POUR ARMAND, EMMANUEL, SOPHIE, SEPTIMANIE, DUPLESSIS RICHELIEU
En 1790, Richelieu, se trouvant sans emploi en France, par la suppression du grade de major en second, (ju'il possédait dans les armées françaises, et voulant acquérir de nouvelles connaissances dans l'art militaire qu'il avait embrassé, prit du service dans les armées de l'Impératrice de Russie, en guerre alors avec les Turcs.
Il était au siège d'Ismacl à la fin de la même année 1790, et a été décoré de la croix de l'Ordre militaire de St-Gcorges en Russie.
En 1791, il lit un voyage on France pour arranger les affaires de la succession de son père.
Voulant retourner en Russie, il obtint le 1-er août de la même année 1791, un passe-port de l'Assemblée Nationale qui annonce qu'il est au service de la Russie, que c'est pour aller remplir ses engagements et acquérir de nouvelles comjaissances militaires qu'il demande ce passe-port.
Il est encore dans ce moment au service de la Russie avec le grade de colonel et un régiment.
La femme Richelieu qui craint que l'on applique cà son mari la loi du 9 février dernier, concernant les émigrés et que l'on mette ses biens sous la main de la nation croit devoir recourir aux membres du Directoire du département, juges en cette partie, par l'art. 12 de la loi du 30 mars dernier.
Les motifs de loi exposent dans son préambule «qu'il est instant d'assurer à la nation l'indemnité qui lui est due pour les frais extraordinaires et d'en prendre les mesures nécessaires pour leur ôter les moyens de nuire à la patrie».
11 est donc clair que le seul fait de l'absence n'est pas ce qui qualifie l'émigré.
Richelieu est sorti de France en 1790, il est dans un pays éloigné de 4 à 500 lieues de nos frontières, il y est en activité de service; il a exposé ces faits à l'Assemblée nationale constituante au mois de juillet 1791, et l'Assemblée en lui accordant un passe-port dans un temps, où les passages chez l'étranger étaient déjà difficiles et même suspects, a préjugé qu'en aucun tenq^s, il ne pouvait être mis au rang des émigrés français pour les causes exposées dans son passe-port. D'ailleurs l'art. 6 de la loi du 8 avril dernier relative aux biens des émigrés atfranchit des dispositions du décret, les biens des Français «qui ont été notoirement connus avant leur départ pour s'être consacrés à quelques sciences, arts ou métiers et ne s'être absentés que pour acquérir de nouvelles connaissances dans leur état».
La science, l'art militaire, les métiers s'acquièrent autant et plus qu'un autre par les études et voyages chez les étrangers. Rorné comme il doit l'être à une juste défense qui n'est pas moins recommandable, Richelieu était notoirement connu avant son départ pour s'y être consacré puisqu'il était major en second du régiment des hussards d'Estherhasy. Se trouvant sans fonction par la suppression de ce grade, il ne s'est absenté que pour acquérir de nouvelles connaissances dans cet état. L'exposé du passe-port du 1-er juillet 1791 porte textuellement ce motif.
A la veille d'une rupture entre la Russie et la Pologne, ses engagements en Russie, la décoration et le grade militaire qu'il a obtenus ne lui permettaient pas de quitter.
Il est dans une classe tout à fait particulière; peu de Français sont comme lui au service de cette puissance à 600 lieues des frontières de France.
Si dans cette position les biens de Richelieu étaient mis en séquestre, ne pourrait-on pas craindre les représailles pour les biens qui traiiquent en Russie? Dans ce cas la balance ne serait pas à l'avantage delà France, car il n'y a pas douze Français au service de la Russie, et il y a des milliers de Français, spécialement des Parisiens, qui ont des établissements très-importants en Russie qu'ils entretiennent par commis tandis qu'ils ont en France le siège de leur domicile et de leur fortune Enfin Richelieu a laissé en France son épouse qui n'en est jamais sortie. Il laisse des immeubles considérables en biens-fonds pour sûreté envers la nation. Dans cette position, la femme Richelieu s'adresse aux membres du Directoire du département à l'effet de déclarer que conformément à l'art. 6 de la loi relative aux biens des émigrés donnée le 8 avril 1792, il n'est pas sujet aux dispositions de la dite loi.
Elle joint au présent mémoire expédition du passe-port accordé à son mari par l'Assemblée Nationale le °1 aoiit 1791 et le certificat du chargé d'affaires de S. M. l'Impératrice de Russie signé: Rochechouart, Richelieu: au-dessous est écrit: «le soussigné chargé d'aifciires de Sa Majesté Impériale de toutes les Russies auprès de la ci-devant cour de France, après^ avoir pris communication du présent mémoire certifie la vérité des faits qui y sont exposés, déclarant que je suis spécialement chai'gé d'appuyer la réclamation de Richelieu, annoncée dans le présent mémoire».
Paris le 26 mai 1792. Signé, Novicoff, à côté est écrit: «enregistré à Paris, le 5 juin 1792. Reçu deux hvres y compris le double droit». Signé: Rléris.
«Collation des présentes a été faite par les notaires publiés au département de la Seine, résidants à Paris, soussignés, ce jourd'hui 26 prairial an cinq de l'ère républicaine, sur pareille copie dûment cerliiîée véritable, déposée pour minute à quatre maires aussi notaires à Paris le 4 juin mil sept cent quatre-vingt douze, enregistrée le 5 du même mois; la dite copie représentée aux dits notaires, et par eux à l'instant rendue».
8) Plan pour l'organisation des colonies militaires françaises.
St-Pétersbourg, le 9 (20) décembre 1792.
1) Cet établissement doit être partagé en deux colonies militaires dont chacnne sera formée par un régiment.
2) Chaque régiment aura dix compagnies et son état-major.
3) L'état-major sera composé ainsi: