monti, Broclii , Breislak., Giordani j le premier éditeur de ce recueil périodique, le chevalier Acerbi, est connu par son voyage en Laponicj actuellement consulgénéral d’Autriche , en Egypte , il a parcouru ce pays jusqu’aux secondes cataractes du Nil : il complétera par l’ouvrage qu'il doit publier les travaux des voyageurs de toutes les nations, parmi lesquels un des plus récens est celui du chevalier de Prokesch.

La physique et la géométrie sont cultivées avec succès en Lombardie par Massoti , Brainbilla , Piola , Belli ; et la mécanique a produit d'utiles résultats par les habiles travaux du chevalier Morosi , régulateur de la nouvelle monnaie, et à qui les manufactures de soie et les canaux doivent de si grandes améliorations. Bordoni , Borgnis , Brugnateli , Configliachi , soutiennent, avec honneur, la gloire que , dans le siècle passé, acquirent à l'université dePavie, Volta , Spallanzani , Scarpa , Paoli. Au nombre de ces savans professeurs , l’université de Padouc distingue Fianceseboni et Franceschini J le dernier marche sur les traces de Filangieri et de Beccaria , mais avec plus de talent de parole et de style. C’est à Padoue que paraissent les Annales des .sciences du royaume lombardo -vénitien. Vérone doit à Pollini sa Flora Feronese. Cesari , qui vient d’y terminer sa carrière, a produit d’utiles travaux sur la philologie italienne. A Venise , le comte Cicognara s’est honoré par sa belle Histoire

Diyl" iioogle

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de la sculpture , et le cardinal Zurla par ses Recberclies sur Marco-Paolo , et la Mappeinoude de Fra-Mauro. Tiepolo a rectifié et complété l’Histoire de Daru; Gamba s'est distingué par ses travaux de bibliographie; le bibliotliécaire Bettio est un digne successeur du savant Morelli. A Venise fleurit l’Athénée , société des sciences et des arts , et dans l'île de Saint- Lazare, l’Institut arménien , illustré par les travaux des frères Aucher. C’est là que lord Byron a étudié la langue arménienne et qu’il a fait plusieurs traductions.

Sous le rapport des arts l’Autriche a de nombi-euses et grandes ressources : des écoles richement dotées , des collections ou sont réunis les chefs-d’œuvre dcs/plus grands maîtres de l’Allemagne, delà Flandre, de la France et de l'Italie. Outre les belles et vastes galeries impériales du Belvéder, où sont rassemblés des tableaux de toutes les écoles , et qui renferment aussi cette précieuse collection d’armures, de portraits , d’objets de toute sorte appartenant au moyen âge, autrefois conservés dans le château d’Ambrass , dans le Tyrol, on trouve à Vienne les belles galeries des princes de Liechtenstein, d’Esterhazy, des comtes Czernin et de Schoenborn, qui sont ouvertes au public. Une exposition annuelle donne aux artistes les moyens de faire connaître leurs talens , et une société d'amateurs des arts vient dé s’établir pour assurer, par des actions , les fonds nécessaires à l’achat des meilleurs tableaux. Parmi les peintres autrichiens qui honorent leur pays, on doit citer Krafft , Peter, Waldmuller, les paysagistes Schœdelberger et Gauermann , le peintre de genre Fendi , le peintre de fleurs Knapp , et l’habile peintre sur émail Nigg; Bergler , Kadlick., Schnorr et Fueric.h de Prague ; à Venise , les Schiavoni; Hayez, à Milan. Tandis qu’à Home le paysagiste Koch a élevé son talent à la plus grande hauteur , le Styrien Tunner y marche d'un pas égal avec le célèbre Overbeck qui, dédaignant l’affectation et le faux éclat de l’art corrompu , a conservé une pureté de pensée , une chaleur et une vérité de pinceau dignes des plus beaux siècles de la .peinture. Les peintres autrichiens ont pris la plus grande part au monument que le priuce Massimi vient d’élever aux arts dans sa

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hellc villa. Koeli y a reproduit avec un rare talent les scènes terribles du Dante j Tunner a partagé avec Schnorr et Veit l’honneur de retracer les sujets gracieux de l’Arioste ; Overbeck et Fuerich ont peint dignement les héros de la Jérusalem délivrée.

Le régénérateur de la sculpture , Canova , était né dans le territoire vénitien , ainsi que son élève et son ami le chevalier d’Est qui occupe encore son atelier à Rome. Parmi les statuaires autrichiens de l'époque actuelle , on peut citer Keesmann , Schaller et Nussbaumer dont les beaux ouvrages ont répondu aux soins du gouvernement qui a hiit étudier cesartistes à Rome , pendant plusieurs années.

Un grand nombre de monumens publics ont été construits pendant le règne de l’empereur François. Outre la porte du Rurg , l’école polytechnique , dont nous avons déjà parlé , on remarque plusieurs ponts en chaînes de fer d’une const^ction .solide et élégante , la belle salle à colonnes et la part» neuve du palais impérial, ainsi que les magnifiques serres de l’empereur, qui font honneur au talent de M. Remi , architecte de la cour.

Quant à la musique, on sait à quelle hauteur l'école allemande a élevé ses conceptions et la science des théories harmoniques. Parmi les compositeui-s actuels, on peut citer Weig) , Girowetz , le comte de Gallenberg , l’abbé Stadler connu par ses psaumes , Mosel, un des plussavans contrepointistes de l'époque : la société musicale vient d’élever une salle de concert , à laquelle est attaché un conservatoire ; cet établissement peut rivaliser avec les plus beaux de ce genre. Pendant un demi-siède-. Vienne a tenu incoutestablement le sceptre de la musique , alors qu'elle avait réuni dans son sein , Salieri et surtout Haydn , Mosart et Beethoven.

J’ai parlé dans ma notice de la fête que Vienne décerna au génie d’Haydn , et qui fut comme le terme de son existence. En 1808, cet illustre compositeur était accablé pai’ les infirmités. et par l’âge ; la société des amatenrs de musique obtint de lui qu’il viendrait assister à l’exécution de son Oratorio de ,

NOTES

la Création, quoique depuis deux ans il n’eût pas quitté sa demeure. Tout ce qui -avait le sentiment des arts s’élait réuni pour l’entendre. An milieu des sièges occujiés par Salieri , Hummel, Girowetz, et d’autres célèbres musiciens, un fauteuil distingué était destiné à Haydn qui ne se doutait pas des honneurs qu’on allait lui rendre ; il arriva , et fut reçu par la princesse d’Esterliazy et d’autres personnes de haute distinction, au milieu des acclamations publiques. Dès qu’il fut a.ssis, deux dames lui remirent, au nom de la société , un sonnet italien de Carpani , et un poème allemand de Collin. Entouré du prince de Trautmannsdorf , du prince de Lobkowitz , le Mécène généreux de la musique , d’ambassadeurs et de ministres étrangers ; Haydn si simple et si modeste était profondément ému de cette scène triomphale. Les musiciens , dirigés par l’auteur des Danaïdes , exécutèrent avec entboiisiasme le plus bel ouvrage d’Haydn. L’illustre vieillard ne put l'ésister à l’impression électrique qui parcourait cette grande assemblée; on fut obligé de l’emporter ; en sortant, ses mains s’étendirent vers le public qui l’entourait , comme pour le bénir. Quelques jours après il avait cessé d’exister.

Les habitans de Vienne n’ont pas montré moins de respect pour Beethoven. Ce grand ^énie fut atteint, dans la force de l’âge , de l’infirmité la plus cruelle pour un homme de son art, d’une complète surdité. Toutefois ce malheur ne put arrêter son talent. Errant dans les églises , dans les cloîtres ^ au milieu des tombeaux , souvent dans la campagne, il semblait chercher ses sublimes inspirations. Un jour, s’arrêtant au milieu d’un chemin public , il s’était agenouillé pour retracer une de ses idées ; un convoi s’avançait sans qu’il pût l'entendre. Le peuple s’arrêta tout à coup en disant ; « Attendons qu’il ait fini ; ne dérangeons pas la première musique de l’Autriche. » >

Schubert, extrêmement estimé en Autriche , est peu connu en France parce que son talent est essentiellement lié à la poésie allemande., Franz Schubert naquit le 5 i janvier 1797', dans un faubourg de Vienne , Himmelpfortgrund , où son père était maître d’école. Il apprit la musiqne dans le chœur

DIVERSES

«les cj'liscs; il s’y «listingu.i par un talent prijinaturé, et fut bientôt attaelu; à la chapelle de la cour. L’organiste Ruziczka lui enseigna la basse générale , et Salieri la composition. Mais lui-même indique qu’il atteignit son perfectionnement en écoutant l’exécution des œuvres de Haydn , Moz.art et Beethoven. Il mourut d’une courte maladie inflammatoire le ig novembre 1828, emportant les regrets de tous les artistes. Son tombeau fut placé à côté de celui de Beethoven , son modèle, et l’olqet de son admiration. 11 a composé beaucoup de syinphonic.s, de quatuors , de musique religieuse, plusieurs cantates , ]>ariiii lesquelles on distingue Prom^thee , seize opéras, ilont douze furent représentés; mais sou talent s’est principalement appliqué aux romans et aux ballades des plus célèbres poètes de l’Allemagne. C’est là où son génie a déployé sa souplesse, son énergie, son originalité. Nul ne l’a surpassé dans la vérité de la déclamation poétique , dans l’expression touchante de la mélodie, dans la verve des conceptions, et la nouveauté des elTcts d’harmonie. .l’ai vu une société entière d’exilés ne pouvoir retenir ses larmes en entendant chanter une de ses pièces, intitulée : Dus Vaterland , la Patrie.

Il fut encouragé par rassentiment et l’admiration des hommes les plus distingués de r.\llemagne. Le célèbre Jean-Paul jilaçait Schubert au premier rang des grands artistes. Ce Titan des poètes , devenu aveugle «lans les dernières années «le sa vie , trouvait une consolation à son malheur en faisant exécuter devant lui les chants de Schubert. Quelques heures avant de mourir , il voulut entendre la ballade du Roi des Aunes , dont la mélodie et les effets harmoniques sont si d’accord avec la déchirante conception de Goethe. Schubert a eu le bonheur d’entendre reprotluire ses poétiques inspirations par le talent remarquable de M. Vogel et du baron de Schonstein, pour qui il avait composé une grande partie «le ses ouvrages. J’ai été témoin de l’effet profond que produit la poésie allemande accentuée par Schubert, et chantf'c par Schonstein.

En général, il y a beaucoup de mouvement dans les arts, les lettres et les sciences «le l’Autriche; mais, «l’après le carac-.

4o6 NOTES

tère national , r'est une action intérieure et nullement excentrique. L’Autricliien trouve sa satisfaction clans son propre suffrage et clans les éloges d’un cercle d’amis circonscrit , plutôt que dans les applaudissemens d’un public nombreux. La réunion des naturalistes qui cette année-ci ( 1 852 ) a eu lien à Vienne , a pu mettre ce fait en évidence. Cette solennelle et nombreuse assemblée de savans étrangers a témoigné son étonnement de l’étendue et de l’hnportance des travaux de tous genres que les Autrichiens ont pu lui soumettre. Oh m'a fait l’hoimeur de iii’inviter à des séances auxquelles étaient venus prendre part quelques Français, entre antres M. Artaud de rUniversité. Je sois convaincu qu’ils ne démentiront pas mes assertions.

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