‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 87 sur 244 · CHAPITRE SEPTIÈME i6i · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME i6i

Si l'abbé en cette circonstance n'obtint qu'une assez modeste pension, Choiseul n'oublia pas la promesse qu'il lui avait faite, et il ne tarda pas à lui faire obtenir de larges dédommagements.

Un jour, comme la duchesse recommandait encore son protégé au duc et lui parlait de l'attachement qu'il avait pour eux, il lui répondit en souriant par ce vers de Corneille :

Je l'ai comblé de biens, je veax l'en accabler.

Il tint parole.

La trésorerie de Saint- Martin de Tours étant devenue vacante, il la lui fit obtenir (1765); plus tard il lui donna la place de secrétaire général des Suisses, qui rapportait plus de 20,000 livres. Toutes ces grâces accumulées sur la même tête faisaient bien un peu crier, mais la duchesse ne voulait rien entendre; jamais on ne faisait assez pour le cher abbé, pour l'ami si fidèle et si sûr.

Parmi les amis qu'ils avaient eu près d'eux pendant leur séjour à Rome, il y en avait un que les Choiseul affectionnaient particulièrement et avec lequel ils étaient restés en relations très intimes, c'était le baron de Gleichen. On se rappelle la scène violente qui avait cimenté leur amitié.

l62 DUC ET DUCHESSE DE CHOISEUL

Le baron j après ce bienlieureux séjour dans la capitale du monde chrétien, était retourné dans sa petite cour de Bayreuthi et il s'y morfondait consciencieusement, regrettant amèrement les temps fortunés de Frascati et du palais Cesarini.

Lorsque Choiseul eut été nommé premier ministre, Gleiclien fît tous ses efforts pour se faire donner une mission à la cour de France et retrouver ainsi les amis qui lui manquaient si cruellement. Mais il n^était pas aisé d'y parvenir. Heu* reusement pour lui les Choiseul se prêtèrent de bonne grâce à seconder ses désirs, et ils obtinrent que leur jeune ami serait envoyé à Versailles en mission temporaire. En lui annonçant le succès de ses démarches j Mme de Choiseul écrivait à Gleichen :

« Je suis bien aise, monsieur le baron, que vous avez eu des preuves de l'intérêt que M, de Cboiseol et moi prenons à vous; j'ai bien senti cependant que ce que nous avons demandé, que vous fussiez employé par le margrave en FrancCi n'était pas ce qui doit vous être le plus agréable, mais je ne croîs pas que ce soit ce qui doive vous être le moins utile, c'est toujours un commencement, et commencer dans toutes les affaires est toujours Fopé-

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