‹ Le duc Job: comédie en quatre actes et en proseChapitre 101 sur 104 · ACTE IV, SCÈNE XIII. IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XIII. IV

LE MARQUIS

Quel endiablé I... M'écouteras-tu après?

JEAN

Oui, oui!,..

LE MARQUIS

Eh bien! son cœur... n'est plus à elle.

JEAN «nrayd.

Hein?

LE MARQUIS

Il est à toi 1

JEAi^ , «-ifeux.

Hein!...

LE MARQUIS

En veux-tu maintenant la preuve ?

JEAN

Si je la veux ?

LE MARQUIS

Alors, silence!

JEAN

Oh! oui!... allez!

LE MARQUIS

Ah ! — Or donc, le cher cousin, parti, hier,la tête montée, l'esprit à Tenvers... est allé, le soir, à l'Opéra.

JEAN, à part.

A moi... son cœur!

LE MARQUIS

A peine à sa stalle, qu'est-ce qu'il voit dans une premicro de face?...

JEAN

...Emma I

Quoi ! Emma ?

JEAN

... n voit dans une première de face?...

LE MARQUIS

...M"* Langlois et sa fille, arrivées, la veille, d'italio, — Berihe,

pIuF. belle que jamais, l'aperçoit... Trouble de part et d'autre... Elle rougit, il pâlit...

JEAN

Son cœur bat !... Connu !

LE MARQUIS

Et son amour se réveil'.e...

JEAN

Plus fort que jamais... connu \

LE MARQUIS

Pendant l'entr'acte, visite dans leur loge. Un mot, timidement glissé par Berthe dans la conversation, a appris que ces dames partaient, ce matin, pour Jouy... — Alors, retour précipité d'Achiiîe, et épanchement du frère dans le cœur de la sœur, confidente, il y a un an , des secrets de sa jeune amie.

J EAN , TiTement.

Eli bienl une question de dot seulement les séparait... et vous Bavez...

Tais-toi donc... car c'est ici que je vois ma petite filleule entrer dans la chambre de sa mère,quand je finissais à peine d'apprendre à David et à ma sœur cette fortune (lui serrant la main) si chèrement, mais si dignement acquise!... « Papa, dit-elle,en venant à lui, les yeux humides de larmes... que nous ne nous expliquions pas : vous désiriez savoir ce qu'a mon frère ? Il a revu Berlhc, et l'aime plus que jamais!... Vous vouliez augmenter ma dot pour Jean... il n'a pas besoin de cela... donnez ce surplus à Achille, et davantage encore sur ma dot, s'il le faut pour contenter ce vilain M. Langlois! Jean me prendra, sans compter... ça lui sera bien égall... et à moi aussi!... Nous serons tous, comme cela, si heureuxl... » — Et elle s'est mise à pleurer de plus belle... et moi, je suis accouru bien

vite pour (jean 80 précipite dans ses bras.) Ouf I .... Tu m'étran-

glesL..

JEAN

Ah[ IïIqvl 1... C'est un angel!! J'espère qu'avant de la quitter, Yûuâ lui avez dit que, grâce à ce pauvre Edouard,... elle ne perdrait rkîi à ce sacrifice?...

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