RÉQUISITION A PROPOS DES MANUSCRITS
presque vis-à-vis l'hôtel où nous sommes, en une maison dont le S' Duval, tapissier, est principal locataire, iesqueb Meubles, Livres et Papiers peuvent y être transportez dès le premier juillet prochain aux termes de la location ; que de plus tous les Manuscrits et Lettres qui étoient renfermés tant dans Tarmoire en embrasure, dans la porte du Cabinet à livres donnant dans la gallerie, que dans les armoires de la salle du Daiz, ayant été examinez et inventoriés en la présence de Monsieur rÉvêque de Met\, aux termes de T Arrêt, et remis après rinventaire d'iceux dans lesdites armoires de la salle du Daiz sous nos scellez, ainsi qu'il est cy-devant dit, il n'est plus question que de pourvoir à leur seureté et à leur dépôt, d'autant plus qu'étant, comme dit est, inventorié, il seroit inutile de les fisiire transporter dans l'appartement loué , ce qui ne pourroit ne causer que des frais et des embarras ; qu ayant été proposé à Monsieur De Fresne de vouloir bien s'en charger, et ayant déclaré qu'il n'entendoit point s'en charger, il ne reste qu'un party à prendre, qui est de les faire renfermer dans des caissesfermées à différentes serrures et clefs, et déposer lesdites caisses entre les mains d'un dépositaire ; pourquoy par ces considérations ledit M* Gérardin audit nom requiert :
Premièrement,
« Qu'à la conservation des droits desdits créanciers et de ce qui appartiendra, tous lesdits Ma-
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M* Deialeu aa ie ^ antre Notaire «pii sent oûimné oa ionr ks Partiâs oaivfentfront. poor hes représenter quand et à qnî E appartiendra, sommant «st intenxOant lesdites antres Fnties présentes ie consentir a es qu& dessos oa à teSs autres moyens p[us convenables «^'ils aTÎsqout pour Le depost des»&s Mmascrîts et Lettres et en procurer la seureté. sans prqib&e aux créanciers de demander quand et ainsy qull appartiendra k prisée desdits yiammsaîts et soas la réserve de tous les droits et actions à cet ^;ard.
Secondement.
w Qu'il soit par nous porté à Monsieur le Lieutenant Civil les paquets cachetés qui ont été remis sous nos scellez pour en être par luv fait ouverture, en présence des Parties, et par luy ordonné ce qu'il appartiendra au sujet des j?iip{er5 qui y sont renfermés.
RÉQUISITION A PROPOS DES MANUSCRITS. i5i
Troisièmement.
« Qu'il soit par nous pareillement référé à Mons' le Lieutenant Civil au sujet du transport qu'il est nécessaire de feiire des Meubles^ Livres et Papiers qui sont dans ledit hôtel, à l'effet d'être autorisé par lui à foire transporter le tout avec les précautions nécessaires, dans l'appartement loué à cet effet, et pareillement être par luy ordonné ce qu'il appartiendra au sujet du dépôt desdits Manuscrits et Lettres inventoriés, et qu'il est pareillement nécessaire de Ëiire enlever de ladite maison; et sous toutes réserves et protestations de droit, a signé
GéRARDIN (i). »
M. Daguesseau de Fresne, de nouveau sollicité par le vœu unanime de toutes les Parties à se faire le gardien des Papiers et Manuscrits, persista à ne vouloir pas en être chargé; aussi ^ chacun des fondés de pouvoir fut-il d'avis de s'en rapporter aux décisions de M. le Lieutenant Civil.
(i) ARCHIVES NATIONALES :3/i«ttfe5du commissaireauChâtclet, Michel-Martin Grimperel, déjà citées (Y, noi3,38i), et de même pour toutes les autres citations originales (sauf la dernière), que, vu leur importance sous le rapport de rinformation et du renseignement, j*ai cru devoir reproduire en ce chapitre*
-SEU? ?AQCET5 D€^ LETTRES.
f Soi ^cy 9CCS. CiHfMFir.r.ff» 3C Rot. CohxbiftiB2 «npiT . auies 2*nc3ir -^'"*"^ aizXK aixx Râitics cancannrgi ie jkxis aaztçxnztmns. «£res, rôpû- «rîcaa. ^penses s çrooesatmos. pour ks Édre YaOûir en riens «st Eesiccqiiedeiaîaaa. cnaxiséepidcgggonsjrcnmra ssûnscccotiers, ctcoamie rds lievé et gq£ les sceBiés pc naos «ppoaô..., sur les ou '4 er turcs et <tifi»% dedef des demx iiroùrs dm kmream éfimt daxB kKfite sdie et qui étoit crde:^rant àaas k Cabinet à Iîttcs. oarertore desqoeb tiroirs &îte arec b dcf qui élDÎt restée en nos mains, se sont trouiés en îceox rmgt-ma^ pacqÊÊets cacketés, ksqads pour éviter la prolixité de b description que noos aoriotis été obligé de faLiTt des emrelopjfes desdits jMigiffts, noos avons, du consentement des Parties et dudit M* Géiardin , mis dans une cassette de bois de hêtre que nous avons Eût ficeler autour avec une ficelle, sur chacun des deux bouts de laqueOe nous avons apposé nos scellés avec cachets de nos armes en cire d'Espagne rouge, laquelle cassette et lesdits scellés , du consentement des Parties et dudit M* Gérardin , ont été mis en la garde et possession dudit Poton, qui s'en est chargé en dépositaire pour les représenter en Thôtel de Monsieur le Lieutenant Civil au jour qui sera cy-après indiqué, pour être desdits paquets &it ouverture par Monsieur le Lieutenant Civil, et par luy, après ladite ouverture, ordonné ce qu'il appartiendra : à l'effet de quoy, ensemble pour être statué sur le surplus des dires des Parties, nous disons qu'il en sera par nous référé lundy trente du présent mois en Thôtel
CHEZ M. LE LIEUTENANT CIVIL. i53
et par-devant M. le Lieutenant Civil, otx les Parties et Officiers et ledit M" Poton ont promis se rendre ledit jour.... »
Le lundi 3o juin^ toutes les Parties et Messieurs les OflBiciers ici désignés se rendirent en Thôtel de la rue Bourtibourg, qui était celui de M. le Lieutenant Civil. L'huissier Poton présenta la cassette où avaient été renfermés les Pingtneuf paquets trouvés en la précédente vacation. Elle fut aussitôt ouverte après que les scellés en eurent été reconnus sains et entiers.
Le texte du procès- verbal du Commissaire Enquêteur, bien que prolixe, diffus et confus à cet endroit, est tellement essentiel à l'historique des fameux Papiers du duc de Saint-Simon, que nous estimons devoir le reproduire en son intégrité. Le chercheur et le curieux en comprendront et l'importance et le particulier intérêt :
<c Mondit sieur le Lieutenant Civil a fait ouverture des vingt-neuf pacquets ^ et après avoir examiné les papiers y renfermés qui se sont tous trouvés être des Lettres Missives, à Texception
d*un seul paquet, dans lequel s'est trouvée une
i54 VINGT-NEUF PAQUETS DE LETTRES.
quittance. Monsieur le Lieutenant Civil a distingué et séparé les Lettres concernant la famille de Monsieur le duc de Saint-Simon d'avec celles qui ne regardent la famille ni ses biens, mais qui sont écrittes tant audit deffunt qu*à différentes autres personnes de considération. Après le triage desquelles Lettres, a paraphé la quittance étant dans Tun desdits paquets ainsi que l'enveloppe qui la renfermait, et ordonné que lesdites deux pièces seront par nous représentées et mises au rang des Papiers de la succession , pour être inventoriées.
« Qu'à V égard des Lettres concernant la famille, elles seront renfermées dans une boette sur laquelle nous apposerons nos scellés, pour être ladite boette et lesdits scellés représentés par le gardien d*iceux à la première ou subséquente vacation, et être lesdites Lettres jointes aux autres Papiers de la succession, et quant aux autres Lettres qui ne concernent ny la famille ny les affaires dudit deffunt, qu'elles seront mises dans une autre boette, sur laquelle seront apposés nos scellés, pour être ladite boette et lesdits scellés représentés par le gardien à la première vacation et les Lettres y contenues mises au rang des autres, trouvées dans les armoires de la salle du Daiz , après qu'elles auront été paraphées par les Notaires qui proceddent audit Inventaire, à l'effet de quoy lesdits scellés seront reconnus et levés et le paraphe desdites Lettres fait en présence de Monsieur VÉvêque de Met\, conformément à l'Arrêt du lo mai dernier.
CHEZ M. LE LIEUTENANT CIVIL. i55
a Monsieur le Lieutenant Civil a ordonné en second lieu que sans préjudice aux droits respectif des Parties, attendu Flnventorié des Manuscrits et Lettres cy-après énoncés, lesdits Manuscrits et Lettres qui ont été remis sous nos scellés dans les armoires de la salle du Daiz et qui ont été inventoriez seront mis et renfermez dans des coffres ou caisses fermants à trois serrures ou cadenas et à trois clefs différentes, de même que les Lettres trouvées dans les armoires qui ont été aussy inventoriées et celles (\m vont être aussi sous nos scellés ne concernant ny les affaires ny la famille de M. le Duc de Saint-Simon; qu'une des clefs de chaque coffre sera remise à T Exécuteur Testamentaire, une autre aux présomptifs Héritiers, et la troisième au Procureur des créanciers, et les caisses ou coffres remis ou déposés à M* Delaleu, Notaire , qui s*en chargera comme dépositaire pour les représenter quand et à qui il appartiendra... Et a signé:
Dargouges (i). »
(l) ALEXANDRE-FRANÇOIS-JéRÔME-D'ARGOUGES, SCignCUr dc
Fleury, la Forteresse et autres lieux, Conseiller du Roi en ses Conseils, Maître des requêtes honoraire de son hôtel, Lieutenant civil de la Ville, Prévôté et Vicomte de Paris, était fils de Jérôme d'Argouges, seigneur de Ranes, qui fut Conseiller au Parlement, Maître des requêtes, et Lieutenant civil depuis 1710 jusqu'en 1746, époque à laquelle celui-ci lui succéda, après avoir reçu la charge en survivance depuis 1741. Né le 22 avril 171 8, il mourut en son hôtel, rue Bourtibourg, le 10 février 1767. La terre d'Argouges était au bailliage deCaen, en la vicomte de Bayeux. Avant rétablissement du Lieutenant Général de police,
i56 EXÉCUTION DE L'ORDONNANCE.
Ce même jour, séance tenante, et sous les yeux du Lieutenant Civil qui venait d'en ordonner. M* Grimperel se mit en devoir d'exécuter l'Ordonnance, ainsi qu'il en fait rapport de la manière suivante :
« En exécution de la présente Ordonnance, nous Conseiller du Roy, Commissaire susdit:
Avons renfermé dans une moyenne boette de bois de chesne, les Lettres concernant la famille de Monsieur le Duc de Saint-Simon, laquelle boette nous avons entourée d'une ficelle, sur les deux bouts de laquelle nous avons apposé en cire d'Espagne rouge un scellé au cachet de nos armes ;
Avons renfermé dans une autre boette plus petite de pareil bois, les Lettres qui ne concernent ny la famille ny les affaires de Monsieur le Duc de Saint-Simon, laquelle boette a été pareillement entourée d'une ficelle, sur les deux bouts de laquelle nous avons aussy apposé en cire d'Espagne rouge un scellé au cachet de nos armes;
Lesquels scellés, en exécution de ladite Ordonnance et du consentement desdits sieurs Dathose,
parÉdit du mois de mars 1667, le Lieutenant Civil avait eu en main les affaires de la police et sûreté de la ville de Paris. Il fut restreint depuis à ne connaître que dts requêtes en matière civile, des contestations à juger en référé, des assemblées de parents et conseils de famille, des ouvertures de testaments cachetés, etc.
EXÉCUTION DE L'ORDONNANCE. ibj
Gauzen des Artaux et MM. Boudot et Gérardin èsdifs noms, ont été laissés en la garde et possession dudit Poton, huissier- priseur, qui s*en est chargé comme dépositaire pour les représenter, scavoir : la boette et les scellés apposés sur les Lettres qui ne regardent point la famille, mercredy prochain, deux juillet, huit heures du matin. Quant à la quittance et enveloppe paraphée de Monsieur le Lieutenant Civil, en exécution de ladite Ordonnance, ils sont restés en nos mains pour être par nous représentés et être mis au rang des Papiers de la succession, dont et de quoy nous avons Éaiit et dressé le présent Procez- Verbal en l'hôtel de Monsieur le Lieutenant Civil, en présence desdites Parties et Officiers. Ce à quoy il a été vacqué depuis trois heures de relevée jusqu'à plus de neuf heures sonnées , et sous les réserves et protestations respectueusement faites par les Parties, et qu'elles réitèrent, ont signé avec ledit Poton :
Poton. Gauzen des Artaux.
Gérardin. Dathose. Boudot.
Grimperel.
Les articles de l'Ordonnance de M. le Lieutenant Civil furent tous exécutés le mercredi 2 juillet. Sommation avait été faite à M. l'Évêque de Met{ pour être présent personnellement^ si bon lui sem-
i58 LES QUATRE LIASSES DE LETTRES.
blait, aux termes de T Arrêt du Parlement du I o mai, à la reconnaissance et levée des scellés et autres opérations ordonnées par le Lieutenant Civil. L'huissier à verge De Caix la lui avait remise la veille, et il y était notifié que les scellés à lever étaient ceux de la boette contenant quatre liasses de Lettres. Mais, à onze heures sonnées, M. rÉvêque de Metz ne s'était point encore présenté à l'hôtel, quoique sommé, et les Parties, ayant, de leur côté, sommé le Commissaire de procéder aux opérations, M* Grimperel y consentit. Voici ce que porte la minute de l'inventaire de M' Delaleu, à la date du 2 juillet :
(( Du MERCREDY DEUX JUILLET MIL SEPT CENT CIN- QUANTE-CINQ, HUIT HEURES DU MATIN, JOUR ET HEURE
INDIQUÉS PAR Monsieur le Lieutenant Civil , par
LE RÉFÉRÉ PORTÉ AU PROCEZ-VERBAL DUDIT S' COM- MISSAIRE, ÈSDITES REQUÊTES, LE PRÉSENT INVENTAIRE A ÉTÉ CONTINUÉ AINSI QU*IL SUIT :
Suite des Manuscrits,
Suivent les Lettres contenues dans une boëte sur laquelle ledit S^ Commissaire a, de l'Ordonnance de M. le Lieutenant Civil, lors du référé à
FIN DE LTNVENTAIRE DES MANUSCRITS. iSç
luy £ût, aposé ses scellés et dans laquelle boête avaient été renfermées différentes Lettres trouvées dans Its pacquets portés chez M. le Lieutenant Civil, ne regardant point la famille, la maison et les affaires de M. le Duc de Saint-Simon, dont le paraphe a été ordonné par M. le Lieutenant civil.
N* 172. Cent vingt-quatre pièces qui sont « Lettres et Enveloppes », paraphes par lesdits M* Baron et Delaleu, par première et dernière.
N* 173. Quatre-vingts pièces,paraphées par lesdits Notaires, par première et dernière, qui sont <c Lettres et Enveloppes. »
N* 174. Cent soixante-neuf pièces, paraphées par lesdits Notaires, par première et dernière, qui sont a Lettres et Enveloppes. »
N» 175. Cent vingt pièces, qui sont « Lettres et Enveloppes », paraphées par première et dernière, par lesdits Notaires (i). »
(i) Rien de plus important pour les historiens futurs (et
je voudrais dire prochains) de la Vie et des Œuvres du
grand auteur des Mémoires, que le signalement de ces
quatre paquets formant quatre cent quatre-vingt-treii^e
pièces, que très-peu de personnes ont connues. Pour nous,
il est indubitable que c*est au nombre de ces pièces que se
trouvaient et que doivent se trouver les Lettres du duc de
Saint-Simon à M. le duc d'Orléans, avec les réponses, soit
avant, soit pendant la Régence, ainsi qu'un grand nombre
de lettres de personnages qui ont le plus marqué dans les
afEiires politiques, pendant les dernières années de la vie
de Louis XIV, pendant la Régence surtout, et même sous
le ministère de M. le cardinal de Fleury.
i6o FERMETURE ET DÉPÔT DES CINQ CAISSES.
Ainsi fut terminé l'inventaire des Manuscrits^ a tant de la main du feu duc de Saint-Simon, que autres », au nombre de cent soixante-quinze numéros. Il restait à exécuter le dernier article de l'Ordonnance du 3o juin, c'est-à-dire à renfermer, dans cinq caisses, dont les cle£s seraient distribuées aux Procureurs des Parties, tous les manuscrits. La cérémonie s'en fit devant les Parties et les Officiers assemblés en l'hôtel du feu Duc, le mercredi 2 juillet, à huit heures de relevée. M* Poton, gardien de la précieuse boîte où étaient renfermées les Lettres ne concernant point la famille et les affaires, comparut avec son important dépôt, et l'ayant remis, en reçut décharge valable. On procéda ensuite au récolement des Manuscrits et Lettres qui étaient restés dans les armoires de la salle du Daiz, puis au paraphé des quatre liasses formées par le Lieutenant Civil. Le tout s' étant trouvé conforme aux numéros de l'Inventaire, fut placé et renfermé dans cinq grandes caisses fer mantes chacune à une serrure et deux cadenas à trois clefs différentes j puis remis au Notaire désigné, qui les fit porter au lieu de sa de-
NOTAIRE DÉPOSITAIRE DES MANUSCRITS. i6i
meure ^ en la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie^ au coin de la rue du Puits^ paroisse de Saint-Paul.
M* Delaleu, qui en fut le dépositaire depuis ce jour, 2 juillet 1^56, en exécution de l'Ordonnance du Lieutenant Civil, jusqu'au jour, 26 décembre 1760, qu'il dut les remettre, en exécution de l'Ordre du Roy, au sieur Le Dran, commis à cet eflFet par M. le duc de Choiseul, s'ex- [NÎme ainsi .
« Il a été vacqué à tout ce que dessus et à remettre tous les Manuscrits inventoriés sous les cent soixante-quin:(e numéros cy-dessus, dans cinq boëtes fermées chacune de trois clefs, depuis ladite heure jusqu'à celle de trois sonnées, par double vacation , à la réquisition expresse desdites Parties, pour accélérer. Ce fait, il a été remis, du consentement de toutes lesdites Parties, une clef de chacune desdites caisses audit M'' Boudot audit nom, une pareille clef à^ chacune desdites cinq caisses audit M* Gauzen èsdits noms, et une pareille c/e/" desdites caisses audit M* Gérardin, procureur plus ancien des créanciers, et lesdites cinq caisses, en conséquence de l'Ordonnance de mondit S' le Lieutenant Civil et du consentement de toutes lesdites Parties, ont été remises en la garde
et possession dudit M** Delaleu, qui s'en est chargé
ir,i NOTAIRE DEPOSTTAIRE DES
pour les représenter quand et à qui il appartiendra i .
Ci, Muaâes aothentkiiKft de M* Defadca : Infcntaire Saint-Simoo , ijSS et i75d. Voir au», Abootes xatioaiALES, le procès-TerbsI de M* Grimpefd à b date du mercredi 2 imllet 1 755. {fJasatx àa Commitsaira am Ckâtelet, Y, ii»i33«i.)
CURIEUX INCIDENT DE LA COMPARUTION DU SIEUR E. LAU- DIER, SECRÉTAIRE DU c FEU DUC DE SAINT-SIMON >, APPELÉ EN TÉMOIGNAGE AU SUJET DE l'iNTÉGRITÉ DU NOMBRE DES MANUSCRITS PRÉSENTÉS A L'INVENTAIRE. — DÉCLARATIONS INTÉRESSANTES DUDIT LAUDIER.
Restaient les papiers proprement dits de la succession^ si nombreux et d^un arrangement si difficile, qu ils exigèrent des mois pour être inventoriés. Mais, avant de chercher parmi eux ceux que nous pouvons à bon droit considérer comme étant d'un relatif intérêt pour l'histoire de la vie du duc de Saint-Simon, nous devons parler d'un fait complètement inconnu jusqu'à présent. Ce fait est d'une particulière importance, puisqu'il lève toute incertitude, non-seulement sur la quantité, mais encore sur le genre des écrits laissés par le grand et illustre écrî-
i^ COMPARCTIOX DC SECRÉTAIRE.
Tain. Après la déposiikm^ en effets du sieur Laudier^ secrétaire et bîbfiothécaire du feu Duc, nous estimons quH nj a fius à chercher si son maître a produit td ou tel autre ouvrage que ceux qui se trouvent désignés dans la partie de Pin ventaire ainsi produite : c Sensmvent les Manuscrits audit feu Seigneur Duc de Saint-Simon. > A la suite de la description des volumes manuscrits, il se répandit à Paris des bruits malveillants à cet égards et qui pouvaient^ sincm atteindre^ du moins blesser la bonne foi de Fexécuteur testamentaire^ Thonorable mesure Daguesseau de Fresne.
Plusieurs des créanciers^ mécontents et se disant déçus dans leur attente^ parce qu'ils avaient^ sans doute^ espéré que l'inventaire en aurait mis à jour un nombre beaucoup plus considérable^ s'ima^èrent que peutêtre on en aurait enlevé^ à leur insu^ plusieurs très-importants. M. TÉvêque de Metz lui-même ne se déclarait pas trèssatisfait^ et y sans doute mû par un sentiment différent, arrivait-il à la même croyance que les créanciers. Quoi qu'il en soit, messire Daguesseau de Fresne eut la pensée de faire comparaître le sieur Laudier, se-
COMPARUTION DU SECRÉTAIRE. i65
crétaire du feu Duc, et de lui donner lieu de se prononcer devant les Officiers, Procureurs et autres intéressés dans l'opération de l'inventaire. M* Grimperel, en fidèle narrateur des incidents et en rédacteur exact des procès-verbaux de chaque vacation, est le seul qui ait produit et représenté cet incident si curieux de la comparution du sieur Laudier, expressément appelé de la Ferté-Vidame à Paris, et qui ait donné acte de ses intéressantes déclarations :
« Et le lundy 28 juillet mil sept cent cinquante-cinq, DEUX HEURES DE RELEVEE :
En proceddant, par ledit M* Boudot audit nom (de M. Daguesseau de Fresne), a été dit que, sur les bruits que Ion a fait courir que tous les Manuscrits de Monsieur le Duc de S*-Simon ne. s*étoient point trouvés lors de la levée de nos scellés, Ton a fait venir en cette ville le sieur Laudier, secrétaire et bibliothéquaire du defFunt, pour faire sa déclaration sur les connoissances qu'il peut avoir relativement auxdits Manuscrits; en conséquence de quoy, attendu que ledit S' Laudier est à Paris et qu'il s'est présenté pour répondre aux sommations et interpellations, ledit M* Boudot audit nom, nous requiert, lorsqu'il se présentera en la maison où nous sommes, de rece-
i66 COMPARUTION DU SECRÉTAIRE.
voir sur le présent procejs-verbal ses déclarations et réponses sur ce qui suit.
Sçavoir s'il a connu d'autres Manuscrits que ceux qui ont été renfermez sotis les scellés des armoires de la salle du Dai^, et au cas qu'il y en ait eu d'autres, en quelles mains ils sont passez et oti ils sont actuellement;
S'il n*a pas été fait par feu Monsieur le Duc de S^Simon et de sa main une Table de ses Ma-nuscrits; s'il en a connu une autre que celle étant dans deux Portefeuilles in-folio qui étoient renfermez avec autres Portefeuilles dans les armoires de la salle du Daiz,
Et enfin d'expliquer ce qu'il sait concernant lesdits Manuscrits.
Lesdites déclarations et explications seront à valloir ce que de raison , et a ledit M* Boudot audit nom signé.
BoUDOT. »
(c Et à l'instant est survenu Etienne Laudier, secrétaire bibliothéquaire de feu Monsieur le Duc de S*-Simon , demeurant cy-devant à l'hôtel de S*-Simon, depuis à la Ferté-Vidame depuis sa sortie de l'hôtel de S*-Simon, et à présent à Paris logé rue Froidmanteau chez le serrurier du Roy, lequel a dit que, sur les avis et ordres qui luy ont été donnés, il s'est transporté du lieu de la Ferté- Vidame au Perche où il s'étoit retiré, et est arrivé à Paris le treize du présent mois, à l'effet de ré-