‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inéditsChapitre 20 sur 159 · PRÉFACE. XXVII · texte numérisé non relu

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dire, à montrer, à démontrer, à faire toucher du doigt ! Quel service notable à rendre que de se donner cette besogne pour la faire avec loyauté, droiture, sincérité , indépendance d'esprit, désintéressement absolu, en un mot sans que la vulgaire ambition, les raisons personnelles, les menues passions, toutes choses qui souvent sont de si importants mobiles, aient à paraître! Je voudrais que le tableau en fût fait , la description produite , les nouveautés à introduire indiquées, d'après le procédé des comparaisons. La France n'est pas la seule nation du monde à avoir un dépôt de papiers d'État dépendants de son ministère des Affaires Étrangères. Tous les États ne vivant pas à la mode des quelques Indiens qui sont encore sauvages ou des rares peuplades encore inconnues, ont eu ou ont des Affaires Étrangères et par conséquent des papiers d'État, et des Archives soumises à des formes administratives. Or, en de trèsgrands pays, depuis dix ans, les règlements qui à cet égard étaient en usage et ressem-

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blaient fort aux nôtres^ ont été rapportés^ et les ministres qui s'en sont occupés ont émis des considérants singulièrement propres à faire honneur à la libéralité de leur esprit^ à l'étendue de leur bon sens^ à leur goût déclaré pour aider à la louable pratique et au facile exercice des études historiques. Le lord Granville, secrétaire d'État des Affaires Étrangères en Angleterre, a fait pour le département des Archives de son ministère, — ce département datait du temps de la Reine Elisabeth, sous le nom de State Paper s, — la plus radicale réforme qui se puisse imaginer, le tout pour Tunique avantage des historiens et Theureuse utilité de l'histoire. Dans la magnifique innovation dont il a pris la glorieuse initiative, loin de faire réserve d'un seul préjugé commun, il les a tous bannis, comme autant d'embarras et de choses discordantes avec les mœurs et les manières nouvelles. C'est donc comme un bienfaiteur et comme un heureux novateur que serait acclamé le ministre français qui s'honorerait de croire à l'utilité, à la

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nécessité et au bien véritable de ces réformes d'un genre si paisible.

Aussi ^ se peut-il croire qu'un ministre, à qui fortunément le temps sera donné d'y attacher sa très-sérieuse attention, et que la disposition de son esprit portera à regarder de fort près au bien qui est à faire, tardera peu à transformer, en leur entier, les règlements servant encore de base à la direction des Archives des Affaires Etrangères , pour la partie des commimications et des informations d'un caractère purement historique? Au lieu de ménager l'accès du dépôt par le seul fait d'une grâce, d'une faveur et d'un mouvement de bienveillance, lesquels supposent toujours des démarches et des contre-marches absorbant un temps précieux, et voulant une patience éprouvée, où serait l'empêchement d'en régler le service en vue de l'intérêt de tout studieux, de tout écrivain, de tout curieux recommandable ? Le modèle est tout prêt . Regardez aux Archives Nationales, au département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale, où les choses

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se passent selon les formalités les plus simples , les plus naturelles ^ les plus ordinaires^ et par cela même^ les meilleures. Les documents de la diplomatie française sont classés au Dépôt des Affaires Étrangères sous les formes les plus variées ^ mais sans interruption chronologique depuis le ministère de M. le Cardinal jusqu'à nos jours. Pourquoi ne pas admettre en pratique ordinaire, que la communication de documents de la date la plus ancienne jusqu'à une date déterminée d'après des convenances aussi nécessaires que respectables et sensées, sera faite sans restriction, sans détour ni réserve? Où est l'inconvénient sérieux pour mettre à la disposition des historiens les Instructions ordinaires et extraordinaires aux ambassadeurs et autres ministres envoyés au dehors , les Dépêches touchant les négociations , les Mémoires politiques écrits par les rédacteurs spéciaux et les Pièces historiques diverses, depuis le temps de Henri IV jusqu'à celui du premier Empire? N'est-ce point assez

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