‹ Le duc JobChapitre 23 sur 76 · DAVID, LEBRUN, MADAME DAVID, ACHILLE, VALETTE, JEAN, EMMA · texte numérisé non relu

DAVID, LEBRUN, MADAME DAVID, ACHILLE, VALETTE, JEAN, EMMA

Au lever du rideau, David, assis à la taldo de gauche, parcourt un ac<e : Lebrun est assis en face de lui; Emma est au piano à droite, où elle joue une valse, pendant qu'un domestique dispr'Sfi quelques tasses sur une petite taMi-, à droite de la véranda du fond; Achille est debout, au fond, près de madaa:e David, Valette est debout près d'Emma, et Jean est assis sur le cana[é, à droite.

MADAME DAVID, au fond, au domestique.

Apportez la cave à liqueurs; si ces messieurs en veulent...

Et mon porte-cigares que j'ai oublié... — (a Valette.) Après déjeuner...

DAVID

Ah! çà, il est bien entendu, mon cher monsieur Lebrun, que j'entre, dès après-demain, dans mon droit de chasse.

LEBRUX.

J'en ai fait mettre la clause très-expresse sur l'acte même.

DAVID

Ah! — du reste, vous chassez jeudi avec nous; et je vous préviens que si on nous dresse procès-verbal.

LEBRUN, souriant.

Je le prends à mon compte. Mais lisez ici : article 4.

VALETTE

Dieul que celle valse de ShulofT est jolie!,., et jouée!... Ah!

JEAN, crispo.

Ah!

EMMA

C'est très-aimable; mais on ne cause plus... c'était convenu! Si on a l'air de m'écouter, je m'arrête.

VALETTE

Non, non, mademoiselle, nous causons! Parle donc, Jean!

Parle, toi !

VALETTE

J'écoute!

JEAN

Et moi aussi!...

LEBRUN, regardant Valette.

Je ne me trompe pas...

MADAME DAVID

Calme-toi, Emma... voici le café! Un bon dérivatif... Quand il ' est bon. — Monsieur Valette?

VALETTE

Madame... (u Ta à eiie.)

MADAME DAVID

Emma, viens m'aider.

EMMA

Oui, maman.

JEAN, à Emma qui quitte le piano.

Ah! pas encore!

EMMA, passant pr&s de lui.

Tu es donc toujours fou de musique?

JEAN

Plus que jamais I

Emma! viens donc.

EMMA

Oui, maman. CsUe ya auprès de sa DiCre.)

ACTF H. SCÈNE l, 39

JEAN, k Achille, doscen'lu à sa droite.

Kt toi, tu on fais toujours beaucoup?

ACHILLE

De la musique?... Il y a un an que je n'ai ouvert mon piano!... J'ai la musique de la corbeille, à la Bourse, sur le coup d'une heure : (criant) à 30... 60... 80! tu ne connais pas cette musique-là?

JEAN, se levant.

Si! si!... mon notaire m'a fait, un jour, traverser votre grand bazar, pour aller signer quelque chose en haut.

ACHILLE

Un transfert?...

JEAN

C'est ça !... j'ai cru qu'il venait d'y entrer un dix-cors^ avec une meute à ses trousses.

ACHILLE

Eh bien! la mélodie r.e manque pas de charme, (u remonte près de

madame David.]

JEAN

Dans les bois...

LEBRUN, à part, se levant.

Eh! oui, bien sûr. (Haut.) Pardon, monsieur de Rieux... Ce jeune homme... ce gros monsieur... n'est-il pas M. Henri Valette ?

JEAN

Parfaitement.

LEBRUN

Ah! c'est cela, je l'ai connu : vous seriez bien aimable de me le présenter.

JEAN

Comment donc, monsieur! (Appelant.) Valette!

VALETTE

Mon ami !

LE BR UN, à Jean.

J'ai connu son oncle... monsieur Soliél

JEAN, à part.

Aïel Aïel

VALETTE, Tenant à Jean.

Qu'est-ce ?

JEAN

C'est M. Lebrun, notaire, qui me prie de te présenter à lui. (n

remonte au fond près de madame DariJ.)

VALETTE, saluant.

Enchanté...

LEBRUN

Veuillez nn'excuser, monsieur; mais je n'ai pas voulu me trouver ici avec vous, sans vous dire que j'ai connu, autrefois, votre excellent oncle... M. Solié...

VALETTE, à part.

Hein!!! lui aussi?... (Haut.)Ah! monsieur... vous avec connu....

LEBRUN

C'était un grand ami de mon ancien patron, M* Riboulet, notaire à Crémieux.

VALETTE, à part.

Allons, bon!...

LEBRUN

Je vous ai vu chez lui, il y a un an, pour la vente de la petite maison...

VALETTE, Tivement.

Ah! oui, je me rappelle, (a. pa'rt.) Pourvu qu'il n'aille pas...

LEBRUN

Il vous aimait bien !

JEAN , à part.

Tendons-lui la perche, (naut à Valette.) Ma tante demande si tu veux de l'anisette?

VALETTE

Moi? non... oui... merci! Ravi, monsieur, d'avoir eu l'honneur

de... (U le salue et le quitte.)

LEBRUN

Comment, monsieur, c'est moi que...

ACTK 11, SCLiMî II. 41

JEAN, à part, Bouriant.

Non... c'est lui qui... («as à vaiette.) Tu n'as pas trouvé le café

bon? Ta tasse est pleine... (lU remontent au fond.) DAVID, à Lebrun.

Voici... Tout est signé.

LEBRUN

RIille grâces : je vous demande pardon, maintenant, si je m'csqui\*e bien vite, il faut que je sois à Ghartres,avant une heure.

MADAME DAVID

Ne voyez-vous pas mon frère, demain ?

LEBRUN

Je lui porte, avant déjeuner, son quartier de rente.

MADAME DAVID

Veuillez lui dire que j'ai reçu sa lettre, et que nous Le verrons ces jours-ci, s'il ne peut venir jeudi, comme nous le désirons bien.

LEBRUN

Je n'y manquerai pas, madame, (u s'esquive discrètement par u gaucho,

pendant que Ces messieurs font groupe au fond.)

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