‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 21 sur 122 · CCLXXXIX · texte numérisé non relu

CCLXXXIX

Le laboureur (1), ployé sur la charrue, déchire la terre pour lui arracher le pain. Le pêcheur va livrer sa vie, avec ce cœur dont parle Horace, aux caprices des vents , pour nous donner du poisson! Que de pêcheurs nous avons vu partir avec nous le matin, qili manquaient à l'appel du soirl

tive ni politique n'a approché et n*apyochera du pacte de famine. Un pieux prélat déclarait à Louis XV, que des pro- Tinces entières se nourrissaient d'écorces d'arbres et d'herbes.

(1) Il 7 a à peine quinze jours que nous signalions trois duels^ où trois hommes avaient perdu la vie ; aujourd'hui 12 mars, nous lisons :

« Orne. — Un duel au fleuret, dont le résultat a été funeste, c a eu lieu vendredi dernier, pour une cause que nous igno- « rons, entre deux caporaux du 41«, en garnison à Alençon. « L'un d'eux, jeune homme d'une famille des plus hono € fables, frappé en pleine poitrine, a succombé dans la nuit « du vendredi au samedi»

Rien qui ne soit le produit d'une peine, d'une douleur, et ce n'est pas la moindre peine que celle qui s'emploie à la recherche des plaisirs!

ccxa.

Que ceux qui ont passé sur les bancs de l'école, depuis l'âge de sept ans jusqu'à dixsept ou dix-hiit, se rappellent ce que leur ont coûté le grec et le latin!

ccxai.

Et quand on commence à savoir quelque chose, alors il faut mourir, dit Voltaire.

ccxau.

Puis vient la profession. — Toutes les avenuQç encombrées. — Plus d'avocats que de causes. — Plus de médecins que de malades. — Plus de portraitistes que de sujets.

Et les besoins ,

Et la misère,

Et les crimes,

Et les duels,

Et la mort de nos mère^ de nos frères, de nos sœurs, de nos amis l^TliCS ébranlements de la vie, les appréhensions de la mort, et la morti cette suprême douleur où commence la vie 1

Et les maladies du cœur, et celles de Tesprit, et celles de l'âme I

L'amour,

La haine,

La jalousie,

L'envie,

La vanité^

L'orgueil,

La colère,

L'ambition,

La vengeance.

L'esprit de parti,*

L'avarice, ^

La cftlABinie,

La médisance,

La passion du jeu I...

Ecrivez l'histoire d'une seule de ces cala-

mités, et vous en extrairez des torrents de

Prenons Thistoire de France depuis les crimes de Clovis ou Chlodowig (511) jusqu'au pacte de famine, dont nous parlions naguère, et cherchez une époque où l'état de l'humanité ait été à peine supportable. De François P' jusqu'à Henri IV, le papier pleurerait, dit un chroniqueur, si l'on écrivait les calamités de ces temps.

ccxcvn.

C'est cependant dans ce nplieu que l'homme use sa vie à la recherche du bonheur, et c'est de cette recherche insensée que sortent Joutes ses misères.

« Dieu ou WTy y^ a dit Bossuet.

Oui, Dieu, en tant qu'en Dieu!

Ver, en tant que hors de Dieu !

CCXCVIIT.

Sur le rocher de Sainte-Hélène, où il s'apprenait à mourir, le grand colosse disait :

« Rien ne vaut la peine de rien. »

Et pour ce rien : le crime, Téchafaud, le duel, le suicide (1)!

(1) La conscience publique s'effraie ayec raison de la multiplicité des suicides. Depuis trois mois, nous en avons vu jusqu'à sept dans un seul jour consignés dans les journaux. L'autorité devrait s'en préoccuper, et du haut des chaires, les pasteurs de tous les cultes devraient intervenir. L'antiquité a, dans bien des circonstances, su trouver une législation propre à réprimer un acte qui, à lui seul, résume tous les flpts de la société envers l'individu et tous les crimes de l'individu contre la société!... Enchaînement formidable de l'indivisibilité fatale de l'humanité qui ne permet pas que, dans sa masse collective, des individualités restent en dehors des lois morales et civiles sur lesquelles reposent les sociétés.

Le duel et le suicide ont des racines dans un ordre de choses complexe, que la vulgarisation delà morale, Fexercice

Oh ! si^ la vie a un prix incommensurable

de la religion, Tamélioration matérielle des masses feront sécher. Nos lois, comme nos mœurs, portent l'empreinte d'une irréligiosité qui déteint sur le cœur, qui Tendurcit, et le liyre sans défense à toute la sécheresse qui est son air ambiant.

L'étude des lois est repoussante, difficile, et sur 30 millions d'hommes, ignorées de 29 millions. Et que sont ces lois, bon Dieu ? Dans tel et tel cas, lamort! Dans tel autre, les galères ; dans tel autre la prison, ou la proscription, ou la mort civile ; toujours la menace armée, toujours le châtiment qui veille, et rien que la défense et le châtiment. Ce n'est pas ainsi que les législateurs de l'antiquité entendaient les lois, et aussi dans ces anciens gouvernements personne n'ignorait les lois, et personnes ne pouvait les ignorer.

En Israël, c'était la seule étude du peuple. Quel cij^yen ignorait les lois à Sparte et à Home ! les enfants apprenaient par cœur les lois des douze tables. Parce que ces lois, prises dans la nature même de ce qu'on voulait faire de chacun de ces peuples, entraient dans ses entrailles et le faisaient mourir pour elles 1

« Passant, va dire à Sparte que nous sommes tous morts « ici ïiJPr obéir à ses saintes loi!=.

« Assis sur les bords des iîeuvoa deBabylone, nous gémis- « sions en pensant è Jérusnlem ; noïis pltiiarioiis tout le jour, « la nuit nous pleurions encore, et cous ne voulions pas être « consolés, parce que notre patrie était absente. »

Les lois, dans l'antiquité, ne se bornaient pas à être amplement prohibitives ; elles commandaient le bien, êîjfe l'en-

dans l'usage de sa liberté, et j'appelle liberté/ a dit Socrate, le droit de faire le bien, et le seul

seignaient, et reflétaient tous les rayons de la religion. Laquelle de nos lois [prescrit le bon exemple, la charité, la bienfaisance ! Quelle loi ordonne au fort de soutenir le faible, au riche de secourir le pauvre ; nos mœurs, calquées sur nos lois, offrent l'affligeant spectacle de la dureté de rhomme envers l'homme 1... Et combien d'entre ces hommes, impitoyables et superbes, y en a-t-il qui ont provoqué des suicides, tandis qu'une espérance, qu'une consolation, un appui auraient détourné l'arme fatale; le suicide, le meurtre de soi-même {suicœdes) porte dans ses flancs le monde des scélératesses humaines, et les résume toutes 1 Montesquieu, ce grand génie, a passé bien légèrement sur cette question, et

l'appelle

« L'hçmicide de soi-même. »

Platon, de son point de vue païen, ne demandait de punition contre le suicide, que dans le cas où la cause était ta faibtesse.

Ce n'est pas ainsi que Moïse aurait abordé un sujet si grave ; cet incomparable législateur aurait abîmé, sous la malédiction de Dieu et l'infamie de la honte « tapket, » ce ciime qui est tout à la fois

L'athéisme,

Le meurtire, L'homicide,

Le vol, f

La désertion, Lal^i^eté, La ^eur.

L'ingratitude, L'ignorance.

Insensés que nous sommes I Pourquoi se dérober au cré-

bonheur que Dieu nous a dévolu est dans ce bien.

puscule momentané de la yie, puisque la lumière éternelle est au-delà, et que nous ne pouvons pas lui échapper 1 Qu'allons - nous cacher dans la tombe, puisque c'est devant cette grande lumière éternelle que nous devons comparaître?

Nous pouvons déserter les devoirs sacrés de père, de fils, de frère et de citoyen, mais il faut être présent à l'appel de celui qui ne dort jamais (a). Et c'est devant cette justice que nous arrivons défigurés et ensanglantés, homicides de nousmêmes, lâches et couards, fuyant les douleur» de la vie comme un lâche soldat fuit le sabre de l'ennemi! Vous refusez à votre mère, dans ses vieux jours et au«seuil de l'éternité, le pain qu'elle vous a prodigué avec son amo^!... Vous lui refusez le voilement de ses yeux, et vous vous refusez à vous-mêmes la sainteté de sa bénédiction J^tout ce qui lui reste à vous donner, en allant vous aimer encore et vous bénir aux pieds de Dieu I Vous faites suinter votre sang, qui est son sang, sur ce cœur contre lequel elle vous a pressé si longtemps, et si ce n'est pas pour Dieu et pour vous, ohl au moins pitié pour elle!... L'ingratitude de Vhomme envers l'homme dans sa noirceur, s'explique par nos passions, mais l'ingratitude envers une mère est encore la chose dont Selon n'aurait pas parlé.

Vous outragez la majesté divine en détruisant son œuvre, etiElaus Ignorance où vous êtes de cequ'ielle attendait de vous, comm^pftsionnaire sur la terre, vous la reniez, comme il vous semble vous renier vùus-mêmetBn faussant la vie,

Tout s'flnie contre l'homme danâcét acte. On se suicide {b)

(a) Mahomet.

(6) Nous sommes forcés de nous soumettre à rtbage, mais ^Jffjjft^

laf lin KarKnriamo ''T?^^^

est un barbarisme.

L'histoire de rhumanité» la cause efficiente de ce chaos, se réduit à trois mots, et ces trois mots nous les écrirons !

pour quelque chose, sans doute, et que peut-on invoquer devant la justice de Dieu et Tindignation de la société 1 Quelle excuse à exciper?

La pauvrieté ? Où est le besoin d'être riche? Dieu et le pain quotidien par le travail. « L'homme n'est qu'un cadavre qui « porte une âme (a). Ne vous tuez pas aujourd'hui, Dieu vous appellera #emain, et quand il vous appelle, de quoi est -on riche ?

Anacharsis disaiWaux Scythes, au milieu de leurs déserts glacés :

« A Sard^ j'ai vu Grésus, pour lui son or est tout, et il se « rend justice ; malheur à lui, si la fortune lui échappait. « Efurtout j'ai regretté vos déserts, vos troupeaux, votre pau- « vrèté saintei votre vie libre et pure 1 »

La douleur? J.-J Rousseau nous dit : « La douleur est plus « forte que nous, et alors elle nous tue, ou nous sommes plus « forts qu'elle, et nous triomphons. »

Les angoisses du cœur ?

Tempêtes de ver de terre, animalcules éphémères, qu^n Meil voit naîire et mowrifj et qui se succèdent danSfios sens égarés comme les bulles d'oir dans l'espace.

Soiii-ce il les raisons è produire devant Dieu fti devant vous-niême?

La crainte de VigTiominie? Pourquoi vous y exposezs-vous.

Voyons bien depuis les cinquante siècles qui

ont précédé Jésu&€hrist (1) jusqu'au déluge (2) ,

depuis Nemrod (3) jusqu'aux temps fabuleux

de l'Egypte (4), des Grecs (5) jusqu'au pre-

Et si dans le milieu si difficile où nous nous agitons, tous avez cessé de croire en Dieu ; si vous ôtes tombé comme les anges, si vous avez trébuché dans les sentiers épineux de la Tie, et que le monde repousse votre retour au bien, dans son ignorance stupide, adressez-vous à Dieu qui vous accueillera.

L'itinéraire du meurtre de soi-même, le plus souvent, est indiqué sur la carte des mauvaises passions. Du désert de l'ignorance, on va sur les chemins désolés delà paresse et de Toisiveté, et Ton arrive au marais fangeux du vicel Dans cette fange, on veut la chose avec laquelle on cacheté le vtce ; on se démène pour l'avoir, et si, n'importe à quel prix on se la procure, dans Tétouffement de sa conscience et dans le silence de rindignatioB publique, on marche dans sa voie, mais si la loi intervient et si la honte crie, on est arrivé au terme du voyage, et ce lieu s'appelle le suicide 1^^ ^

Le suicide 1 ce vol fait à Dieu ; ce vol fait à la société, malgré son incomplète protection due à l'individu.

Le suicide! cette lâcheté dans la bataille si fugitive de la vie.

Le suicide! cette suprême ingratitude, cet, égoïsme san< glant quii-'comme tous les égoïsmes, porte sur le front le signe de GaÏQ et sa malédiction. (Note de l'aittmr.)

(2) 34« siècle.

(3) 28» siècle.

(4) 26« siècle. ••••

(5) 6e siècle.

mier empereur romain, Octave-Auguste (1), et d'Auguste jusqu'à nous^ tout entrerait dans un paral*rectangle d'une étroitesse étrange !

« Avoir et être. »

Dernier mot de tout ce qui a été, et pour avoir et être, du sang, du sang, toujours du

Les proscriptions romaines, les crimes des Tibère et des N.éron, ces trois mots les expliquent!... et pour la recherche de ce fantômte qu'on appelle le bonheur !. ..

ceci.

Et de tout ce sang, de toutes ces larmes, de toutes ces cendres^ on en a bâti cet édifice formidable qu'on appelle Thistoire.

(1) !•' siècle de notre ère.

cccn.

Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire, a dit Montesquieu.

Aussi heureux les hommes qui n'en n'ont pasi

Et toutes ces générations ont légué des regrets aux générations qui se sont succédées.

NihiHté des hommes et nlMiité d^s choses ! Quand nous possédons , et quhnd nous sommes, la mort se fait.

Notre vue baisse > la cécité commence, l'o-

reiUe durcit/ la ride s'enfonce, le pas est titubant, la terre sollicite la poussière, le corps se courbe, Tesprit s'affaiblit. Newton ne sait plus qu'il est Newton, Pascal devient fou.

L'homme est né pour souffrir. C'est la volonté de Dieu, certainement! S'il ne l'eût pas voulu, il nous aurait créé dans d'autres fins que la vie étemelle, au bout du petit voyage terrestre. Il nous eût autrement organisé, et placé dans un autre milieu! L'homme, en souffrant, sait qu'il souffre et sait qu'il doit souffrir; qu'il est né et qu'il doit mourir. Mais Dieu, dans sa justice éternelle, au milieu de toutes nos misères, a placé un bonheur qui est aussi le sijgpe distinctif de la grandeur humaine : c'est d'avoir conscience de sa propre moralité. Le bonheur dont parle Buffon, le bonheur d'être dont parle J.-J. Rousseau,

la réverbération de la moralité sur la conscience de l'homme.

a Je n'ai fait porter le deuil à aucun cice tojen, » disait Périclès en mourant (1).

(1) Nous sommes de ceux qui avons porté le deuil dans le cœur, d'Armand Garrel;ce nom qui révélait une pensée large, un noble cœur, une âme accessible au beau et au grand, a failli échapper mille fois et une è notre plume. Nous nous étions d'abord imposé le silence le plus absolu; mais après ce qu'a écrit le critique sage, éclairé et loyal, M. Paulin Limayrac, dans le feuilleton du 12 mars 1854, nous nous sommes cru affranchi de cette réserve.

Oui, monsieur Limayrac, M. Emile de Girardin , et il est bon de le'consigner ici, M. Emile de Girardin, qui avait donné la mort à Armand Carrel le 22 juillet 1836 , a dit ces nobles paroles que vous citez. J'étais avec beaucoup d'hommes du National, et je les ai entendues 1

« Je réponds à un noble appel qui m*a été adressé. Un tel « appel n'a pu que m'honorer, car ce n'était pas assurément « traiter mon cœur en cœur vulgaire ; c'était me dire qu'on ne « doutait ni de la sincérité, ni de la durée du deuil que, dans « d'autres circonstances , je n'avais pas hésité h rendre c public »

Ces nobles paroles, échappées au cœur de M. Emile de

cccvn.

a Tel passe dans nos carrefours^ couvert « des oripeaux des puissants, et qui a la con- <( science de son indignité.

« Tel passe, sons les haillons de la misère, « en ayant le sens intime de sa propre valeur, >> a dit M. de Lacordaire.

cccvin.

Et cependant^ pour arriver à ce bonheur imaginaire qui fuit à proportion égale de la force dépensée pour l'atteindre, pour condenser ce fantôme qui disparait quand nous ten-

Girardin, résument la dernière pensée de tous ceux qui ont eu le malheur qu'a eu M. Emile de Girardin. Nous Tavons dit dans le corps de cet ouvrage : c*est trop pour un homme que la mort d*un homme 1

dons la main pour le saisir; l'iiomme livre à l'homme cette bataille incessante de Tantagonisme... L'hostilité est sans trève^ l'atteinte de toutes les secondes, la poursuite acharpée I

Il y a un chiflfre arrêté de terre et un chiffre arrêté d'or et d'argent (l). Tous les efforts de chaque individu tendent à appeler à soi la plus grande partie possible de cette terre , et la plus grande partie de cet or. L'un a dix mille, vingt mille, cent mille acres de terre, l'autre n'a. rien. Celui qui possède veut garder, et celui qui n'a rien veut acquérir. Et la

(4) « La fortune a «on prix, l'imprudent en abuse, « L*hypocrite en médit, et Thonnête homme en use. »

Heureux ceux qui, comme conséquence d'un travail continu et honnête, ont acquis le pouvoir de faire bénir leur nom par tous ceux qui souffrent. Sous ce point de vue, la fortune est inappréciable, et nous connaissons des hommes qui font le plus saintemploi de leur fortune. Deux d'entre eux comprendront.

bataille pour avoir^ dévore toute l'activité humaine.

Une idée fixe, un cauchemar sans relâche dans le sommeil comme dans la veille, une soif inextinguible qui augmente au fur et à mesure qu'on Tassouvit, une agitation fébrile, névralgique ! — Les obstacles, on les brise ou on se brise, et on brise les autres. Banqueroutes, fausses monnaies, faux poids, faux aunages, et au bout de la déception, hélas !... le suicide^ quand le fantôme disparait et que la vérité surgit.

Les uns vivent à vingt degrés au-dessous de zéro ; les autres à vingt-cinq au-dessus. Celui qui arrive à dix-neuf degrés de froidure, envie la place de celui placé au dix-huitième, et celui qui est au vingt-quatrième degré de

hauteur, aspire à gagner le vingt-cinquième degré^ et la guerre continue.

Pour arriver, on chauffe le tube.

cccxn.

Faux poids sur le pain, sur la viande ; faux poids partout : Hebdomadairement, des centaines de condamnations devant les tribunaux!

cccxm.

Le vin, on Fétend, on le frelate ; on frelade, on adultère toutes les denrées ; on empoisonne les populations en tranquillité de conscience, toujours pour la recherche du prétendu bonheur.

COCXIV.

Le lait, le sel, le poivre, tout est sophistiqué. On vend faux teint^ et Ton se glorifie de la supercherie.

Réussir, c'est tout.

On a fait manger de la chair humaine.

On a fait manger les animaux les plus immondes.

cccxVn.

On a troublé le sommeil de la mort, on a fait commerce de cadavres y et comme si ce n'était pas assez de l'antagonisme pendant la vie, l'homme s'acharne encore contre l'homme jusque dans la nuit du sépulcre! £t c'est des pro-

fondeurs de toutes ces turpitudes, de l'infect produit de toutes ces abominations qu'on veut extraire le bonheur I

Si Tacite\ ou le duc de SirniHi, écrivait l'histoire des richesses, leur provenance, et ce qu^elles ont coûté, c'est la pauvreté qu'on chérirait.

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