LA BARO?S^E
J'y verrais les preuves de votre innocence, je le sais. Trop de reconnaissance fut tout votre crime... et vos torts sontbien pardonnables! Mais pour les expier entièrement, découvrezmoi toutes vos pensées !... Plus de secrets, plus de vains détours, {lai pressant tes mains.) Allons, mon aimable, mon cher cousin, vous m'avez fait assez de mal! Ne m'en faites plus! Dites-moi tout: Quelle est celle... que vous aimez plus que moi ?
GUSTAVE
Plus que vous ?... Oh ! non, personne.
Eh! bien... autant que moi.
GUSTAVE
Pardonnez , ma bonne cousine ! je n'ai plus la force de vous rien cacher... Oui , j'aimevDelphine... autant que vous !
LA BARONNE , ayec joie.
Je le savais !
LE GÉNÉRAL , bas à Delphine qu'il imite. A-t-on jamais vu cela ?
DELPHINE , bas au général.
Taisez-vous donc !
LA BARONNE , avec une gaîté plus marquée.
Voilà donc deux femmes qui partagent, avec une égahté... parfaite, le cœur de ce jeune homme ; Mais l'une n'a pas seize ans... Il est trop juste que la balance ait un peu cédé... Maintenant, nous nous comprenons à merveille! Allons, mon cher Gustave, il faut tout-à-fait me faire oublier vos petits péchés de dissimulation : que puis-je faire pour vous ?
GUSTAVE
Me conserver votre amitié, me permettre .. de vous quitter, de quitter la France, de retourner en Amérique ..
( 54 ) LA BARONNE, souriant.
Y chercher Delphine ?
GUSTAVE
L'oublier.
LA BARONNE , l'imitant.
L'oublier!... Le pourrez-vous, enfant que vous êtes?... Vous péririez de douleur... et elle aus^i !
GUSTAVE , avec une vive agitation.
Delphine!... D'où sauriez-vous?
LA BARONNE
Je vous dis qu'elle vous aime... Elle ne m'en a point parlé, mais... je devine tout.
DELPHINE , à part.
Je crois vraiment qu'elle ne ment plus!
GUSTAVE
Hortense, ne r'ouvrez pas les plaies de mon cœur! Et puis- ' que tout espoir est perdu...
LA BARONNE
S'il était possible cependant... qu'elle n'épousât pas M. de Senneville?. ..
GUSTAVE, vivement.
Le croyez-vous? ^
LA BARONNE
Si je parlais pour vous au général?...
GUSTAVE
Vous me rendriez la vie !
LA BARONNE
S'il consentait à vous unir à sa fille ?. . . GUSTAVE.
Ah ! moi) bonheur est entre vos mains. ( // se jftte au.c genoux de la laronne.)
mmm