VI PRÉFACE
du duc de Saint-Simon. J'y joindrai ce mot de Montalembert :
ce A côté de cette suavité primitive et homérique, si justement signalée dans certaines pages, il y en a d'autres frappées au coin d'une sauvage grandeur qui échappe à toute règle comme à toute analyse. Saint-Simon est de toute la littérature française le plus grand des peintres et le plus varié. Pour parler avec Bossuet, il semble rendre la vie plus vivante ( i ) . »
Ce petit Duc a à l'œil perçant i>, qui a tant écrit pour l'histoire des autres, échappe à la sienne propre, par bien des côtés. C'est le charme et l'attrait de ceux qui l'admirent de devoir rechercher, pour les réunir et en faire emploi, les matériaux utiles à une histoire de sa vie, tant privée que publique. Je lui ai dû les plus belles
(i) (c De la nouvelle Edition de Saint-Simon », par le CoMTB DE Montalembert (article publié par le Correspondant, numéro du 25 janvier iSSy),
PRÉFACE. vn
hexires de mes lectures. Des circonstances fortuites j plutôt qu'un projet médité, m'ont amené à lui pouvoir payer mon tribut de reconnaissance par ce travail littéraire tout entier consacré à ses affaires^ à ce qui fut son bien, son intérieur, ses domaines, et surtout et plus que tout, à ce que furent ses livres, ses manuscrits et ses papiers.
Ces derniers, — les manuscrits et les papiers, — ont eu des aventures. Pour cette fois, et en attendant mieux, je m'en fais le narrateur. Rien de plus. Mais en raison de l'incertain, de l'inconnu même où le plus grand nombre des manuscrits, sauf celui des Mémoires, sont restés jusqu'à ce jour, j'ai cet espoir de répondre, par le résultat de mes recherches alertes et par le piquant de mes rencontres heureuses, à tout l'intérêt que le titre de ce volimie ne manquera pas de faire naître dans l'esprit des curieux.
Ne cherchez pas ici des jugements sur Saint-Simon, non plus que l'éloge acadé-