CONJECTURES
Il se pourrait^ toutefois^ que le peu de lumière qu'ils ont répandu dans ces intéressantes circonstances^ n'ait été chez eux qu'excès de réserve^ et qu'ils aient voulu donner^ une fois de plus ^ un de ces exemples solennels de discrétion et de retenue propres à les rendre admirables, lorsqu'ils étendent ces vertus jusques à être hésitants devant la propagation d'informations séculaires.
chacun, sur ce point historique, paraît avoir fait erreur en mettant la comtesse de Valentinois au lieu et place où fut en réalité la maréchale de Montmorency, La réponse même, partie du Cabinet de M. de Vergennes, et rédigée sous forme dé Mémoire, en 1775, à l'adresse de l'Évêque d'Agde et d'un autre Saint-Simon qui réclamaient les papiers du feu Duc comme ayant été injustement spoliés à la famille, fait la même erreur. Le rédacteur attaché à M. de Vergennes, qui fut sans doute en cette circonstance M. Sémonin, alors Garde du Dépôt des Affaires Étrangères, dit entre autres choses, pour justifier le refus du Ministre :
tt Quand même Madame de Valentinois n'auroit eu aucun droit aux Papiers de son grand-père, elle a pu, du moins, les dénoncer au Gouvernement comme propres à blesser quelques Cours et à inquiéter plusieurs familles, comme inutiles à la sienne, comme intéressant le service du Roi en plusieurs choses; Sa Majesté a dû, en les faisant mettre en lieu de sûreté , prévenir l'abus qu'on pouvoit en faire, »
C'est ce qu'on appelle parler assez bien pour le grand besoin de la cause, mais c'est en faire trop dire à Madame de Valentinois, qui n'a certainement pas pensé ni si loin ni si haut. Elle était de caractère volage. Les mots a comme inutiles à sa famille », appliqués aux Papiers du duc de
iio CE QUE FUT CET « ORDRE DU ROI ».
L'Ordre du Roi fut un moyen heureux^ en cette circonstance^ pour empêcher la criée ^ la vente aux enchères, la dispersion de ces Manuscrits importants, et en même temps il mettait un terme absolu à toutes les contestations et oppositions des créanciers. V Ordre du Roi était indiscutable, et, bien que parmi les Portefeuilles il n'y en eût que très-peu dont la matière justifiât absolument les mots : a comme ils concernent l'ambassade d'Espagne et les affaires du Roi y> , toute prétention se trouvait ainsi renversée et anéantie, et la responsabilité de TExécuteur Testamentaire était mise à couvert autant que celle du Dépositaire. Restait Thonneur à satisfaire de la part du Roi à regard de la maréchale de Montmorency, héritière de feu M. TÉvêque de Metz, et de madame de Valentinois, héritière du feu Duc de Saint-Simon. Cela s'arrangea
Saint-Simon, aux Manuscrits de l'auteur des Mémoires, par Messieurs du Bureau des Affaires Étrangères, en 1775, sont bien plaisants. On ne peut les voir là sans sourire. Voyez la « Ga:^€tte des Tribunaux », numéros des 21 et 28 janvier et 4 février 1857. Audiences de la Cour Impériale de Paris, Première Chambre, présidence de M. le Premier Président.