‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 37 sur 122 · NOS MOEURS · texte numérisé non relu

NOS MOEURS

Trois cents candidats se sont fMrésentés pour un office de bourreau, dit-on !

Et cependant :

Si le cri de sept cent millions de consciences I si la parole de Moïse, de Jésus, de Socrate^ d'Isaïe, de Samuel et d'Epictète ! Si la croyance de Fénelon, de saint Vincent-de-Paul, de Newton, de Copernic et deRépler ! Si les merveilles de la création, le miracle delà pensée humaine, témoignent çwe Dieu est, et il EST, quelle épouvantable tempête doit surgir dans les cœurs qui ont condamné un innocent !...

Cependant, ils ont erré dans toute l'innocence de leur cœur, ces juges de la terre!... ils ont condamné en croyant au crime, eux!... Ils ont la consolation de n'avoir fait le mal que pour obéir à la loi, et égarés par Terreur !... Mais quelle consolation reste-t-il à la société qui maintient « la possibilité de l'erreur?»

Les juges de Calas ont disparu de la vie par d'étranges sentiers! (1)

(1) Lorsque l'innocence de Calas fut reconnue, il y eut dans toute la France un mouvement d'horreur que Louis XV partagea. Il réprimanda le président avec sévérité. Celui-ci lui répondit : u II n'y a si *c bon cheval qui ne bronche I — Oui, répondit le roi, mais touie une « écurie I » Ils bronchèrent tous ces juges, et Calas fut roué.

Calas avait les jambes tellement enflées qu'il ne pouvait se mouvoir

Qne d'innocents égorgés!... se sont présentés devant Dieu mutilés et criant vengeance contre la terre!...

N'y eût-il, contre la peine de mort, que la possibilité de supplicier un innocent, il faudrait abolir cette peine.

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