‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 31 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

« n serait honteux, dilfiossuei, je ne dis pas à un ce prince, mais en général à tout homme, d'îgtlcftët

a) Eli^kliéJMlWisabisthtmi.

« le genre humain. » Si Montesquieu, qui a tant f^ait pebseF les autres^ qui a tant fait de jurisconsultes ay^ son savoir^ comme Bichat a fait tant de niëdecms avec les détritus de sa scieèce médicale, si Montesquieu avait plus pensé ce que Bossuet appelle k genre humain^ Thistoire, il aurait vu foparh' qu'ont pu tirer les hommes de cette institution qu'il ap^ peflb : k temède de la société malade, Noui6 avons mission, de par la conscience, de demander à la Conscience humaine :

l"* Si le remède n'est pas pire que le mal ;

2^ Si ce n'est pas le remède qui est le mal;

3"* Si le mal est jamais un bien ;

4"" Et d'où vient la maladie de la société, dont l'écbafaud serait le prétendu remède I

Louis XIY demanda au Pape la permission de faire mourir Fouquet sans jugement. Le Pape refusa.

Un homme que l'humanité place au faîte de son orgueil, un homme dont la grandeur, le courage, la sublimité écrasent toutes les grandeurs, tous les courages, toutes les sublimités, un homme dont Xénophon a dit : « On convient qu'aucun homme « doM Ml ait conservé la mémoire^ n'a vmw* sou-

« tena les approches de la mort que Socrate, dans < l'attente du supplice'qni dura un mois. » Socrate, qui proclama l'immortalité de l'âme jusqu'au der« nier battement de son cœur que glaçait .la ciguë, Socrate a légué à l'humanité les droits inyincibles de sa nature immortelle^ par ces mots que la postérité a enregistrés : <k Anitus et Militus peuvent « me faire mourir, mais ils ne peuvent me (aire « de mal. »

Ce remède de la société malade Va assassiné, et ridée de Montesquieu, chrétien, est restée moins vraie, moins grande que l'idée d'un philosophe païen I

ce La première fois que les Athéniens condamc( nèrent un homme à mort, ce fut pour faire mou- « rir un scélérat, et ils finirent par faire boire la « ciguë à Socrate, par répandre le sang de Théce ramène.

(Plutàrque.)

C'est un étrange remède de la société malade que celui dont le moindre mal est de s'exposer à supplicier l'innocence I

1311. Philippe-le-Bel.

ce J'atteste Dieu, dit Molay, au milieu du bûcher

« qui le déyoraity que je suis innocent des crimes « que Ton m'impute I » II était innocent I

Les soixante autres condamnés à être brûlés à petit feu,, du milieu de ce remède de la société malade, du milieu des flammes^ appelèrent Philippele-Bel à comparaître dans Van et jour au tribunal de Dieu 1 1 1 et il y comparut.

Leur crime, c'étaient leurs richesses ; et comme le fauz-monnayeur avait brûlé les Templiers pour les dépouiller, il chassa aussi les juifs pour avoir leurs dépouilles.

1315. Charles de Valois, fils de Philippe lY, en mouratUj reconnut Tinnocence d'Ënguerrand de Marigny qu'il avait fait pendre au gibet de Montfaucon, et se repentit d'avoir commis une injustice!

1350. Jean II le Bon.

La conscience publique s'arma contre Jean II le Bon, le crime maudit son règne : la mort du comte d'Eu, sans procédure, ce que voulait Louis XIY pour FouquetI La tête du comte d'Eu resta prise à tous les événements de ce règne I... Ce fut justice de Dieu !

30 mai 1431. Une enfant, une jeune fille, un héros, brûlée à petit feu, après avoir sauvé la France!

sa patrie I Le bourreau, les juges, le peuple, ee m fut qu'un pleur! Jeanne d'ArcI «t Toti appelé a peine de mort le remède de la société malade I

1464. Le duc de Nemours fut interrogé dans m^ cage de fer. — II y fut torturé, il y souffrit unç épouvantable question. On plaça ses enfants (ow son écbafaud> de pauvres petits enfants du )3on DieuIII Ils en sortirent le sang de leur père dans la bouche, dans les yeu:^^ sur les mains ! On appelle cela le remède de la société malade I

Louis XI, ce vilain homme (selon l'expression de Chateaubriand), précepteur des salariés des septembrisades, fut plus scélérat que ses dtsci{de8. Av moins, s'ils forcèrent une noble fille à boire une verrée de sang humain tout chaud , ce fut pour lui accorder la vie de son père I Mais Louis XI a fait ruisseler le sang du père da^s l|i jk^ucbo d^ ses enfants. Il les a martyrisés, ces pauvres enfants^I... Quatre mille victimes tombèrent sous ses coups» autant que le couperet de Sanson en 93 envoya de têtes dans son panier !

« Sous Louis XI, pa3 un grand homme. Il aviUt c< la nation , il n'y eut nulle vertu : l'obémsaiic^ tint c( lieu de tout, et le peuple fut enfin tranquille , a comme les forçats le sont dans une giilère.

(Voltaire.)

1<)«S. Bé(^pftarlk>n^\4'iiguâledëthbi»,«MiMe^ « Au dix^^ptième siècle, à t^poque tâe barbatie ic du €ode criminel, sous Richelieu, sou8 Christophe «.Fouquet, quand M. de Châlais fut mis à mort * deyant le Rouffay de Nantes, par un soldat qat, « au lieu d'un coup d*épée, lui donna trerUe^uatre u coups dHuM dohin de tonnelier, Monsieur de « Chaiais cria jusqu'au vingtième !

(Victor Hugo.)

c< Le cardinal de Richelieu fut peut-être le plus « malheureux des trois (1), parce qu'il était le plus a haï, et qu'avec une mauvaise santé, il avait à <' soutenir de ses mains teintes de sang un fardeau « immense dont il fut souvent près d'être écrasé.

(Voltaire.)

CBAPIKRE la

Rerenonsià Montesquieu ^

Rienauioontraire n'est moins daw la nalvre que cette opinion sur la M du taliou, idéç du reste qni ne lui appartient pas, et qu'il a puisée dans la législation do Mcâie.

(1) Le roi Louis XIII et la reine-mère.

Le talion^ même en Francei où les lois ont toajours été fort dures (1), selon Lamoignon, le Talion n'a jamais existé. Un homme crève un œil à un autre homme, la loi n'ordonne pas le talion, et n'oblige pas Texécuteur des hautes-œuvres à enfoncer un coin dans Tœil du coupable ; ni à rendre dent pour dent, main pour main, pied pour pied.

Ces idées de pénalités atroces n'étaient certainement ni dans Tesprit ni dans le cœur de Montesquieu ; il n'y a qu'à l'étudier pour s'en convaincre ; mais il était magistrat, et sous un ordre de choses qui ne lui permettait pas de tout dire.

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