‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 29 sur 122 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Quand tout ce q^i a été grand et sublime sur la terre par le génie et la vertu , s'est armé pour réclamer Tinviolabilité de la vie humaine, il ne faut pas laisser péricliter la protestation dans les cendres de Toubl) I Dieu, le premier, a apposé son seing au bas de sa page immortelle et a dit : « Tu ne tueras pas. 1» et de siècle en siècle, depuis Sabacon^ roi

d'Egypte, jusqu'aux chrétiens primitifs ^ }usqu!à saint Augustin, toujours le génie et la vertu ont protesté; toujours ils ont crié bien haut que le couteau de l'assassin ou la hache du bourreau rompait le pacte entre Dieu et l'homme. Périclès, comme Plutarque ; l'empereur Maurice, comme Anastase, comme Isaac Lange, comme l'impératrice Elisabeth de Russie, et comme Catherine. Cette légion humanitaire n'a pas cru que Dieu avait créé l'homme pour être meurtrier ou bourreau , que cet état de choses avait une cause , et que c'était cette cause qu'il fallait atteindre ! Et c'est dans cette conviction profonde que sont entrés en lice Beccaria, Bentham, Mill, Puffendorfs, Voltaire, Rousseau, l'abbé Morellet, Dutnont, Pastoret. Rœderer, Grégoire, Carnot, sir James Mackinson, Penn, Roscoé, Watel, de Gérando , Le Pelletier Saint-Fargeau , Rémusat , le duc de Broglie, le docteur Rush^ Royer-CoUard, Victor Hugo, Jules Simon ^ Eugène Sue, Charles Lucas, Duport et Lamennais.

Y a t-il place pour nous parmi toutes ces grandeurs intellectuelles et morales? Qu*importe?Ily aura place pour le devoir accompli, et cette place est la seule que nous ambitionnons.

< Règne sur la terre et place-toi parmi nous, ô )> Éternel! »

(Moïse.)

Montesquieu a dit, et que celui dont nous venons d'invoquer le nom le lui pardonne, s'il n'a cédé qu'aux exigences des temps où il vivait, s'il n'a cédé (( qu'à V ignorance j » lui, Montesquieu, ce génie si grand qu'il appartient à l'humanité comme Moïse et •Newton ; . Montesquieu a dit, chapitre IV, Esprit des lois:

« La peine de ces derniers crimes, c'est ce qu'on « appelle des supplices ; c'est une espèce de to/ton, ff qui fait que là société refusela sûreté à un citoyen « qui en a privé ou qui a voulu en priver un autre. a Cette peine est tirée de la nature de la chose, c< puisée dans la raison et dans les sources du bien « et du mal. Un citoyen mérite la mort lorsqu'il a a violé la sûreté RU point qu'il a ôté la vie ou qu'il a « entrepris de l'ôter. Cette peine de mort est comme « le remède de la société malade.

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