‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inédits (volume 2)Chapitre 143 sur 156 · SES LETTRES PRIVÉES A RECHERCHER · texte numérisé non relu

SES LETTRES PRIVÉES A RECHERCHER

tourments que les approches seules du pouvoir procurent ordinairement aux esprits même les mieux trempés et les plus affermis. Mais qu'est-ce que deux lettres, écrites à de longs intervalles, quand il y en a peut-être des centaines , dans des Portefeuilles dérobés à la curiosité , se suivant les unes les autres , représentant les pensées , les actions de chaque jour pendant la plus importante période de la vie ? La lettre inédite, toute familière, dont nous parlons, est fort à l'avantage de l'écrivain et de Thomme (i). C'est

(i) Saint-Simon adresse cette lettre à une dame, sans doute parente ou amie d'un savant fort connu, répandu et honoré alors , le savant Du Gué ou Duguet, auquel il a consacré plusieurs pages d'un si vif et si attrayant coloris dans la première partie de ses Mémoires (tome III, page 78). M. Du Gué venait de mourir, et il y a lieu de penser, d'après cette lettre, que la dame à laquelle répond Saint- Simon lui avait fait part de certains bruits malveillants pour la personne ou pour l'esprit de ce savant homme. La lettre originale appartient à la collection de M. Feuillet de Conches :

« Paris, 28 mars 1734.

tt Vous me surprenés étrangement, Madame, par ce que vous m'asseurés qui se répand sur M. Du Gué, Je vous avoue quej'aurois besoin de le voir pour le croire. Tant de gens ont eu un accès facile chés luy dans le peu de tems qu'il a vescu depuis son retour à Paris, que ce sont autant de tesmoignages certains qui dément iroient des fables aussy groS' sières. Je me souviendray toujours avec un plaisir singulier

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peut-être après Tavoir lue ^ ou d'autres de même nature y que l'auteur de Tun des Discours sur la vie et les écrits du duc de Saint-Simon , applaudi par TAcadémie en i855, a pu dire, sans même émettre de dbute^quesi Ton voulait «rechercher dans des documents inédits lès qualités ignorées

et en mesme temps avec toutte l'amertume que' causé sa perte h tout ce qui pente et sent quand on l'a connu, de la vUUte que je luy rendis quelque tems après son retour, où je le retrouvàydans toutte Testendue d'une aJisés longue conversation, déplus d^une heure et demie, ^ueje trouyay courte, et dans toutes les parties de cette conversation , non-seulement tel que je Voifoit laissé autrtfoispour le, solide, mais tel encore pour cette politesse et tout ce qui n'appartenoit qu'à Itty, cette guayeté si fine mais si sage et si retenue ^elle se contentoit de se faire sentir, cettç justesse, cette clarté d'expression qui luy étoit propre, en un mot, ce tour particulier qui Va toujours distingué, soit en parlant, soit en écrivant, à ne s^y pouvoir méprendre. Je regretterez toujours que mon voyage de laFerté m'ait privé de l'honneur et du plaisir qu'il me voulut bien promettre de si bonne grâce de venir disner ché$ moy à mon retour avec une ou deux personnes de ses amis, et je m'assure que si on ne ypus a point trompée sur ce qui vous est revenu qui se dit et' s'écrit de San' esprit dans et dernier séjour à-Paris, Ces calomnies, destituées despltis légères apparences, ne trouverront partout que le jnépris et l'indignation qu'elles méritent, Cçst à quoy itfyut les abandonner, si tant est qu'elles existent.' Je regretteray toutte ina vie mt «i utile et 'si sea-

tesmoigner perêonnelletnaUcdinbien j^àiàiàray tot^Ours ce qu'il a aimé et combien je vous suis parfaitement acquis.

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