‹ Le duc Job: comédie en quatre actes et en proseChapitre 57 sur 104 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

pas oublié!... Chère petite I... (voyant qu'u ne muif pas.) Eh bien y est-ce que tu ne la trouves pas bonne î

JEAN, Tirement.

Moi?

LE MARQUIS, faiemen

La salade!... Tu ^arrêtes...

JEAN, eabarrau^.

Non... pour boire... (iiboit.)

LE MARQUIS

Ah ! — Oui, ce mouvement m*a fait plaisir... parce que, je Ta voue, j*ai quelquefois peur qu'avec les meilleures intentions du monde, son brave père, bon homme au fond, ne lui repasse aussi quelquesuns de ses travers; il peut déjà saluer son œuvre dans la personne d'Achille... qui, lui, résistera à bien des chocs, parce qu'un homme, c'est dur!... Tandis qu'avec ces petites pâtes tendres, un mauvais pli serait terrible!...

JEAN, TiTement.

Oh I... je ne crois pas que ce soit à craindre!...

LE MARQUIS

Tant mieux! ça me ferait trop de peine!... C'est ma ûlleule, d'abord ; et puis, vrai, elle est charmante!...

JEAN, à part.

Ahl oui!...

LE MARQUIS

Franche, spirituelle!...

JEAN, laiiBant sa fonrchetio*

Ahl...

Ah ! ça, décidément , tu ne la trouves pas bonnet

JEAN, Tirement.

Moi !...

LE MARQUIS

La salade!... Tu la laisses...

JEAN

Non!... Pour boire... (n bou).

LB XAftQUlS.

Âh! b;eQ, osi , mais prends ^rde!... Q est capiteux l...

JEA5, «ejà M fM liirtll

OLÎ j'aila léte forte !...

LE XABQCIS.

Alors... attends : à sa santé!

Ah ! oui ' ! I... (n a tatat i l i— f l 9M «wr», pois «"anél^ mmtaaà qmm riaaâ LB 11 AKQl IS . 1* resariut; à pMt.

Tiens I tiens! C u %omr.\ raiori, f^iu d«TiMt pios vtnmx •■ rat—miit, et m

T07»ai le r^nrd ^ so* acrco tndmr* ^ Mattasat pl« prafcai q«*ll b* s*7 iH— ëAÎt. Apr^ «a «MO loaç filaa^*, il ix«ai aaa v«rr». La lai fi<M>a*ial) : £h bien,

Jean, trinquons?

JEAN

Oui, mon oncle! (i«u prand l* Uea» l* cboqaa à c^oi da aiarqaU» «i le l»ai« lentement; apris qooi J le p<»«, et reprend »a ceaterance va peu signée.)

LE MA RQ U 1 s y apcès «a aToir fait aotant, se npprochamt oa peu de lai, et lui pienant deacenent la main.

Ah! ça, maisl... Ta raimes donc?

I E AIV , s'abandoonaat.

Comme un fou I... Je n'en puis plus!... C'est absardel

LE MARQUIS

Absurde... Pourquoi donc ça?

JEAN

Parce Qu'elle ne m'aime pas, parbleu!...

LE MARQUIS

Mais, sil...

JEAN

Ohl d'amitié, oui... mais...

LE MARQUIS

fiaht qui sait?...

JEAN

Moi, Je le saisi... Ça se sent bien!... et eue a raison...

LE MAnuviis.

Parce que?

- ACTE ni, SCÈNE VI. 79

JEAN

Parce que, d'abord, son père ne voudrait pas de moi.

LB MARQUIS

II refuserait de faire de sa fille une duchesse de Rieux?

JEAN

Il se moque bien d'un nom.

LE MARQUIS

Oiv\ c'est vrai, je le sais... et je l'en estime presque : ne jugeant pas d'assez haut pour en avoir l'orgueil... il n'en a pas, du moins, la vanité bête. Mais la marier à un homme comme toil...

JEAN

Oh! un homme comme moi, mon bon oncle, n'est pas ce qu'il lui faut, et je crois qu'il a déjà fait son choix...

LE MARQUIS

Bah!... Qui?

JEAN

Un de mes anciens camarades, Valette.

LE MARQUIS

Ah! le gros Valette?

JEAN

Qui est aussi dans les affaires.

LE MARQUIS

Et ma sœur, qu'est-ce qu'elle en dit?

JEAN

Je crois qu'elle dit oui!. .

Et Emma?

JEAN

Je crois qu'elle ne dit pas non !.,.

LE MARQUIS

Aïe ! aïe •

JEAN

Au fait, elle aura avec lui une voiture qu'elle n'aurait pas avec moi ; les mômes toilettes que ses amies, le même train de vie et de maison... ce à quoi elle tient beaucoup, elle ne s'en cache pas...

LE MARQUIS

J'avais donc raison do craindre que son cœur...

JEAN, p<(nétr<.

Non, wion oncle! Ohl son cœur... je ne suis pas bien fort; mais fai Tinstinct que le jour où elle aimerail... son cœur ferait grand û Je tout cela!... Et c'est bien parce qu'elle a pu me dire en faco qu'elle y tenait que je n'ai pas demandé deux fois mon compte!.. Mais d'ici là, que voulez-vous? elle se nourrit de la cuisine paternelle... et vous savez que son père est pour le solide... Oh! le solide!... Sont-ils fiers quand ils ont lâché ce grand mot, sonnant creux dans leur bouche comme une vieille guimbarde! Solide... Ranimant.) Quoi, solido?... Qu'cst-ce qui est solide? Les Bonnardî Ce n'est donc pas solide, ça?... (u se frappa le cœur.) C'est révoltant, ma parole I — A votre santéJ

LE MARQUIS

Merci... mais prends garde!

Avec leur fortune!... Que diable! c'est une très-bonne chose... si elle reste derrière, pour verser le sauterne, atteler la voiture... et faire... tout ce qui concerne son état!... Eux, font de la servante la maîtresse du logis... ils se doivent à leur argent... qui les fait valeter à droite, à gauche... et, au lieu de mettre les écus dans leur poche, ce sont les écus qui les fourrent dans leur sac! Voyons, ça n'est pas écœurant de bêtise ?

LE MARQUIS

Oui... vrai fils de ton père! Mais ne t'anime pas trop I

JEAN

Oui, je suis le fils de mon père... (prenant U main du marquis) Ct lO

neveu de mon oncle, je m'en vante!... et à votre santé!... Ça me fait penser que je n'y ai pas encore bu !..,

LE MARQUIS, à part.

Une fait que ça... (Haut.) Prends garde, mon amL

JEAN

Oh ! j'ai la tête forte!... — solide!... (Montrant sonrerro pléiade eauterne.)

Ce n'est pas du solide, ça... c'est du liquide... et du fameux!..

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