INCROYABLES ALLÉGATIONS DE SOULAVIE
Il ne se peut rien dire de plus fort ! Et bien mal appris serait celui qui se rencontrerait pour nous dire :
Mon frère, doucement il £iut boire la chose.
C'est d'une imposture si grande^ que Tesprit en demeure comme révolté; cependant son assurance est telle ^ le détail par le menu si vraisemblable, que Ton pourrait s'avouer persuadé, et dire avec Molière :
Je ne sais s'il m'impose, Mais il parle sur la chose G>mme s'il avait raison.
Les Mémoires, en effet, tels que les avait écrits Saint-Simon, formaient onze Portefeuilles qui étaient aux Affaires Étrangères. L'abbé de Voisenon les avait extraits. Cela était vrai. Mais que dire et que penser du reste? Mais le mensonge et la confusion, combien grands n'étaientils pas ! A y regarder de près, il s'est passé là tout un mystère fort singulier, dont nous croyons avoir soulevé le voile en estimant
que Soulavie a eu en sa possession les différents papiers de l'abbé de Voisenon^ dont Madame de Turpin dit qu'ils n'ont pas été trouvés après sa mort^ et qu'on ignore entre les mains de qui ses manuscrits sont tombés (i). Notez qu'elle ne parle ici que des manuscrits historiques^ et non des madrigaux^ petits contes ou comédies. On a su depuis que Chevalier^ secrétaire de l'abbé ^ qui avait eu large main à la copie ^ en avait gardé bon nombre. En effet, l'édition donnée par Soulavie des Mémoires de Saint-Simon en treize volumes, comportait des appendices qui, entre autres documents, avaient manifestement été tirés des Portefeuilles contenant les pièces pour faire suite ou plutôt compagnie au manuscrit original des Mémoires, et dont Saint-Simon parle fréquemment dans le cours de son immense récit. Ainsi : a Mémoires du comte de Bonneval et de ses disgrâces en France. » Ainsi : « Pièces relatives au C^ar Pierre et à son fils, remises au duc
(i) Voyez « Œuvres complètes de M. Vabbé db Voisb- HON », Paris, 1781. Cinq volumes in-S".
de Saint-Simon en 1720. » Ainsi : « Observations sur la constitution politique du royaume d'Aragon en Espagne »^ et d'autres encore j tels que « Mémoire sur les Princes légitimés "»; « Mémoire pour servir d'instruction à M. le duc de Saint-Simon, allant en Espagne ambassadeur extraordinaire. j> Or, qui avait eu communication de ces Portefeuilles de pièces et autres écrits de tout genre du duc de Saint Simon, en dehors des manuscrits des Mémoires? Un seul, et ce fiit l'abbé de Voisenon, qui avait copié, extrait, emprunté, selon son bon plaisir et sa commodité. Duclos et Marmontel n'avaient point connu les pièces, ni les lettres, ni les écrits divers, nulle autre chose enfin que les Mémoires proprement dits. Soulavie, même à la date de 1791 ^ qui est celle de la dernière édition qu'il a produite, n avait point encore eu accès au Dépôt des Affaires Étrangères à Versailles, comme il Va eu depuis, en compagnie de Veminac, après avoir été mêlé à l'affaire des Papiers du Roi, sur un ordre de Garât, Ministre de la Justice, faisant par intérim les fonctions de Ministre de Tinté-
rieur le 17 février 1793. Et si, à la faveur de cet ordre, qui lui permettait de prendre une si grande volée dans ce dépôt considérable et préservé de toute atteinte révolutionnaire, même en 1793; si alors, — ainsi qu'on peut le penser, — il a connu en vérité et en réalité les manuscrits originaux des Mémoires, les onze précieux Portefeuilles, de près de trois mille pages de l'écriture la plus compacte qui se puisse rencontrer, quelle alarme n'a pas dû avoir ou sa conscience ou son esprit, en contemplant Ténormité de son peu de scrupule à l'égard du grand moraliste et de l'âpre historien ! Il semblerait qu'il en ait eu conscience, car depuis, il n'a plus parlé publiquement des Œuvres complètes (/) du duc de Saint-Simon, que cependant, en 1 79 1 3 il avait annoncées et mises au jour avec un fracas si grand et des déclarations si risquées.
Dans cet intervalle du temps écoulé entre la publication par Soulavie de V Observateur vértdique ou Mémoires de Saint-Simon, en 1788, et celle du Supplément en quatre volumes, avait paru
un livre intitulé « Louis XIV, sa Cour et le Régent »^ dû au tranquille ^ modeste et laborieux Anquetil^ fidèle et bon serviteur des études historiques^ honorables et paisibles (i). Curieux de sources nou-
(i) ANQUffnL (Louis-PiBRRE)y chanoine régulier de la Congrégation de France , prieur curé de Château-Regnard, puis curé de la Villette , à Paris; correspondant de TAcad^ mie royale des Inscriptions et Belles-Lettres , élu de la seconde classe de Tlnstitut, puis de TAcadémie française, naquit à Paris, le 21 janvier 1723. Je crois qu*on ne pourrait dire autre chose de lui sinon qu*il a passé toute sa vie dans rétude de Thistoire. Il fut un temps où son a Histoire de France » était la plus répandue et la plus populaire de toutes , sous le titre de a Histoire de France depuis les Gaulois jusqu'à la fin de la monarchie ». Paris, i8o5, 14 vol. in- 12. Anquetil est un des historiens de la fin du dix-huitième siècle qui a le mieux compris tout ce qu'il y avait à tirer des documents diplomatiques originaux pour servir à rhistoire. Il a en quelque sorte inauguré Tère des recherches en ce genre, et fut très-heureusement secondé dès ses débuts par des grands seigneurs intelligents, qui lui ouvrirent ou firent ouvrir des portefeuilles précieux. Ses a Mémoires du maréchal de Villarsy}, publiés en 1784, en 4 volumes in- 12, et dédiés au maréchal de Castries, ministre secrétaire d*État ayant le département de la Marine, ont été rédigés d'après les papiers aussi considérables qu'intéressants que le maréchal de Castries et le marquis de Vogué , frère de Tévéque de Dijon , qui les tenait par héritage d'un Vogué marié à une sœur du maréchal de Viilars , avait mis à sa disposition. Il avait ainsi reçu pour ce seul ouvrage 142 cahiers de Mémoires, 2i3 feuilles volantes in-folio, et 14 volumes de lettres originales.
Dans le recueil des Mémoires de l'Institut, on trouve aussi divers menus travaux d'Anquetil qui dénotent bien les constantes tendances de son esprit investigateur; ainsi ;
velles, lecteur assidu d'ouvrages oubliés qui peuvent néanmoins être pleins de qualités et de bon conseil^ il s'était mis en quête d'utiles instruments pour ce nouveau travail^ qui était une suite naturelle à ce VEspritde la Ligue », paru en 1767 (i), et à « V Intrigue du Cabinet y>, paru en 1780. Il avait pris l'usage de résumer en tête de ses publications des a Observations » sur les écrits qu'il avait consultés. C'était comme une façon courtoise de présenter à son public les auteurs qui lui avaient rendu service. Le premier article que nous rencontrons est relatif aux Mémoires de Saint-Simon, « manuscrit en sept volumes in-4% contenant 2 1 02 pages» . En voici le principal extrait :
i« Coup d* œil sur les anciennes relations extérieures de la France;
2« État de V Europe avant la paix de Westphalie en 1 648 ;
3» Mémoire sur VÉtat de l'histoire de France, où Von expose les moyens qui ont été employés à ceux qui restent pour la conduire à sa perfection.
(i) L'Esprit de la Ligue, ou histoire politique des troubles de la France pendant les seizième et dix-septième siècles. La première édition est anonyme (1767) et a paru en trois volumes.
(i) L' Intrigue du Cabinet, sous Henri IV et Louis XIII, terminée par la Fronde. La première édition (1780) est en 4 volumes in- 12.
28o ANQUETIL CITE LES « MÉMOIRES ».
<( Ce n'est cependant qu'un abrégé ; Toriginal, beaucoup plus volumineux, est dans le Dépôt des Affaires Étrangères. M. de Choiseul chargea M. F Abbé de Voisenon de le réduire, et, comme c*étoit un homme de goût, on peut présumer qu'il n'a rien omis de ce qui s'y pouvoit trouver de curieux et d'intéressant : ainsi, on s'est cru dispensé de recourir à l'original, qui n'aurait rien appris de plus important. L'éloignement et des occupations qui exigent résidence ont empêché de profiter de l'offre obligeante qui a été £Eiite de communiquer ce Manuscrit, mais sans le déplacer.
« M. rÉvéquedeSenlis,dontonnesauroittrop louer le zèle pour les sciences et la complaisance pour ceux qui les cultivent, a bien voulu faire copier l'exemplaire dont on s'est servi, et tirer, tant de sa bibliothèque que de celle de ses amis, les livres dont on a eu besoin
<( Les Mémoires de Saint-Simon commencent à devenir communs. On en a tiré et on en tire journellement des copies. Il pourroit arriver que quelque libraire, voyant cet empressement, les fît imprimer. On en a même déjà donné des morceaux dans des recueils dont ces fragments font le principal mérite. C'est donc le moment de feire paraître un ouvrage où on trouvera tout ce que ces Mémoires renferment de curieux et d'intéressant (i) »
(i) Voyez l'ouvrage d'ANQUETiL, « Louis XIV , sa Cour et le Régent », Paris, Janet et Cotelle, édition de 1789,
ANQUETIL CITE LES a MÉMOIRES ». 281
Mais voici qu'au moment où l'ouvrage du sage Anquetii était à la censure^ parut V Observateur véridique. L'auteur du livre <r Louis XIV, sa Cour et le Régent » n'en prit pas pour cela plus d'humeur^ et se contenta^ dans l'impression dé ses pages consacrées aux Observations, d'y joindre cette note :
« Ce qu'on avoit prévu est arrivé. Les Mémoires de Saint-Simon ont paru sous le titre de : « L Observateur véridique y^, Paris, Buisson, rue Hautefeuille, 3 vol. petit in-8. On a gardé tout le désordre du manuscrit. Les lecteurs jugeront, par nos citations, si on en a conservé Ténergie. »
Ânquetil était alors à Senlis^ où il avait été appelé poiu* y ranimer les études du collège de la ville. Il résulte de son exposé que M. l'Évêque de Senlis ( i ) avait aussi sa copie des Mémoires de Saint-Simon, calquée, comme toutes les autres, sur
4 volumes in-8% tome I*', pages 8 à 11, ou Tédition de 18 19 de Janet et Cotelle en 2 volumes.
(i) Jean- Armand de Roquelaure, de 1* Académie française, où il avait été reçu, le 4 mars 1771, par Tabbé de Voisenon. Êvéque de SenlIs, Conseiller d'État ordinaire, puis Archevêque de Mali nés.
la copie originelle ^ unique ^ œlle de M. Tabbé de Voisenon (i). Anquetil, depuis lors^ travailla au Dépôt des Affaires Étrangères, où il prit qualité et reçut les appointements de Rédacteur de Mémoires politiques. Soit qu^alors les données de son esprit, la direction de ses travaux, principalement Tétude des manuscrits relatifs aux traités, soit que d'autres motifs l'aient détourné de penser à Texamen des Papiers du duc de Saint-Simon, il n'en a plus fait mention dans aucun de ses écrits, et nous ne lui devons point à cet égard de ces révélations intéressantes du genre de celles qu'il a rédigées touchant les « Mé-
(i) Il faut le redire ici , et pour une dernière fois, cette affiiire de la copie dite de l*abbé de Voisenon et qui aurait servi de modèle pour toutes les autres , est encore obscure. Hier même (12 décembre), je rencontrais cette observation dans la préface de V Histoire de la Régence par Lemontet, parlant de Saint-Simon. « Les manuscrits de ce Duc sont considérables. Ses Mémoires forment dou^e volumes in-folio d'un caractère serré et d'une lecture pénible. L'abbé de Voi senon en tira pour l'amusement de Louis XV des morceaux piquants et scandaleux, dont il composa trois volumes in-4% qui sont restés inédits. » Or Lemontey écrivait cela en 18 16, et il connaissait les papiers des Afiaires Étrangères mieux que M. le Garde du Dépôt lui-même. On pourrait peut-être conclure d'après cela que Tabbé de Voisenon avait aussi disposé des extraits spécialement en vue d'intéresser le Roi et de le divertir.
moires et Manuscrits » des Affaires Étrangères ^ dans le cours de son exposé des Motifs des guerres et des Traités de paix de la France, adressé par lui en l'an VI « au citoyen Talleyrand-Périgord^ Ministre des Relations extérieures » , vers le Dépôt desquelles nous devons maintenant retourner.
Le personnel du Dépôt des Affaires ÉtrangèreSj à Versailles^ n'avait pas suivi à Paris le personnel des bureaux proprement dits^ après les journées des 4^ 5 et 6 octobre 1789^ époque à laquelle le Gouvernement et l'Administration j répondant aux impulsions nouvelles^ durent abandonner Versailles pour venir se grouper à Paris autour de l'Assemblée toute-puissante. Le Dépôt était demeuré comme isolé du mouvement.
A M. Sémonin^ chef depuis l'année 1 772^ avait succédé , après la journée du 10 août 1792^ le citoyen Geofroy^ qui avait été nourri ^ pour ainsi parler^ dans le Ministère. Le sieur Poisson (Louis Huet)^ qui vivait auprès de ces Papiers depuis l'époque du Traité d'Aix-la-Cha-
pelle^ c'est-à-dire depuis près de quarante-deux années^ s'y trouvait encore en septembre 1 795 ^ honoré et respecté^ et faisant l'intérim pendant le temps qui suivit la retraite de Geojfroy et précéda l'établissement de Resnier, en mission à Genève, au moment où le Ministre Delacroix Favait désigné pour être le chef du Dépôt (fructidor an III et pluviôse an IV). Ces archives avaient donc rencontré dans leurs gardiens des amis sûrs et fidèles y et dont le naturel paisible y le peu de goût pour se mêler au mouvement des réunions politiques qui alors agitaient tous les districts , une grande prudence enfin, avaient préservé d'aucune atteinte violente les élégantes salles de leur Dépôt édifié par le duc de Choiseul. Seules, — et dans une mesure relativement modérée, si l'on considère la rigueur des ordres donnés à cet égard par le Comité de salut public, — les reliures des volumes des Négociations et des Traités avaient subi des altérations dans le relief du blason du Roi qui les ornait. Ce ne fut qu'à la fin de lygS que s'effectua le transport à Paris des papiers d'État de tout genre , religieusement conservés et si heu-
reusement sauvegardés à Versailles.
L'opération du transport des volumes de la salle dite des Manuscrits (ceux du duc de Saint-Simon en étaient) eut lieu au mois de janvier 1796. Ainsi que les Papiers des Négociations ^ ainsi que les Registres des Traités^ ainsi que les Portefeuilles contenant tant de Correspondances aussi curieuses que diverses^ ils furent portés à Thôtel de Galliffet d'abord^ où était le Ministère^ puis à l'hôtel de MaurepaSj expressément aménagé et disposé pour le nouveau Dépôts qui avec l'opération du triage des titres^ c'est-à-dire du versement fait aux Relations Extérieures des Documents d'État ^ soit en originaux^ soit en copies^ enlevés à des familles émigrées telles que les Noailles^ les CastrieSj les BombelleSj s'augmenta dans une proportion remarquable.
Pierre-Edouard Lemontey ( i ) tut le pre-
(i) Pierre-Edouard Lemontet, né à Lyon, le 14 janvier 1762. Il fut de r Assemblée nationale législative, qui succéda à r Assemblée constituante. Après le 10 août, il fît retour à Lyon, fut hors de France pendant la Terreur, et revint en 1795 à Paris, qu*il ne quitta plus. Il eut Tadresse de
mier et peut-être le seul qui les consulta pendant le long séjour de curieux et de studieux qu'il fit à Thôtel de Maurepas^ depuis l'année 1808 , où il entra à ce titre aux Archives du ministère avec Tappui de l'Empereur^ jusqu'à l'époque environ où nous verrons paraître sur la scène des Papiers de Saint-Simon le général marquis de ce nom^ qui leur porta un si heureux et si vigoureux assaut. Lemontey vivait depuis 1 79 5 à PariSj dans le monde des lettres^ dc où il avait trouvé sa vraie destinée » . La bonne société qu'il fréquentait ^ la nature de ses écrits^ le nom qu'il s'était fait^ l'avaient désigné à l'attention de l'Empereur^ qui le chargea de réunir un nombre considérable de documents pour servir à une histoire politique du dernier siècle ^ depuis la mort de Louis XIV (i). « Nul
partager tout le temps de sa vie entre les satisfactions et les occupations de Tesprit et Tagrément des bonnes compagnies. Il fut reçu à l'Académie le i8 juin 1819, et mourut le 26 juin 1826. Lemontey excellait dans les Notices, La Revue encyclopédique en contient plusieurs de lui qui sont des modèles, entre autres celle relative au cardinal de Retz. Ses œuvres complètes en cinq volumes, moins VHiS" toirede la Régence, qui n*a pu paraître qu'après i83o et qui forme deux volumes, ont été publiées en 1829, in-8% chez Sautelet Les Éloges historiques et les Notices sont dans le tome III.
(i) a II y a environ huit ans (dit-il au début de la pré&ce
n'avait plus de lecture que Lemontey^ a écrit M. Feuillet de Conches^ qui l'avait beaucoup connu et avait eu et vu en lui un maître. Il s'était abreuvé avec une infatigable ardeur aux sources historiques. Tour à tour biographe des personnages les plus diversement célèbres^ publiciste^ historien 3 romancier, fabuliste, auteur dramatique toujours piquant, toujours spirituel..., du reste, de mœurs douces, de caractère facile, de commerce sûr, il était fort répandu dans le monde, mais ne faisait feu qu'en petit comité ( i ) . » La chute de l'Empire trouva Lemontey dans son tranquille siège de visiteur et d'hôte au Dépôt, où il continua de paraître sous le nou-
de son a Histoire de la Régence », qu'il écrivait en 18 16) que je fus invité par le gouvernement de l'Empereur à écrire l'Histoire de France sous le règne de ses deux derniers rois. Je demandai les moyens de connaître la vérité et la liberté de la dire: on m'accorda les uns et on me promit Vautre. Plusieurs personnes informées de l'entreprise dont j'étais chargé, s'empressèrent de me communiquer, soit des mémoires inédits, soit une foule de pièces officielles conservées dans leur famille, La richesse et la nouveauté de ces matériaux ont soutenu mon courage contre l'immensité du travail que m'a coûté leur étude, »
(i) Feuillet de Conches, Causeries d'un Curieux, (Retouches du manuscrit. L*auteur a consacré un chapitre considérable au portrait, au jugement et à la mémoire de Lemontey dans son manuscrit nouveau.)
veau règne^ sansêtre autrement tourmenté ou desservi. Son esprit s'était particulièrement arrêté aux documents relatifs aux dernières années du règne de Louis XIV et au temps de la Régence. C'est dire de quel prix dut être pour lui l'approche des papiers originaux du duc de Saint-Simon. Entre autres^ il est le premier qui ait signalé les annotations qui sont au manuscrit du Journal du marquis de Dangeau, et le premier qui en ait divulgué des fragments. Il ne pouvait pas ignorer que ces annotations fMssçxit de Saint-Simon, mais pour ne pas éveiller peut-être au dehors une curiosité trop hâtive , ou pour tout autre motif à nousinconnu, il ne prononça pas le nom du fameux Duc et ne désigna X annotateur que sous le nom de « TAnonjrme ».
(c Je m'occupe depuis bien des années, dit-il, de la recherche de documents originaux, sur lesquels on puisse écrire une histoire vraie et impartiale des derniers règnes de notre Monarchie. Quelques personnes, informées de ce travail, ont désiré connaître mon opinion sur V Abrégé des Mémoires de Dangeau, publié Tannée dernière par Madame la Comtesse de Genlis... Lorsque je