ACTE I, SCÈNB: X
JEAN
Permettez-moi de ne pas vous en dire davantage.
MADAME DAVID
Que signifie? Jean, je n'ai donc plus ta confiance t
Ma tante, vous savez bien que si I
MADAME DAVID
Non!
JEAN
Voyons... me donnez-vous votre parole... (mais votre parolo!) de n'en parler à qui que ce soit?
MADAME DAVID
Je te la donne.
JEAN
J'y tiens sérieusement... vous me connaissez; et pour rien au monde...
MADAME DAVID
Oui, oui, Jean, je te le jure...
JEAN, lui serrant la main.
J'y compte ! — Eh bien, c'est à Edouard que je les ai prêtés.
MADAME DAVID
Au jeune Brémond?
JEAN
Oui, c'est à lui... à mon plus intime ami... au meilleur être qui goitau monde, que j'ai eu le bonheur de venir en aide... et à un heure où vous n'auriez pas, je vous le jure, arrêté mon élan I
MADAME DAVID
Son père le sait-il?
Son père 1 Oh ! ne lui donnez pas ce nom !
MADAME DAVID
JeanI
JEAN
Si vous aviez été, comme moi, témoin des désespoirs causés par lui... Mais passons. Vous avez su avec quelle dureté il le chassa,
le jour où Edouard le vint supplier de consentir h son mariage avec une jeune fille, un ange, que vous avez connue?
MADAME DAVID
Oui,,. Pauvre Marie!
JEAN
Tous avez su avec quel courage Édouard,alors,8*exila dans un consulat perdu, afin d*y pouvoir vivre et faire vivre sa femme?
MADAME DAVID
Ont.,,
JEAN
Mais ce que vous avez ignoré, comme moi, c'est qu'il traînait lil-h;i?, à sa suite, un arriéré devenu terrible dans l'abandon cruel où on lo laissait. Ce que furent ses épreuves?... pour en juger, il fant on avoir vu comme moi les ravages! Le plus affreux de tous fut i's^lïrnnlement qu'en reçut la santé de sa femme, déjà affaiblie par le climat! Je vous ai écrit d'Afrique la nouvelle de sa mort. Eh h\m , il y avait huit jours que ce coup avait frappé Edouard quanii je tombai chez lui à l'improviste; et il y avait huit jours qu'on n'avait pu lui arracher un mot ni une larme! En entrant, je le v'i^ imm près de la fenêtre... pâle... maigre... immobile... et sans autre ^l^ne de vie que ce rogard fixe qui, déjà, n'est plus de ce Bioudo!.*, Le médecin me dit qu'il allait passer! A ma vue, il pou?isa un grand cri... se souleva de son fauteuil... tomba dans incs bras, en m'étreignant avec une force do moribond... et pleura... Il élnit sauvé! C'est le soir seulement que j'appris du médecin les ikgaùi-ï et les tourments de sa vie... Et je fus à même de les conimîtie, car ils étaient là, à cette heure môme, menaçant le seuil t\fi su maison! Oui, ma tante, d'ignobles vestiges de saisies et de Ci>tdr;iinLes s'étaient glissés jusqu'à lui à travers les noires tenlurrsl J'arrivais bien tard, hélas! Mais assez tôt, du moins, pour faïffi rf^pector son deuil et son désespoir! Le soir môme je vis le cunsul; sur ma garantie, il s'empressa d'intervenir; le lendemain jVeriviâ à Bouville... et... vous savez le reste.
MADAME DAVID, prenant dans ses mains la tdte de Jean qu'elle embrasse avec effusion.
Ch^r enfant! il faut bien goûter le bonheur de t'embrasser... puisqu'il n'est pas possible qu on te blâme ! (sut rembrus* de nooreAv.)