‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 134 sur 244 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

■figure j un grand nomi fils d'un duCj neveu et héritier du maréchal duc de Biron, neveu du ministre tout-puissant, à quoi ne pouvait-il pas prétendre? » Depuis plusieurs années déjà il est la coqueluche des belles dames de la cour, et il a eu des aventures retentissantes.

Trois ans auparavant, c'est-à-dire en 1763, son père, M. de Gontaut, avait déjà résolu de le marierj suivant l'usage du temps, qui était de s'établir fort jeune. 11 jeta les yeux sur une riche orpheline, Mlle de Boufflers, petite-fille de la maréchale de Luxembourg et élevée par elle. C'était un parti superbe, aussi brillant par les avantages de la forlune que par ceux de la famille et de la situation.

Mme de Luxembourg{i) occupait alors, en effet, dans la société ^ le premier rang, et elle était un exemple bien frappant de ce que peuvent la volonté, l'audace et une bonne maison sur les relations du monde.

Elle avait épousé en premières noces le duc de Boufilers. Lors du mariage de Louis XV, elle fut nommée dame du palais de la reine. A ce moment le dérèglement des mœurs se soutenait dans sa

(1) Née en 1707, elle était fille du duc de Villeroi et petite- £lle du maréchal de ce nom.

plus grande force. Mme de Boufflers, d^un esprit agréable et plein de grâce, d'une beauté ravissante, 66 passa toutes les fantaisies, et elle eut bien des intrigues. Il fallait que tout homme de bon air l'eût sur sa liste.

Ce fut dans l'abandon d'une vie aussi dissolue que Mme de Boufflers atteignit Tâge où les femmes, faute de moyens de plaire, sont obligées de renoncer à la galanterie. Elle annonça alors à ses amis qu'elle allait changer de conduite et viser à la considération,

Pour rendre la métamorphose plus complète, elle changea aussi de nom ; M , de Boufflers ayant eu rà-propos de mourir en 1747T elle épousa le maréchal de Luxembourg, dont la grande situation devait la servir pour atteindre le but qu'elle se proposait ,

« Depuis cette époque, dit méchamment Besenval, elle s*est maintenue dans la société avec une sorte de prépondérance, car tel est ce pays-ci : pourvu qu'on soit opulent et qu'on porte un beau noms non seulement tout s'oublie, mais même on peut jouir d'une vieillesse considérée après la jeunesse la plus méprisable. »

De Tesprit naturel, bien que sans instruction,

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