‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 239 sur 244 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

auprès dii monarque Tabbê de La Ville, commis aux Affaires étrangères, avec mission de noircir le duc at de l'accuser des plus dangereux desseins, Louis XV, sans être complètement persuadé, resta fort inquiet.

A ce moment il était question de créer des impôts nouveaux pour combler le déficit des finances, et l'on savait que les magistrats refuseraient de les enregistrer. Fatigué de cette opposition qu'il trouvait si souvent sur sa route, Louis XV chargea Maupeoud'en venir à bout et de vaincre des résistances qui revenaient chaque jour plus menaçantes pour l'autorité royale*

Le chancelier accepta avec joie la mission qui lui était confiée. Il en plaisantait même volontiers et disait à ravance : m Tel jour j*ouvrirai la tranchée contre le parlement. « Le fameux édit de décembre 1770 rappela que « le roi ne tient sa couronne que de Dieu, que le droit de faire les lois par lesquelles ses sujets doivent être conduits lui appartient à lui seul sans dépendance et sans partage ».

Le Parlement se refusa à n^être qu*une simple cour de justice, et le 10 décembre les membres de la cour décidèrent de suspendre tout service jus-

qu'à ce que le roi eût retiré un édit qui les « avilissait » , « leur douleur du reste ne leur laissant pasl'esprit assez libre pour décider des biens, de la vie* et de l'honneur des sujets. » La guerre se trouvait ainsi déclarée entre le parlement et la couronne.-

C'est le moment que choisit Maupeou pour perdre irrémédiablement l'ennemi de la du Barry. Choiseul avait toujours passé pour soutenir les' parlements, et l'on savait que celui de Paris lui était tout dévoué. Le chancelier persuada au roi que le duc excitait les magistrats dans leur désobéissance, qu'il serait impossible d'en venir à bout tant que leur protecteur serait au pouvoir, et qu'il: pourrait même s'ensuivre un soulèvement dans le royaume; il poussa l'infamie jusqu'à se servir d'un billet sans date écrit à l'abbé de Chauvelin quelques années auparavant, au moment de l'expulsion des jésuites, et dans lequel Choiseul encourageait le parlement dans sa conduite en lui promettant de le seconder.

Louis XV, indigné de l'appui f-ecret prêté par le ministre aux ennemis de son autorité, con-. vaincu qu'il avait avec eux des intelligences criminelles, persuadé que son renvoi faciliterait la marche du oou\ crncnicnt, le recouvrement des

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impôts, et éloignerait tout péril de guerre, n'hésita plus à le sacrifier. C^est ainsi qu'on finit par lui arracher la lettre de cachet qu'il n'avait pu jusqu'alors, malgré toutes les sollicitations, se décider à signer (i).

(i) Voir la seconde partie de cet ouvrage qui a pour titre: « La Disgrâce du duc et de la duchesse de Choiseul : — La vie à Chanteloup. — Le retour à Paris. — La mort. »

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