CHAPITRE QUATRIÈME
derniers sacrements à des fidèles qui n'auraient reçu l'absolution que de prêtres jansénistes, non approuvés, les curés exigeaient de tout malade réclamant les derniers sacrements un certificat de confession. En 1752, le Parlement avait rendu un arrêt qui condamnait énergiquement ces refus de sacrements et qui décrétait de prise de corps les curés qui s'en rendraient coupables. La confusion devint complète.
Le roi exila le Parlement à Pontoise en 1753, puis il le rappela en 1754, en ordonnant le silence sur toutes les matières de la religion. Par un juste esprit d'équilibre, l'archevêque de Paris, qui était à la tête de la faction contraire, fut exilé à son tour.
En mai 1755, l'Assemblée du clergé de France, réunie à Paris, fut appelée à trancher la question. Était-on séparé de l'Église si on n'acceptait pas avec une soumission entière de cœur et d'esprit la bulle Unigenitus? Les évêques se divisèrent en deux camps sans pouvoir trouver un terrain d'entente.
Le gouvernement était dans le plus grand embarras; il cherchait vainement un moyen de contenter le Parlement et le clergé et de rétablir la
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paix dans le royaume; c*est alors qu'il eut l'idée de faire consulter Benoît XIV par rAssemblée du clergé. De la réponse du pape dépendait la cessation des troubles du royaume et des divisions qui s'étaient élevées entre les évêques et les Parlements.
Ce fut là la plus grave question ^ la seule même, que Choiseui eut à traiter. Le rôle de l'ambassade ur était d'amener le Saint-Siège à donner une décision conforme aux vues du roi. Le duc apporta dans la négociation beaucoup de patience et de tact. Il commença par flatter Benoît XIV, lui vantant la confiance que le roi avait dans ses lumières, lui faisant ressortir l'estime qu'il lui témoignait en laissant le clergé avoir recours à son arbitrage, qu'il était le seul pape aux sentiments duquel la France puisse s'abandonner sans risques, etc. Il fut convenu que l'avis du pape serait consigné dans une lettre encyclique adressée aux évêques; mais il était fort difficile de ménager tout à la fois et la bulle UnigenituSf et les libertés de l'Église gallicane, et les sacrements, et l'ordre public.
Les négociations se poursuivirent non sans de grandes difficultés. Le pape était très bien disl osé, très sage et très instruit delà question, mais