‹ Le duc Job: comédie en quatre actes et en proseChapitre 47 sur 104 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

E ïl &I A.

Jean!...

JEAN, apr^ on silenca» s'essujani les yeux; avec écorgle.

Ah! ça... voyons, qu'est-ce que j'ai donc, moi?... Je mollis comme un enfantl... Ce sont les nerfs... vois-tu, il avait séché mes larmes trop tôt! ce n'est pas de sa faute... mais..- quand on sent quelque chose là... vivement... et qu'on vient vol:;... — Ce: t

fini!... (Regardant au fond à gauche) Hein? IcS VOilà!!.. (il ra Tlrem.-nt au fond.) Non... ils font le tour par la pelouse! (prenant son chapeau et

redetcendani TiTement.) Mals lls vont ètro ici dans quelques minutes... et je ne veux pas qu'on m'y trouve!... — Adieu, Emma!...

E M &I A , émue, faiblement.

Pourquoi partir?

JEAN

Parce que j'ai eu tort de te parler comme j'ai fait... parce que je serais gêné avec toi... glacé, froissé avec d'autres... enfin... parce qu'il le faut!... Adieu... et sois heureuse!

EMMA

Est-ce que tu retournes en Afrique?

JEAN, réreur.

Non!... oh! ma foi, non!

EUMA, ru8ttx4«.

Ahl...

JEAN

Je n'ai plus de goût à me battre... surtout contre les Arabes! Je me sens plutôt fait pour vivre avec eux, pauvres diables, sous leur tente et dans leur désert! Non! Je quitte le métier, j'achète un remplaçant!...

EMMA, à part.

Ahl...

JEAN

Et vais de ce pas à Luce, chez mon oncle... planter, chasser, fumer... et soigner sa goutte!... Cher homme I Si bon et si aimable! avec iui, du moins, mon cœur se dilate, et je n'ai pas l'air di parler hébreu!... (lu» prenant la main.) Et maintenant... oublie ce que je t'ai dit... n'est-ce pas? Oubiie-le, je t'en conjure, pour quo

je me le pardonne... Tout ça no signifie rien entre nous, tu conçoisl... Je n'ai jamais ru l'espoir que tu dusses être ma femme! j'ai contre moi trop de choses!... Moi, d'abord, qui ne te conviens pas; puis, toi, qui m'as toujours pris pour un frère... enfin, ton père qui ne voudrait pas d'un gendre aussi peu... pratique, comme il dit. ., et il a raison, les faits concluent pour lui : pendant que tous apprennent la vie, je ne sais me plier à rien, et en reste à mes iilées de collège; pendant qu'ils s'enrichissent, je m'appauvris!... J'ai su faire de moi un sergent au 34*!... beau résultat pour le prendre de haut... et aspirer à une petite main comme la tienne!... Allons, allons, tu le vois... j'ai eu là... une absence... mais la raison revient, je ne suis... je ne puis ôtre pour toi qu'un ami... vrai, sûrl... tu le sentais bien, car tu me l'as dit!... merci... et adieu!

EMxMA.

JEAN, après un dernier effort.

Adieull!...

EMMA

Pauvre Jean!! (ll uort par le fond à gaucbe... Emma le regarde trUtemsi,* p'tfloigner. La toilo tombe.)

FIN DU nïïUMK.ME ACT£

fc.

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