‹ Le duel; comédie en un acte et en proseChapitre 9 sur 13 · SCÈNE Vlil · texte numérisé non relu

SCÈNE Vlil

DELPHINE {seale)i

Où va-t-il? et que signifie tout cela? Il m'a mis dans un trouble !... {^l'imitant ) il est perdu, déshonoré!.. — Pour ne plus danser avec la comtesse? T^'est impossible. Il ne songe pas àcette dame; et me voilà tout-à-fait rassurée. . pour la Baronne. — Je crois entendre quelque bruit. [Elle court à la fenêtre donnant sur le parc.) Ce sont nos invités qui se retirent; et ma cousine qui les accompagne jusqu'au vestibule... {Avec une sorte de joie. ) Voilà madame la comtesse qui monte

lentement, et toute seule, dans sa voiture, (j^vee un moutement dejoie plus marque. )La. voilàparlie 1... ^Aon pt;re arrive... Il inonle l'escalier... Il vieiit ptut-Olre ici... nie chercher. Soyons bien calme; reiuetlons-nous de notre trouble, et asseyons-uous I

SCÈiVE IX, LE GÉNÉRAL, DELPHINE.

LE GÉNÉRAU

Mademoiselle , je vous fais mes sincères complimens, et je TOUS lelicite de votre habilelé à faire oublier aux jjens... leurs affaires.

DELPHINE

Comment I mon pèe, vous sauriez?... Je u'ai fait que suivre les intentions de la baronne.

LE GÉNÉRAL

Je ne le sais que trop, tlle a gâté mon ouvrage 1... Moi qui n'avais pas voulu te prévenir, et qui me faisais d'avance une fête... iMademoiselle , vous m'avez fait manquer le plus joli petit duel du monde.

DELPHINE , effrayée.

Ah! mon dieu! c'est à un duel que devait aller IM. Gustave! Et avec qui devait-il se battre ?

LE GÉNÉRAL

Avec moi , poibleu !

DELPHINE, fâchée et prenant un ton de supériorité.

Avec vous? et pourquoi chercher querelle à ce pauvre jeune homme?

LE GÉNÉRAL , moitié riant , moitié grondant.

Voyez-vous cela?... Et vous, Mademoiselle, pourquoi le retenir? Comment avez- vous fait?

DELPHINE

Je l'ai fait sans en savoir le motif ; et uiaintenaat que je le fonnais, jugez si je m'en félicite I

LE GENERAL , avec douceur mais avec quelque sévérité.

Delphine , ce n'est plus de cela qu'il s'agit : je vous demand» comment vous avez pu retenir M. Gustave?

DELPHLNE.

Je serais bien embarassée de vous le dire, je vous le jure... D'abord j'avais l)ien le projet de le retenir; mais j'ai fini par tout oublier. Je l'ai retenu... sans y sonçer; il est resté là... sans y penser, et... je w'i'.n sais pas davantage.

LE GÉNÉn.YL , à part.

Me voilà rassuré I 'haut). La conversation a dû être intéressante, Delphine .'

DELPHINE

Fort intéressante, mon père. Il était... là... assis près d» moi. Nous avons causé quelque temps... très-paisiblement; puis tout-à-coup , il m'a pris la main qu'il m'a serrée avec une force!... il m'a dit des phrases... auxquelles je n'^entendais absolument rien; il s'est enfin jelé à mes genoux, et il allait m'apnreridre.. . quelipie cliose, lorsque s'apercevant qu'il étaii' grand jour, il s'est levé en faisant des gestes, en poussant des exclamations qui m'ont faii ine peur I... Il est parti comme un trait , et son dernier mot a été {L'imUant.) CouronsI

LE GÉNÉRAL

Il courra long-tomps. Attendre son homme une demi-heure, c'est, ma foi, bim raisonnable!

[On entend ici deux coups de pistolet. Delpliiîie épouvanté*, tombe sur un siège.)

DELPHINE

Ciel!

LE GÉNÉRAL

Qu'est-ce-que cela? Aurait-il trouvé UD amateur? DELPHINE.

Secourez-moi! mon père; je meurs d'effroi; je me trouve mal !

LE GÉNÉRAL , courant vers elle.

Delphine, mon amie, ma bonne petite Delphine, ne plaisante pas, je t'en prie !... Tu sais que je n'ai pas sur moi de flacons... ïu ne m'as jamais joué un pareil tour... Ne te trouvft pas mal, ou attends un peu !... Ce n'est rien!

(La Batvnne entre précipitamment.]

SCÈINE X.

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