LETTRES PARTICULIÈRES
Ce sont trois lettres de l'année 1720^ et toutes trois relatives aux affaires qui rendirent le mois de juin de cette année si rempli pour le duc d'Orléans et si préoccupant pour le conseiller de Régence. A qui sont-elles adressées? Nous l'ignorons. Avec qui Saint-Simon entrait-il dans des détails aussi particuliers et aussi importants pour le temps? Nous n'avons pu le découvrir. Fut-ce à M. de Valincour (i)^
par user son influence auprès du Régent. Son Altesse Royale se plut toujours à le voir , mais elle se fatigua de récoutcr, et les entretiens politiques de Tun et de Tautre tournèrent, peut-on dire, à n'être plus que choses platoniques, se formulant souvent, de la part du conseiller, par des' écrits toujours sous forme de questions à traiter, du genre de ces deux Mémoires, par exemple, publiés en i834 dans la Revue Rétrospective, tome II , page 44: « Deux Mémoires remis au Régent pour le détourner défaire des Ducs ». I-a Revue les donne comme tirés du Ministère des Affaires Étrangères, On y retrouve le philosophe, même à propos des Ducs, et il y parle a de l'humeur des hommes plus propres à être attachés par l'espérance que par la reconnaissance, et à se remercier eux-mêmes, leurs qualités, leur industrie, de ce qu'ils ont obtenu, qu'à en savoir gré à qui leur a donné, duquel souvent ils ne considèrent les présents que comme des choses dues à eux ou aux exemples des grâces pareilles ».
(i) « Valincour, homme du monde, écrivain amateur, esprit délicat », a dit Sainte-Beuve. Il fut de l'Académie. Saint-Simon a fait de lui un portrait sous les plus belles couleurs. « Un répertoire d'anecdotes de Cour,,, solidement vertueux et modeste, toujours dans sa place et jamais gâté par les confiances les plus importantes et les plus flatteuses,,, » Voici une lettre de M. de Valincour au duc de