‹ Le duel; comédie en un acte et en proseChapitre 12 sur 13 · LA BARO?S^E · texte numérisé non relu

LA BARO?S^E

J'y verrais les preuves de votre innocence, je le sais. Trop de reconnaissance fut tout votre crime... et vos torts sontbien pardonnables! Mais pour les expier entièrement, découvrezmoi toutes vos pensées !... Plus de secrets, plus de vains détours, {lai pressant tes mains.) Allons, mon aimable, mon cher cousin, vous m'avez fait assez de mal! Ne m'en faites plus! Dites-moi tout: Quelle est celle... que vous aimez plus que moi ?

GUSTAVE

Plus que vous ?... Oh ! non, personne.

Eh! bien... autant que moi.

GUSTAVE

Pardonnez , ma bonne cousine ! je n'ai plus la force de vous rien cacher... Oui , j'aimevDelphine... autant que vous !

LA BARONNE , ayec joie.

Je le savais !

LE GÉNÉRAL , bas à Delphine qu'il imite. A-t-on jamais vu cela ?

DELPHINE , bas au général.

Taisez-vous donc !

LA BARONNE , avec une gaîté plus marquée.

Voilà donc deux femmes qui partagent, avec une égahté... parfaite, le cœur de ce jeune homme ; Mais l'une n'a pas seize ans... Il est trop juste que la balance ait un peu cédé... Maintenant, nous nous comprenons à merveille! Allons, mon cher Gustave, il faut tout-à-fait me faire oublier vos petits péchés de dissimulation : que puis-je faire pour vous ?

GUSTAVE

Me conserver votre amitié, me permettre .. de vous quitter, de quitter la France, de retourner en Amérique ..

( 54 ) LA BARONNE, souriant.

Y chercher Delphine ?

GUSTAVE

L'oublier.

LA BARONNE , l'imitant.

L'oublier!... Le pourrez-vous, enfant que vous êtes?... Vous péririez de douleur... et elle aus^i !

GUSTAVE , avec une vive agitation.

Delphine!... D'où sauriez-vous?

LA BARONNE

Je vous dis qu'elle vous aime... Elle ne m'en a point parlé, mais... je devine tout.

DELPHINE , à part.

Je crois vraiment qu'elle ne ment plus!

GUSTAVE

Hortense, ne r'ouvrez pas les plaies de mon cœur! Et puis- ' que tout espoir est perdu...

LA BARONNE

S'il était possible cependant... qu'elle n'épousât pas M. de Senneville?. ..

GUSTAVE, vivement.

Le croyez-vous? ^

LA BARONNE

Si je parlais pour vous au général?...

GUSTAVE

Vous me rendriez la vie !

LA BARONNE

S'il consentait à vous unir à sa fille ?. . . GUSTAVE.

Ah ! moi) bonheur est entre vos mains. ( // se jftte au.c genoux de la laronne.)

mmm

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