PRÉFACE. XV
procède à Touverture des paquets scellés et comment il répond aux diverses requêtes ^ comment il en ordonne, et pourquoi il rend dépositaire de tous les Manuscrits et Lettres renfermés en cinq caisses à trois serrures différentes. M* Delaleu, qiii les •emporte en son dépôt de la rue Sainte- Croix de la Brctonnerie, au coin de la rue du Puits, paroisse de Saint-Paul. Cela le 2 juillet de Tannée lySô.
Et le tout est la matière des quatorze premiers chapitres dont l'ensemble forme la première partie de ce travail de curiosité .
Le chapitre XV ouvre la seconde partie où — s'il se peut dire — domine l'élément historique et littéraire des aventures des Manuscrits et Lettres de Fauteur des Mémoires. Nous nous trouvons ici avec des personnages d'un tout autre caractère ; car, en quittant le prétoire , les officiers publics et civils et tous les gens du présidial , nous
rvi PRÉFACE.
voici venus ^ pour les besoins de lacause^ dans le cabinet politique, chez M. le duc de Choiseul, dans les petits appartements de Madame de Pompadour, et en quelque sorte, à l'Académie, puisque messieurs les historiographes du Roi à* qui nous avons affaire, pour les extraits des Manuscrits auxquels ils furent commis , Tabbé de Voisenon , Duclos, Marmontel, étaient de cette Compagnie.
L'explication et le commentaire de X Ordre du Roi qui valut en 1 760 à la Secrétairerie d'État des Affaires Étrangères tous les Manuscrits du duc de Saint-Simon, déposés pendant près de cinq ans chez le notaire Delaleu, sans que personne y ait pu toucher ni en connaître, sont le sujet et la matière d'un récit développé, où les faits se croisent avec les conjectures (i).
(i) Voici une preuve toute fortuite de l'authentique prise de possession des Manuscrits du duc de Saint-Simon par le Premier Commis des Affaires Étrangères. Je la pourrais appeler anecdotique. Le sieur LeDran, premier commis et chef du Dépôt des Archives situé alors au vieux Louvre, dut, conformément aux instructions de M. le duc de Choiseul, se transporter le 2 1 décembre 1 760 chez M* Delaleu , dépositaire depuis cinq ans de tous les Manuscrits du feu Duc, et lui présenter rOr^re du Roi pour les lui
PRÉFACE. xvii
Par d'activés recherches, en des recueils peu consultés, nous avons pu enrichir
enlever. Obligé de vérifier sur la minute de l'Inventaire général les termes précis des vacations du 27 juin ijSb j consacrées à la description de cent soixante et on:çe articles, il se le fit communiquer. Ce document est un fort gros volume de près de cinq cents pages, à feuilles marquées à 3 et 10 sols, ne comprenant pas moins que l'essentiel de deux cent cinquante-six vacations. Les pages n'en sont pas numérotées, et pour ne s'y point égarer, besoin est de Qiettre un signe de reconnaissance à la page des articles à voir. Tel fut le cas de M. Le Dran. N'ayant sans doute rien de mieux sous la main que la bande du paquet des Gazettes DE Hollande qu'il avait reçu ce jour, il marqua la page des Minutes de l'Inventaire à cet endroit descriptif: « Ensuivent les manuscrits dudit feu seigneur duc de Saint- Simon ». Or, M. le porteur de VOrdre du Roi, en se retirant, laissa, par mégarde sans doute, la marque de sa visite, et lorsque je lui succédai, il y a quelques mois, en office de curiosité, je la retrouvai telle qu'il l'avait placée cent quatorze ans avant moi, à la même page si intéressante du Document. C'est une preuve à l'appui. La voici dans sa forme et teneur :
Novembre 1760 GAZETTES ÉTRANGÈRES franches de port
Monjieur le Dran , Chef du Bureau des Affaires Étrangères,
Au Louvre.