‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inéditsChapitre 119 sur 159 · AUDIENCE DU ROI · texte numérisé non relu

AUDIENCE DU ROI

(c Sire^ dit-il^ j'ai une grâce à demander à Votre Majesté?

— Monsieur de Saint-Simon^ je sais vos récents et bons services, vous pouvez demander ce qu'il vous plaira.

— Sire, il s'agit de la grâce d'un prisonnier à la Bastille.

— Vous voulez rire, je pense. Monsieur de Saint-Simon?

— Sur la Bastille, oui. Sire, mais non sur des manuscrits originaux du duc de Saint-Simon, enlevés en 1760, et prisonniers d'État de Votre Majesté au Ministère de ses Affaires Étrangères.

— Je sais ce qu'il en est. Monsieur de Saint-Simon, et vous aurez ces manuscrits, je vous en donne ma parole. »

Lorsque le marquis de Saint-Simon racontait cela, il prenait à témoignage de l'anecdote et de ce bon du Roi^ M. le duc

Deçazes.

Mais là ne finit pas l'histoire. Le Roi avait

accordé, et Messieurs du bureau des Archives auraient bien voulu qu'il ne fût point « si bon prince ». De là une lutte sourde et souterraine, des plus vivaces, de la part de M. le Garde du Dépôt. La nouvelle, en

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