PRÉFACE. XXXI
pour ménager toutes les susceptibilités contemporaines? Un secret d'État qui^ par les années, a passé la centaine^ qu'est-il, sinon un simple article d'un utile emploi dans l'histoire?
« II n*est pas de secrets que le temps ne révèle. »
Rappelez-vous les paroles si justes de l'illustre Villemain — je voudrais pouvoir dire prophétiques — dans l'un de ses plus beaux discours en Sorbonne ^ lorsque, se faisant l'écho des sentiments de tout l'auditoire à propos des papiers de Saint-Simon prisonniers d'État, il ne craignit pas de dire :
« Les Archives de nos Affaires Étrangères ne garderont pas toujours leurs trésors. La censure n est jamais bonne et surtout bien inutile envers le passé. A la distance d'un demi-siècle et d'une révolu-tion sociale^ les indiscrétions et les médisances n'ont aucun danger, et elles renferment souvent une portion de vérité qui n est plus que de l'instruction sans scandale (i). »
(i) Ces paroles furent couvertes d'applaudissements sur tous les bancs. C'était en mars 1825 , en Sorbonne, au