CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
se rappelle les difficultés qu'il avait dû surmonter avant d*y parvenir. Aussi son bonheur était~ii complet et sans mélange depuis qu'il habitait la France, On peut supposer Fafïreux chagrin du baron lorsqu'il apprit dans les derniers mois de 1769 que sa disgrâce était prochaine et qu'il allait être déplacé. Vite il prévient de son malheur Mme de Choiseul, qui lui répond :
« Votre lettre, mon cher baron, m'a mise au désespoir, et vos dangers m'ont tourné la tête. Je n*ai rien su de mieux que d'envoyer votre lettreàM. de Choiseul et de lui faire part de toutes mes frayeurs, et je ne puis, je crois^ mieux vous rassurer qu'en vous transcrivant littéralement sa réponse :
c Mon cher enfant^ je vous renvoie la lettre de « votre baron; je ne puis rien faire à présent parce a qu'il faut ménageries circonstances, mais je ferai, « je vous le promets i c'est mon cœur qui promet à « mon cœur, i
8 Prenez donc patience, mon cher baron, et soyez sûr que je la perds pour vous, mais en revanche je ne perds pas un jour, un moment, une occasion de travaillera votre affaire. Je suis certaine de la bonne volonté et delà vérité de M. de ChoiseuL Un jour viendra, et j'en suis sûre^ où je pourrai vous dire ;
e Soyez heureux, mon cher baron , » et je serai moi-même la plus heureuse du monde si je contribue à votre bonheur en vous donnant des preuves de tous mes sentiments pour vous, »(i3 novembre 1769.)
Rienne put conjurer Torage» Gieichen fut rappelé le 19 mars 1770. Ce fut un gros chagrin pour la duchesse. Mme du Deffand eUe-même, dont Gieichen avait gagné les suffrages, ressentit très vivement la disgrâce qui frappait son ami,
« Le baron de Gieichen est, de mes connaissances, celie dont je fais le plus d'usage, écrit-elle. Il me voit souvent; son esprit n'est pas à mon unisson, mais il en a; son cœur est bon. 11 me marque du goût et de l^amitié,.. Eh bien! eh bien ! il est rappelée J'en suis fâchée. Je le trouverai à redire; je disputais avec lui : enfin il valait mieux pour moi qu^aucun des gens qui me restent; il est franc, il est sincère, il n'est ni Italien, ni Gascon, ni Provençal. »
Walpole» toujours mordant et sceptique, lui répond de façon à lui enlever tout regret de la perte qu'elle croit faire.
« Je trouverais votre baron une perte bien légère. Son cœur peut être droiti mais son esprit ne